conseil municipal

Un cas embarrassant

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saint-benoit

Un petit bourg possédait un Conseil municipal remarquable par sa prudence et qui avait pris pour règle de conduite : « Ne faites jamais un pas sans que l’autre soit bien assuré ». En toute occasion on appliquait ce sage principe. 

Or, le petit bâtiment qui servait de prison était si vieux et si délabré qu’il ne pouvait même plus être réparé. On décide la construction d’une nouvelle prison, et le Conseil fut assemblé pour régler la manière dont l’affaire serait conduite. Les discussions furent longues et ardues. Le maire prêchait l’économie, l’adjoint faisait valoir la nécessité d’avoir un endroit sûr pour enfermer les malfaiteurs. Un conseiller municipal voulait avoir une nouvelle prison le plus tôt possible, un autre voulait garder l’ancienne. Pour tout concilier et ne rien laisser en souffrance, on tomba d’accord sur l’arrêté ci-dessous : 

Art. Ier. Une nouvelle prison sera construite.
Art. II. La vieille prison restera telle qu’elle est jusqu’à ce que la nouvelle soit terminée.
Art. III. On construira la nouvelle prison avec les matériaux provenant de l’ancienne. 

« Le Petit Français illustré. » Paris, 1891.
Peinture : Adolphe Elisée Bourde.

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Nos poules et nos agents

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poules

Une vicomtesse au cœur sensible, qui signe « La Mimi des Ruchoux » dans le « Courrier du Centre », prend la défense des poules que la police limousine pourchasse impitoyablement.

Elle fait remarquer, avec juste raison, que les poules qui picorent ça et là pondent beaucoup mieux que celles qui vivent enfermées dans le poulailler.

La vicomtesse Mimi des Ruchoux voudra bien trouver ici nos hommages et notre vive approbation. Les agents, devenus si populaires grâce à leur présentation en public par Georges Avryl, Fernand Crabié et Roger de Tourny, méritent, cependant, quelques reproches, car ils sont aussi terribles pour les pauvres petites poules que bienveillants pour les poivrots. Ils n’ont pas l’air de se douter de l’importance d’un oeuf dans la société. D’ailleurs, ils ne s’occupent pas des ânes et les laissent rosser par leurs conducteurs.

En conséquence, nous  saisissons le Conseil municipal d’un vœu intense tendant à ce que les agents fassent un petit stage à l’Ecole ménagère où on leur fera subir des examens pendant les grandes chaleurs.

« La Revue limousine. »  Limoges, 1926.