couple

Tandem

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tandem

Je sais bien que chacun prend son plaisir où il le trouve, mais enfin il est bien permis de s’étonner des façons dont certaines gens entendent le plaisir.

Voici par exemple un couple de jeunes mariés d’outre-Rhin (appelons-les Gretchen et Rodolphe) qui, venant de convoler en de justes noces, éprouvent le désir de s’isoler un peu. Trop juste ! Or, savez-vous le procédé qu’ils emploient pour le faire ?  Le classique voyage en Italie ou en Suisse, dans un sleeping-car loué d’avance et bien aménagé ?  Jamais de la vie ! Ils s’en vont, cyclistes intrépides, en tandem, de Bielefeld à Wilhemshaven, c’est-à-dire à une distance de sept cents kilomètres.

Le voyage a duré cinq jours, pendant lesquels ils sont restés soixante douze heures en route et ont pris le temps de visiter les villes qu’ils ont traversées. Ils ont également pris du repos, de nouveaux mariés ne pouvant guère rester jour et nuit en tandem. Ils sont partis pour Brême et comptent rentrer à Bielefeld sur leur machine, mais toujours avec de petits arrêts.

Pour un voyage de noces, madame Rodolphe, c’est ça qu’on peut appeler un beau voyage !

« Journal du dimanche. » Paris, 1893.

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Extrême

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couple

William H. Chapin, de Upper Darry (Pasadena), est un homme paisible. Il a horreur des scènes de ménage. Sa femme, Jenny, se plaît, au contraire, à des discussions qui n’ont ni queue ni tête, ni commencement ni fin. Loi des contrastes. Il y a cinq ans que cela dure et la patience de W. H. C. n’est pas infinie.

Le 25 septembre, William s’approche du premier policeman qu’il rencontre et lui confie, discrètement, qu’il vient de battre sa femme, sollicitant d’être arrêté. Le policeman, éberlué, ouvre de grands yeux sur ce bourgeois paisible, la main sur son poignet et la hanche pour dire : « Suivez-moi ! » Devant le juge de paix Mac Leary, William H. Chapin s’explique :

— Je vous supplie de m’arrêter, de me mettre en prison. Je ne peux plus entendre la voix de ma femme.
— Il vous suffit de divorcer, conseille paternellement le juge Mac Leary.
— Je ne peux pas ! Je l’aime trop.
— Alors, répond le « peace », arrangez-vous tous les deux. Je n’y peux rien. Mais pour emprisonner, rien à faire.

William H. Chapin revient chez lui, désespéré. Et, vingt-quatre heures plus tard, il entre à la prison communale, avec le sourire, tandis que Jenny, sa femme, entre à l’hôpital. Il lui avait coupé la langue… à coups de ciseaux !

« Marianne. » Paris, 1938.

La paix chez soi

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menage-querelle.L’article 213 du code civil ayant été modifié, aucun texte de loi n’énoncera plus dorénavant que « la femme doit obéissance à son mari ». Ce devoir était d’ailleurs une chose bien périmée, et il y a belle lurette que l’obéissance de Madame n’est en réalité qu’une bonne plaisanterie ou, si vous préférez, une mauvaise blague.

Nous sommes loin des temps féodaux, où la femme était une sorte d’esclave, et où la coutume disait fort doctoralement :

« Tout mari peut battre sa femme quand elle ne veut pas obéir à son commandement… pourvu que ce soit modérément et sans que mort s’ensuive. »

En Angleterre, les anciennes lois de Galles déclaraient pareillement :

« Tout mari pourra donner à sa femme trois coups avec un bâton, sur toute autre partie du corps que la tête, s’il la surprend avec un autre homme, si elle dissipe ses biens, si elle le tire par la barbe ou si elle lui donne des noms injurieux. Mais s’il la bat plus sévèrement ou pour des motifs plus légers, il payera une amende.« 

« Ric et Rac : grand hebdomadaire pour tous. »  Paris/Clermont-Ferrand. 1938.

Un cas de divorce

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restaurant

Le fait, pour un mari, de constater que par trois fois, au cours d’un repas, sa femme se sert du verre de son voisin de table, constitue-t-il un cas de divorce ?

Oui ! vient de déclarer le tribunal civil, le geste de par sa répétition même, ne pouvant être considéré comme le fruit d’une distraction, est bien une attitude injurieuse à l’égard du mari.

Il ne faut donc boire dans le verre de son voisin que si le mari n’est pas là.

« La Revue limousine. »  Limoges, 1926.

La femme artificieuse

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James Bamforth, 1907.
James Bamforth, 1907.

Un homme suivait un jour un chemin. Une femme en suivait un autre opposé. Les deux chemins finirent par se croiser ; l’homme et la femme se rencontrèrent.

L’homme portait sur son dos une grande bassine de fer ; de la main droite il tenait par les pattes un poulet vivant ; sa main gauche s’appuyait sur son bâton, ce qui ne l’empêchait pas de conduire un bouc.

Après quelque temps de marche, au moment où les voyageurs étaient obligés de traverser un ravin profond, la femme dit à l’homme :

Je crains vraiment de m’aventurer avec vous dans ce ravin solitaire. S’il vous prenait fantaisie tout à coup de vouloir m’embrasser par force ?

L’homme sourit.

Comment me serait-il possible de vous embrasser de force ? dit-il, lorsque j’ai une encombrante bassine sur le dos, un poulet vivant de la main droite, un bouc que j’ai déjà assez de peine à conduire avec mon bâton. J’aurais les pieds et les mains liés que je ne serais pas plus empêché.

Oui, reprit la femme, mais en enfonçant votre bâton en terre, vous y attacheriez le bouc ; et si vous retourniez la bassine sur le chemin en enfermant le poulet dessous, il vous serait facile de m’embrasser témérairement malgré ma résistance.

— O femme artificieuse ! pensa l’homme. Il ne me serait jamais venu à l’idée de recourir à un semblable expédient.

Lorsque les voyageurs furent arrivés au fond du ravin, l’homme enfonça son bâton dans le sol et y attacha le bouc. Puis, ayant donné le poulet à la femme, il lui dit :

Tenez-le pendant que je vais couper un peu d’herbe pour le bouc.

Cela fait, s’étant débarrassé de sa bassine qui servit à emprisonner le poulet, l’homme eut tout le loisir d’embrasser malicieusement la femme.

« Gazette anecdotique, littéraire, artistique et bibliographique. »  publiée par Georges d’Heylli, Paris, 1903.

L’âme soeur

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mari-femme

L’autre jour, un journal suisse, la Revue de Genève, insérait dans ses colonnes la recette suivante pour trouver un mari :

« Plus de sens commun et moins d’esprit; plus d’occupations utiles et moins de musique; scruter mieux les mystères du ménage et moins les Mystères de Paris; raccommoder ses chemises et ses bas et ne pas se faire des bracelets; lire la Cuisinière bourgeoise et abandonner les journaux ennuyeux; prouver enfin aux hommes qu’ils trouveront un aide dans leur épouse et non un embarras. Quand les femmes seront bien convaincues de la bonté de cette recette, le nombre des célibataires diminuera. »

Le lendemain, un anonyme, une femme sans doute, adressait au même journal la recette suivante pour avoir une femme toujours convenable :

« Plus d’estime des femmes, moins d’égoïsme et l’idée de soi-même; plus de souci de l’intérieur, moins de goût au café et aux plaisirs en général; s’inquiéter plus du bien-être du ménage que d’embrouiller les affaires du pays, avoir plus d’aptitude au travail, et ne pas perdre son temps à des folies; lire les devoirs d’un bon mari, au lieu de ces grands journaux qui ne disent que des mensonges; prouver enfin aux femmes qu’elles trouveront un soutien dans leur époux et non un tyran et un despote. Quand les hommes se seront bien convaincus de la bonté de cette recette, le nombre des vieilles filles diminuera infiniment. »

Si on emploie les deux recettes, la terre ne sera plus qu’une fourmilière de jolis ménages, par la raison très simple que si les bonnes femmes font les bons maris, les bons maris font encore mieux les bonnes femmes. »

« Le Journal monstre. »  Léo Lespès, Paris, 1857.

Effeuillons la marguerite

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couple

coupleRobert Carrizey. 1933.