Cote d’Azur

Sur la Riviera

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Certains journaux ont raconté avec force détails la folle équipée advenue à deux péronnelles sur la Côte d’Azur, et leur imagination aidant, ils ont dépeint les bottines, les toilettes et le luxe effréné de ces demoiselles. La vérité est moins extraordinaire, en revanche, elle est infiniment plus drôle.

Les deux petites bonnes femmes étaient mises très simplement et dépensaient, sans avoir la manière, d’assez grosses sommes. C’est pour cette raison seule qu’elles furent inquiétées… Lorsque le commissaire les eut interrogées, l’une d’elles dit, en le prenant de haut :

—  Je ne sais de quoi vous vous mêlez, mon père est au ministère de l’Intérieur, voici son nom, vous n’avez qu’à téléphoner.

Le commissaire s’en fut, fort ennuyé, réfléchit vingt-quatre heures, et enfin téléphona. A ce moment seulement, il sut que le père de la jeune personne était bien au ministère de l’Intérieur, mais comme garçon de bureau ! Il sut en même temps qu’avec sa fille quelques économies avaient elles aussi  filé sur Nice.

Il faisait si froid à Paris.

« Le Strapontin. »  Paris, 1917.
Illustration : Mars.

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Econome

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J’ai été, cet hiver, sur la Côte d’Azur, comme tout le monde, le demi-monde et les deux mondes, comme tout ce qui compte et tout ce qui ne « compte » pas.

J’avais vu mon tailleur avant de partir, et il m’avait dit :

Vous avez là un veston de voyage de forme assez spéciale, audacieuse, et qu’on ne pourra guère porter l’été prochain. Vous feriez mieux de voyager tout de suite ! La patte de manche et les boutons, tout cela changera, dans trois mois ! … A votre place, je voyagerais !

J’ai senti combien il serait idiot d’avoir payé un vêtement de voyage aussi cher et aussi élégant, et de rester boulevard Haussmann, et je suis monté immédiatement dans le premier rapide pour la Côte d’Azur.

Je déteste les dépenses inutiles !