criminel

Jack l’embrasseur

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oeil-espion.Si les Anglais ont leur Jack l’éventreur, les Américains avaient depuis quelques temps leur Jack l’embrasseur.

Tout bien pesé, celui-ci est moins macabre que celui-là, mais n’empêche qu’il était la terreur des jeunes femmes et des jeunes filles d’Astoria, de Long Island City et des environs, et que, comme son homonyme l’éventreur, il avait su jusqu’à présent déjouer toutes les recherches, pourtant très actives, dont il était l’objet de la part de la police. 

Or, Jack l’embrasseur, nous dit le Courrier des Etats-Unis, vient d’être appréhendé.

L’embrasseur a été pris en flagrant délit, de sorte qu’il ne lui a pas été possible de nier son identité. Miss Bell Ryan, une jeune et jolie fille de dix-neuf ans, institutrice dans une des écoles publiques de Long Island City, traversait un terrain vague de Nott avenue, vers huit heures et demie du matin, pour se rendre plus vite à l’école, lorsque Jack, qui l’attendait probablement au passage, lui a sauté au cou et l’a embrassée à bouche que veux-tu, avant même qu’elle ait pu pousser un cri ou se rendre compte de ce qui lui arrivait. 

Mais le capitaine de police Kavanagh, dont la maison est située tout près des terrains vagues et dont la fille avait été elle-même récemment victime d’une mésaventure du même genre, ayant aperçu de chez lui Jack embrassant miss Ryan, s’est élancé à sa poursuite et n’a pas tardé à l’arrêter. 

Traduit peu après devant un juge de police, le prisonnier a déclaré se nommer Rudolph Wolf, et être âgé de dix-neuf ans. Il a prétendu ne pas savoir à quel propos il avait embrassé miss Ryan, disant qu’il avait obéi à « une impulsion spontanée, inexplicable et irrésistible » … mais il n’en a pas moins été condamné à six mois de prison, sans plus de formalités. 

Ce Jack l’embrasseur était assez bien mis et se disait peintre en bâtiments de son métier; mais « il avait plutôt l’air, ajoute la feuille américaine, d’un de ces jeunes gens dont la  santé et la raison sont compromises par l’abus effréné des cigarettes« . 

Recommandé à la société contre l’abus du tabac.

« L’Impartial. » Bône, 1891.

Aux concerts populaires

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berlioz

Jules Pasdeloup faisait exécuter les oeuvres de Berlioz avec un soin tout particulier, et ces compositions, accueillies froidement ailleurs, étaient là l’objet d’ovations enthousiastes.

Pendant quelques mois, une contrefaçon des Concerts populaires s’était établie dans le théâtre du Prince-Impérial. On y jouait aussi quelques pages de Berlioz, mais sans trop de succès.

Hector Berlioz revenait tristement, un dimanche, de l’un de ces concerts. Sur le boulevard, il rencontre un ami :

Eh bien, lui dit celui-ci, vous venez du concert de là-bas ?…
Oui, de là-bas, du côté de la Roquette…
Et comment avez-vous été exécuté ?
Comme un criminel ! répond Berlioz.

« Dictionnaire encyclopédique. » Victor Fournel. Paris, 1872.

Danger de la miséricorde

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louisXVLouis XV signait une condamnation à mort… Après avoir déployé son auguste paraphe :

Choiseul, dit-il au célèbre ministre qui lui tenait l’écritoire, cet homme a tué vingt personnes. Je lui avais pourtant fait grâce la première fois.

Sire, répondit Choiseul, c’est donc que ce misérable n’a tué qu’un seul homme. Votre Majesté a tué les dix neuf-autres.

Le mariage ou la corde au cou

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pendu

Il existait autrefois dans le canton de Vaud un usage favorable aux criminels, et que l’on trouve rappelé dans le coutumier manuscrit de ce pays. Il est conçu dans les termes suivants:

« Si quelques hommes ou femmes à marier viennent à commettre crimes, pour lesquels ils soient jugés à mort, icelle adjudication nonobstant, s’il vient une fille ou un fils, selon le sexe de conjonction, qui n’aurait été marié, requérir à la justice le condamné pour l’avoir en mariage, il lui sera délivré sans prendre mort, et abandonné en liberté et franchise, etc., etc. »

La personne qui délivrait ainsi le criminel en l’épousant était aussi tenue de payer les frais du procès.

Pendant le dix-septième siècle, un jeune homme, coupable de vol, fut condamné à être pendu a Romont. une fille voulant lui sauver la vie, se rend au lieu de l’exécution, réclame la coutume du pays en faveur du patient, en s’offrant à l’épouser. Ce malheureux était déjà sous le gibet. Il regarde celle qui lui apportait avec tant de générosité une espérance de salut, et l’ayant fixée un instant, il frappe sur l’épaule du bourreau:

Compère mon ami, lui dit-il, allons notre petit train; elle est borgne.

Puis montant lestement l’échelle, il subit sa sentence.