défunts

L’écouteuse de trépassés

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Dans cette région qui s’étend de La Roche-Bernard à Vannes, les paysans de la lande et les pêcheurs de la grève gardent aux défunts un souvenir d’autant plus inaltérable que nul d’entre eux ne croit à la mort définitive. 

Il est admis que les trépassés reviennent, qu’ils se promènent dans les maisons et surveillent tous les actes de leurs descendants. Ce culte influe sur les décisions des vivants qui n’osent rien entreprendre sans avoir sollicité l’approbation des ancêtres. Aussi, existe-t-il, dans les hameaux qui entourent Ploërmel, de pieuses pauvresses dont l’exode, de chaumière en ferme, n’est qu’une perpétuelle patenôtre et qui ont conquis un pouvoir redoutable : celui d’écouter et de comprendre les trépassés dans tous les actes importants de la vie.  

Elles sont consultées par les paysans et les pêcheurs et elles servent d’intermédiaires entre les vivants et les morts dont elles font connaître les décisions.

L’une d’entre elles, Corentine Le Clech, écouteuse de trépassés depuis plus de trente ans, qui venait de  doubler le cap de la quatre-vingt-septième année, a été trouvée rigide dans le cimetière d’un village voisin de Ploërmel : elle était morte dans son champ d’expériences,  emportant dans l’au-delà le respect que les habitants de cette région attachent à la fonction de confidente des morts. 

« L’Écho du merveilleux. » Paris, 1913.
Peinture : Georges Belnet.

Convictions

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Depuis quelques années, sir Conan Doyle avait abandonné la littérature d’imagination qui fit sa fortune, pour se consacrer exclusivement à la métaphysique et au spiritisme.

Il affirmait avoir évoqué et matérialisé plusieurs fois le fantôme  de Jeanne d’Arc. On a publié de lui une étrange photographie médiumnique prise au Crewe Spiritual Circle et qui parut dans le Daily Mirror. On l’avait photographié seul, et la plaque, une fois développée, montra à côté de lui l’image de son fils, mort au champ d’honneur pendant la guerre. 

Les morts vivent, je le sais ! déclarait-il en 1925, avec une calme assurance… J’ai vu aussi clairement que dans la vie les fantômes de mon fils et de ma mère. Aussi ai- je décidé, d’accord avec ma femme, d’employer désormais toute mon activité intellectuelle à combattre le matérialisme et à jeter une radieuse clarté sur le mystère de la vie et de la mort.

« Ric et Rac. »  1930.

Pourquoi je cherche à communiquer avec ceux de l’au-delà

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Thomas Edison
Thomas Edison

Si nous ne connaissons pas la millionième partie des choses de ce monde, si nous ignorons ce qu’est au juste l’eau, la lumière, la gravitation, l’électricité, la chaleur… si nous ne savons rien au sujet du magnétisme, comment pourrions-nous savoir au juste ce qui se passe dans l’au- delà ? On a beaucoup écrit sur le spiritisme; on en a encore plus parlé, mais les méthodes et les appareils employés ne sont, dans ce domaine, nullement scientifiques. Recevoir des communications d’un autre monde (j’admets la bonne foi des médiums) ou avoir le moyen de connaître la méthode précise par laquelle nous pourrons obtenir ces communications sont deux choses fort différentes. Et c’est à cette dernière que je voudrais arriver.

J’ai cherché, pour cela, à construire un appareil scientifique permettant aux morts, si la chose est possible, d’entrer en relations avec nous. Si ce que nous appelons personnalité subsiste après la mort, si les êtres qui ont dépouillé la forme humaine ne peuvent agir et se mouvoir, ils communiqueront, du moins avec ceux qu’ils ont laissés ici-bas, grâce à mon appareil qui leur donnera cette possibilité d’agir. Or, je suis convaincu que notre personnalité subsiste dans l’au-delà car, si elle disparaissait, pourquoi la nécessité d’un au- delà ? Si donc, elle survit, il est logique d’affirmer qu’elle a gardé la mémoire, l’intellectualité ainsi que les autres facultés que nous avons acquises sur cette terre.

A mon avis, nos corps sont composés de myriades et de myriades de petits êtres infinitésimaux. Unités de vie ou atomes, forces indivisibles disséminées dans l’espace et jouissant du don de mobilité, chacune d’elles ayant sa vie propre, ces myriades agissent par essaims. D’autre part, nous voyons, nous touchons des corps qui sont divisibles à l’infini et possèdent aussi la mobilité et le mouvement, donc, tout corps est un assemblage d’atomes groupés d’une certaine manière. Dans tout corps, il y a un atome central exerçant sur les autres atomes une certaine action en vertu de laquelle ils se groupent d’une certaine manière. Ces groupes atomiques sont des forces et non des points géométriques inertes.

Le temps et l’espace sont les composants du mouvement; il n’y a pas de mouvement si ce n’est dans l’espace; or, l’espace étant un rapport entre les atomes, c’est évidemment les atomes eux-mêmes qui se meuvent. Quand nous mourons, ces essaims d’unités, comme un essaim d’abeilles, quittent notre forme humaine et se rendent ailleurs où ils fonctionnent sous d’autres formes.

Et ce sont précisément ces essaims qui communiqueront avec nous. Ces unités de vie sont si petites qu’il est impossible de les percevoir, même à l’aide du plus puissant microscope, mais elles pourraient traverser une muraille de pierre. Si petites qu’elles soient, elles contiennent un nombre suffisant de particules pour former des individualités.

Parmi ces unités, il y en a de plus puissantes les unes que les autres… il y a le troupeau et les conducteurs de troupeaux, absolument comme comme chez les êtres humains. Cette théorie (qui est la mienne d’ailleurs) est confirmée par le fait que certains hommes et certaines femmes ont des facultés, des puissances que d’autres n’ont pas. C’est vrai, non seulement au point de vue intellectuel, mais aussi au point de vue moral. Un individu peut être composé, en effet, d’un large pourcentage des plus hautes unités de vie et la lutte entre les basses unités de vie et les myriades de haute valeur expliquerait les changements qui ont lieu dans le caractère et la personnalité de nombre de personnes au cours de leur existence.

Des médecins affirment que nos corps subissent une transformation tous les sept ans et qu’aucune des particules qui sont entrées dans la composition de nos corps n’est la même, ces sept années écoulées. Ceci revient à dire que certaines unités de vie sont congédiées pour être remplacées par d’autres. Les unités de vie demandent une certaine atmosphère pour fonctionner d’une certaine manière et lorsque cette atmosphère change, elles cherchent d’autres lieux, d’autres demeures vers lesquels elles émigrent.

La mémoire est placée dans une certaine partie du cerveau (le lobe de Droca). Après la mort, si les unités de vie qui composent la mémoire subsistent, il n’est pas impossible de dire que ces essaims de mémoire peuvent garder les pouvoirs qu’ils possédaient et retenir après la dissolution du corps ce que nous convenons de dénommer la personnalité.

Si ma théorie est juste, la mémoire de l’individu devrait agir après la mort comme pendant la vie. J’espère donc, qu’en arrivant à posséder l’instrument idéal que cette personnalité pourrait employer, nous, habitants de ce monde, pourrions recevoir d’elle des messages provenant des demeures ou des milieux nouveaux dans lesquels elle se trouve. Si l’appareil que je construis pouvait être un canal, entrant à flots dans le monde inconnu, nous aurions fait un grand pas vers l’Intelligence suprême.

Mais je ne veux pas en dire plus ! tout ce que je promets, c’est de permettre aux personnalités qui ont passé dans l’Au-Delà de communiquer avec nous si elles le veulent ou le désirent et surtout si elles existent.

Thomas Edison (traduit par Mme W. Sérieyx).

 P. Lafitte, Paris, 1921.