curé

Anticipation

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curéUn curé du diocèse de Troyes, grand amateur d’enterrements, avait l’habitude, après avoir administré un malade, de rédiger, conjointement avec le maître d’école, son acte mortuaire. Un particulier ayant eu l’occasion de compulser le registre de la paroisse, fut fort surpris de s’y trouver au rang des morts. il va trouver le curé, et lui dit:

J’ai été malade, vous m’avez administré, cela est vrai; mais êtes-vous bien sûr de m’avoir enterré ?

Non, répondit le curé; mais c’est égal, il faudra bien que vous y veniez tôt ou tard.

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Les cloches

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curé — Alors, c’est en montant dans le clocher que c’est arrivé !

— Ben, oui, monsieur le curé; il me disait comme ça, qu’il voulait me montrer les cloches.

« Almanach de La Calotte. »  Paris, 1909.

La précaution du curé

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messeUn curé de Basse-Bretagne qui, dans le siècle dernier, s’était rendu célèbre par d’étranges naïvetés, monta en chaire le dimanche des Rameaux, et dit à ses paroissiens :

« Je vous annonce, mes frères, que, pour éviter l’encombrement et la confusion, je confesserai :
Lundi, les menteurs;
Mardi, les avares;
Mercredi, les médisants;
Jeudi, les voleurs;
Vendredi, les libertins;
Samedi, les femmes de mauvaise vie. »

On pense bien qu’il n’eut personne; mais il fut le seul qui ne put comprendre pourquoi.

« Almanach facétieux. »  Hilaire Le Gai, Passard, Paris, 1851.

Charité ingénieuse

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curéUn vieux prêtre fort pauvre venait de recevoir la visite d’un mendiant qui marchait pieds nus. Emu de tant de misère, il lui donna aussitôt une bonne paire de souliers neufs qu’il venait d’acheter.

Comment, monsieur l’abbé, vos souliers neufs pour ce vagabond ! lui dit sa servante. Vos vieux souliers auraient bien suffi.

Taisez-vous, Marguerite, dit le prêtre. Avec de vieux souliers, il serait revenu demain; avec des souliers neufs, je ne le reverrai pas de trois mois.

Le tricorne de monsieur Jeannotot

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curé

Un curé jovial avait fait le pari de désigner par son nom, en chaire, le plus grand cocu de la paroisse, et il tint parole.

Le dimanche, jour de la Trinité, il monta et dit :

Mes chers paroissiens, nous célébrons aujourd’hui le divin mystère incompréhensible à des esprits aussi étroits que les vôtres; mais aux petits génies les petits exemples; tenez : regardez le chapeau de monsieur Jeannotot ! Une corne, deux cornes, trois cornes; eh bien ! tout cela, mes frères; ne fait qu’un chapeau fait pour la tête de celui qui le porte; de même, le père, le fils et le Saint-Esprit ne font qu’un seul et même Dieu.

Pourquoi la dîme était payée par les paysans

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C’était en 1778. Un paysan, à force de lire Voltaire, oublia de payer la dîme à monsieur le curé. Mais les temps de Pâques étant venus, force lui fut d’aller à confesse. Le curé, qui attendait cette occasion pour attraper la dîme, dit au paysan, lorsqu’il eut fini:

Avez-vous, mon frère, d’autres péchés ?

Je ne m’en souviens pas, mon père, répondit le paysan.

Pensez-y bien, mon fils, car vous commettriez un grand sacrilège.

Ma conscience ne me reproche plus rien

Payez-vous bien et loyalement les dîmes et les prémices comme notre sainte mère l’Eglise l’ordonne ?

Et quelle est donc, mon père, cette mère Eglise qui ordonne cela ?

Comment, mon fils c’est le saint concile de Trente, composé d’un légat du pape, 200 archevêques, de 300 évêques, de 400 théologiens.

Et dites-moi, mon père , y avait-il beaucoup de paysans au saint concile de Trente ?

Oh, l’imbécile ! répliqua le curé, que pouvaient faire les paysans au concile il n’y en avait pas un.

Voilà pourquoi, mon père, reprit le paysan; vous nous avez condamnés à vous payer les dîmes et les prémices. Si ce concile eût été composé de laboureurs, à coup sùr nous aurions ordonné que les dîmes fussent payées par les évêques et par les curés.

 » Les casse-cou, aventures et mésaventures. »  B. Renault, Paris, 1846.

Crédit photo © Jean Pimentel.

Les belles de la paroisse

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pretreM. le curé de Boiny, voulant éviter toute tentation de l’esprit malin, a fait défendre à ses paroissiennes de se présenter à l’église sans être voilées.

Les beautés surannées se sont, comme on le pense bien, soumises à cet ordre; mais voici venir les jeunes paroissiennes qui soutiennent que le bon Dieu ne leur a pas donné un joli visage pour le cacher, et les voilà en pleine insurrection.

L’une de ces audacieuses récalcitrantes est allée dimanche dernier, montrer à l’église son nez. Mais M. le curé a voulu que force restât à ses ordonnances, et a, en conséquence, requis la force armée, composée du bedeau, remplissant les fonctions du Suisse absent, et de deux enfants de chœur, lesquels ont bravement repoussé l’assaillante, qui a été mise hors de l’église.

Lu dans le Mémorial Artésien.

« Archives curieuses, ou Singularités… »  Guyot de Fère, Paris, 1831.