Corriere della Sera

Un précurseur de Blériot ?

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Le journal italien Corriere della Sera de Milan a publié le texte d’une lettre curieuse qui retrouvée dans les archives de la ville de Bergame. Ce manuscrit, qui porte comme titre Lettre écrite de Londres à un ami de Venise sur la machine volante, donne des détails sur un essai qui date de l’an 1751.

Le document porte qu’un certain André Grimaldi, âgé de près de cinquante ans, natif de Civita Vecchia, après avoir fait de nombreux essais, avait réussi à voler depuis Calais jusqu’à Londres en faisant 7 lieues à l’heure.

« Son appareil a la forme d’un oiseau; les ailes s’étendent d’une extrémité à l’autre à 25 pieds; le corps est en pièces de liège, artistement réunies ensemble par des fils métalliques et recouvertes de parchemin et de la plume. Les ailes sont en boyau de chat et en baleine, et couvertes aussi de parchemin et de plumes; chaque aile est à trois plis.

« Dans le corps de l’oiseau, il y trente roues, avec deux globes de bronze et des petites chaines qui font monter alternativement un contrepoids, et, avec l’addition de six vases de bronze pleins d’une certaine quantité de vif-argent, un système de poulies permet de garder la machine en équilibre. Les mouvements sont régularisés au moyen d’une roue d’acier et d’un contrepoids très lourd. La marche de cette machine est favorisée par le vent, même quand il souffle en tempête. »

Après la description de ce monoplan, on ajoute qu’il ressemble beaucoup à un oiseau, avec des yeux de verre bien imités, que l’opérateur le dirige au moyen d’une queue artificielle attachée à ses genoux et à ses pieds ou par des lanières de cuir, et que le vol de la machine dure trois heures, après quoi les ailes se ferment graduellement.

Cette lettre à été publiée à!’ époque dans un livre paru à Amsterdam en 1751, et à Parme en 1781. La Biografia Universale Antica e Moderna publiée à Venise en 1816 raconte le fait, en ajoutant que Grimaldi était un jésuite. Un commentaire de Pigneron traduit et confirme ces assertions dans la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, publiée à Liège en 1854.

De tout cela, il semble bien résulter qu’il y a eu d’intéressants essais entrepris par Grimaldi, comme par bien d’autres. Quant au voyage de Calais à Londres, et à celui qu’il aurait aussi effectué de Londres à Windsor, avec retour dans l’espace de deux heures, il faut en croire sur parole les amis de l’inventeur… ou dire que leur témoignage isolé est absolument insuffisant.

« Le Magasin pittoresque. » p. 452, 453. Paris, 1909.
Illustration : César – Grand Homme oiseau 1981 © ADAGP Paris.