déjeuner

La sieste des hommes-affiches

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Il est midi. C’est l’heure des déjeuners, et, comme la Réclame sait que ventre affamé n’a plus d’yeux que d’oreilles, elle se repose.

Les véhicules enluminés stationnent alignés au bas des trottoirs, pendant que leurs attelages étirent leurs membres fatigués et allument la réconfortante cigarette.

Pour être immobiles, ces véhicules n’en conservent pas moins leur aspect hétéroclite pour tous, terrifiant pour les quadrupèdes, et comme leur station immobile coïncide avec la rentrée des manèges, elle met au désespoir les écuyers chargés de veiller sur les premiers pas des jeunes amazones, dont les montures consternées manifestent de diverses manières leur invincible répugnance.

« À travers Paris. » Texte et dessin de Crafty. Paris, 1894.
Illustration : La sieste des hommes-affiches, place de la Concorde. Crafty  (1840-1906).

Déjeuner

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L’origine du déjeuner n’est pas très ancienne, jusqu’en 1789 le Parisien déjeunait à neuf heures, dînait à midi (le terme s’est conservé en province) et soupait à dix heures du soir.

Les nécessités de la vie parlementaire produisirent un premier changement dans les heures adoptées. Désormais on déjeuna à midi, on dîna à six heures et l’on soupa à une heure plus ou moins tardive. Les moeurs allaient changer.

Mme Hardy, tenancière d’un célèbre restaurant d’alors, y contribua pour sa part, en plaçant sur un buffet quelques mets simples et appétissants : rognons, côtelettes… à la disposition des déjeuneurs, ses clients.

La première fois les habitués se récrièrent :

Eh ! madame Hardy, qu’est-ce que c’est que ça ?

Un supplément au déjeuner. Excellente

Excellente idée ! 

Bravo…

Après avoir approuvé, on déguste. Bientôt boudin, saucisse, boeuf rôti, desserts même vinrent compléter ce menu.

Mme Hardy avait inventé le déjeuner à la fourchette.

« Gazette française. »  Paris, 1903.