danse

Le charleston est-il d’origine australienne ?

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C’est la question que posait le New York Times qui, dans une de ses parutions, citait une lettre écrite par Charles Dickens en1847, et mise aux enchères chez l’éditeur Sotheby’s, de Londres.

Dans cette lettre, le romancier parle d’un voyage qu’il projette de faire en Australie « pour voir si vraiment les habitants dansent en se passant les index derrière les oreilles. » 

Ce qui n’empêche pas les compatriotes de Dickens de déclarer que le charleston est une danse sauvage et barbare. 

Illustration : « La vie est belle. » Frank Capra, 1947.

Orchésographie musicale

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danse-1Dans son Orchésographie Musicale, ouvrage publié en 1589, Thoinet Arbeau, dit Taboureau, donne aux danseurs de son temps de bien jolis conseils qui peuvent encore servir à ceux du nôtre : 

« Quand vous danserez en compagnie, dit-il, ne baissez point la tête pour contrôler vos pas et voir si vous dansez bien : ayez la tête et le corps droits, la vue assurée. Crachez et mouchez peu, et si la nécessité vous y contraint, tournez le visage d’autre part, et usez d’un mouchoir blanc… Devisez gracieusement et d’une parole douce et honnête. Que vos mains soient pendantes, non comme mortes, ni, aussi, pleines de gesticulations, et soyez habillé proprement avec la chausse bien tirée et l’escarpin propre. » 

charleston

On évalue que la danse, sport pédestre, vous fait parcourir en-moyenne un kilomètre en treize minutes. Pour un tango, dont les mouvements sont lents, la distance se réduit à 600 mètres, mais pour un pétulant fox-trot, elle s’élève à deux kilomètres. De sorte qu’une danseuse intrépide qui s’agite sans en rater une, de dix heures du soir à six heures du matin, effectue dans sa nuit de bal 56 000 pas : ce qui représenterait sur route un parcours de près de quarante kilomètres… avec le sourire et des talons pointus ! 

Etonnez-vous qu’après cela ces demoiselles soient fatiguées le lendemain !

« Ric et Rac. » Paris/Clermont-Ferrand, 1931. 

La valse

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walzeLa valse n’a pas pris naissance en Allemagne, car, d’après un manuscrit du douzième siècle, elle fut dansée pour la première fois à Paris le 8 novembre 1478.

Elle était déjà connue en Provence sous le nom de Volta. Le chant qui l’accompagnait était désigné par le titre de Pallada. Elle vint de Provence à Paris, fut à la mode pendant tout le seizième siècle et fit les délices de la cour des Valois. Les Allemands l’adoptèrent ensuite, et la Volta provençale devint la Walzer germanique.

L’un des poètes de la Pléiade, dans un volume qui a pour titre : la Volta, raconte ainsi l’origine de la valse : Les êtres primitifs étaient nés androgynes. Jupiter, épouvanté de leurs formes monstrueuses, sépara les sexes. Ainsi dédoublés, l’homme et la femme dépérirent. Vénus prit pitié d’eux, et leur enseigna la Volta, qui réunit de nouveau les deux êtres. Après cette poétique explication, l’auteur s’efforce d’imiter dans son rythme le tournoiement des valseurs :

Lors de bouquets enfleura ses cheveux
Et ordonna la vote de Provence,
Qui est encore le lien malheureux,
De l’androgyne une douce semblance.
Mars flanc à flanc premier elle embrassa;
Luy, tout ravy d’amour qu’elle lui porta,
Sans se lasser, tout un soir la dansa,
Tournant, voltant d’une divine sorte.

Un vieil auteur du seizième siècle a parlé, lui aussi, de l’introduction de la valse à la cour de France, le 9 novembre 1178, et blâme sévèrement Louis VII d’avoir favorisé cette danse.

« Almanach de France et du Musée des familles. »  Paris, 1884.

 

Ghetto kids

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Le Moulin-Rouge en justice

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Nous venons d’avoir, à la 9e chambre, un petit procès fort drôle, à propos d’un chien qu’on avait saisi, en même temps que le mobilier de la célèbre Rayon d’Or, une des héroïnes chorégraphiques du Moulin-Rouge, lequel chien appartenait, paraît-il, à sa bonne.

Et à propos de ce procès très simple, nous avons vu défiler, devant le tribunal, tout le personnel des étoiles de ce lieu célèbre où triomphe la danse fin de siècle. Nous avons appris, en même temps, le vrai nom de ces dames qui portent, sur la scène de leurs ébats, des surnoms d’emprunt tellement inattendus !

Et d’abord La Goulue, de son vrai nom Louise Wébert ; puis Grille d’Égout, qui s’appelle sur son état civil légal Mlle Beuze ; quant à Rayon d’Or, elle se nomme tout simplement Chrétiennot. Mais sa femme de chambre, celle qui réclame son chien, se nomme Élisa Haussepied. Et cependant elle ne danse pas, malgré ce nom prédestiné. Mais elle est jolie fille, jeune encore, et l’aurore de sa gloire chorégraphique peut un jour se lever.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. » Librairie Marchal et Billard, 1891, Paris.

La Plaine des filles

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Le jour de la Saint-Jean, quatre jeunes filles de Bonges et de Chez-Bouchet revenaient d’entendre la messe à Lamazière-Haute. Arrivées à une petite plaine qui traverse le chemin d’Eygurande à Châteauvert, elles eurent l’idée de danser une ronde.

A peine avaient-elles commencé qu’un jeune homme inconnu leur demanda de prendre part à la danse. Sur leur refus, il s’éloigna en leur jetant un sort. Dès ce moment, la ronde prit une allure vertigineuse, et malgré leurs parents qui étaient venus les chercher, elles continuèrent à danser jusqu’au lever du soleil. A ce moment le charme de l’Esprit malin fut rompu, et, brisées de fatigue elles purent enfin regagner leurs maisons.

Depuis cette époque, la plaine porte le nom de Plaine des Filles, et lorsqu’une jeune personne de Bonges ou de Chez-Bouchet se marie, la noce, quel que soit le temps, s’arrête pour danser une ronde, une bourrée ou une montagnarde.

Dr. F. Longy. « Notre province : revue mensuelle. » Limoges, 1944.
Illustration : Ronde de catherinettes autour d’un agent de police, à Paris. Agence Rol.

Une valse avec le diable

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Au printemps 1875, un bruit qui courut à Danzig sur un événement merveilleux qui devait avoir eu lieu dans une salle, de danse, « au Vignoble », située dans le faubourg de Schidlitz, mit en mouvement toute la domesticité féminine de la ville. Au bout de quelques jours, l’affaire était devenue le sujet de toutes les conversations dans les auberges et dans les magasins fréquentés par les gens de petite condition.

On disait que l’un des derniers dimanches, une servante était allée à confesse et à communion. Malgré les remontrances de sa mère, honnête blanchisseuse, qui lui représenta qu’elle ne devait pas profaner ce jour par des réjouissances mondaines, elle n’avait pu résister à la tentation et était allée le même soir danser au « Vignoble ». La punition de son impiété ne se fit pas attendre. Vers minuit, elle vit venir à elle un étranger élégamment vêtu, avec des cheveux noirs et des yeux de feu, noirs comme du charbon, qui l’engagea à une valse. Elle se laissa aller au plaisir de s’appuyer sur son bras; il dansait avec une grâce parfaite, mais de plus en plus vite.

Bientôt les autres danseurs s’arrêtèrent pour regarder ce couple qui continuait toujours à tourner. L’orchestre était placé sur une tribune parée des attributs de tous les métiers. L’un des musiciens fixa avec plus d’attention le couple dansant, et qu’éprouva-t-il quand il remarqua que l’étranger avait le pied fourchu de Satan ! Il y rendit attentifs ses camarades, et, au beau milieu de la valse qu’ils jouaient, ils changèrent d’air et entonnèrent un cantique religieux.

L’heure de minuit sonnait. Alors le diable attira à lui plus fortement sa danseuse, et, dans un furieux tourbillon, il passa avec elle à l’autre bout de la salle, et traversa la fenêtre dont les carreaux brisés la couvraient encore quand on la trouva dans le jardin tout endolorie, couchée sur l’herbe verte. Le diable avait disparu.

La vérité de ce récit fut si généralement admise dans le monde des ouvriers et petits artisans, que le théâtre de cette action prétendue, qui jusque-là avait reçu de nombreux visiteurs, fut quelque temps abandonné. Il n’y eut plus moyen de décider une jeune fille à y aller danser.

« Mélusine. » Paris, 1878.