de cujus

Le « de cujus »

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corbillard

Un de mes amis vient d’hériter d’une façon assez bizarre : un inconnu lui a légué cinq mille francs. Ce n’est pas le Pérou, ce n’est même pas la Banque de France, mais ça lui est venu d’un si drôle d’accident qu’il peut s’estimer particulièrement « verni ».

Un jour qu’il pleuvait à seaux et qu’il avait affaire rue de la Roquette, ne trouvant pas de voiture et loin de tout taxi, il avisa un convoi funèbre en queue de quoi venait un omnibus funéraire. Il y monte, s’assied aux côtés de quatre autres personnes qui se mettent à lui parler du défunt.

D’une rue par l’autre, le voilà au Père-Lachaise. Là, arrêt. Le commissaire des morts vient demander le nom des personnes véhiculées. Il donne son nom, son adresse.

Trois mois après, un notaire lui écrivait de passer le voir. Il y va.

Et l’officier ministériel lui remet cinq mille francs : le de cujus laissait, par testament, pareille somme à toute personne ayant suivi son convoi jusqu’au cimetière.

Jean Bastia. « Le Quotidien de Montmartre. »  Paris, 1930.

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