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La dépouille mortelle du Suédois

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Un curieux procès vient d’être intenté à l’Institut royal danois d’anatomie par un rentier de Stockholm, nommé Vystroem.

Il y a vingt ans, M. Vystroem s’est engagé par contrat à léguer son corps à l’Institut d’anatomie contre paiement d’une certaine somme. Mais depuis, le pauvre hère qui avait vendu son cadavre, est devenu un homme très riche et aujourd’hui il voudrait résilier son traité.

Toutes les négociations engagées dans ce but ayant échoué, M. Vystroem s’est adressé à la justice.

Or, les magistrats ont déclaré que le traité est valable, qu’il subsiste légalement et qu’il n’y a pas moyens de l’annuler. Le tribunal a même condamné M. Vystroem à payer des dommages-intérêts à l’Institut pour avoir violé une clause du contrat en se faisant arracher deux dents sans lui avoir au préalable demandé l’autorisation.

« Gazette médicale de Paris. » Paris, 15 oct. 1910.
Peinture : Bernard Buffet.

 

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John Paul Jones

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L’intrépide marin dont on vient de retrouver la dépouille à Paris, et qu’une députation des Etats-Unis est venue chercher en grande pompe, était né en Ecosse et servit d’abord dans la marine marchande.

Il se trouvait aux Etats-Unis, lorsque ceux-ci songèrent à créer une flotte pour combattre les vaisseaux des Anglais, qui ne voulaient pas reconnaître leur indépendance. Il fut mis à la tête d’une des frégates de l’Union et se rendit en Angleterre où il réussit à incendier le port de Whitehaven et à s’emparer du château de Selkirk. L’année suivante, il ravageait de nouveau les côtes de l’Angleterre, avec une escadrille que lui avait fournie le gouvernement du roi Louis XVI.

Le 22 septembre 1778, il osa attaquer, avec une frégate, un gros vaisseau anglais, dont il s’empara à l’abordage. Il le ramena en France où on l’accueillit avec enthousiasme. Louis XVI lui donna une épée d’or. Le congrès de Philadelphie lui vota aussi des félicitations et une médaille d’honneur.

Quand la paix eût été conclue entre les Etats-Unis et l’Angleterre, c’est-à-dire que celle-ci eût reconnu officiellement l’indépendance du nouveau pays, Paul Jones servit quelque temps dans la marine russe, avec le grade de contre-amiral. Puis il revint en France, où il mourut en 1789. L’Assemblée Législative se fit représenter à ses funérailles.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.