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Le bon exemple

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« Floréal. » Paris, 1920.

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Adversaires politiques

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Ces jours derniers M. Neyrel, député des Pyrénées Orientales, recevait au Palais Bourbon une dépêche de Perpignan ainsi libellée :

« Toute votre maison saccagée. Tous vos papiers enlevés. Toutes vos archives disparues. »

Hélas ! s’écria-t-il, on m’apprend que des cambrioleurs ont mis ma maison au pillage. Ils ne m’ont rien laissé. Sûrement ce sont mes ennemis politiques qui les ont envoyés. Ah ! les bandits !

Quelques minutes après lui parvenait un second télégramme :

« Votre maison inondée. » 

Bon Dieu ! fit-il. Ces infâmes cambrioleurs, non contents de me dévaliser, auront crevé toutes les prises d’eau pour dissimuler leur méfait sous les apparences d’un accident !

A ce moment survient M. Brousse qui lui aussi est de Perpignan. On le met au courant de l’affaire.

Mais mon pauvre collègue, dit-il à M. Neyrel, vous ne savez donc pas que la Basse, la rivière qui traverse Perpignan, a tout-à-coup débordé. Vous n’avez pas été cambriolé. Mais de vos deux télégrammes, le premier est arrivé le second, et il faut en intervertir l’ordre pour, les comprendre. Votre maison a été inondée et l’eau a emporté toutes vos archives. Voilà quelle est la vérité et vous n’avez pas d’autre adversaire politique que cette maudite rivière.

On plaignit M. Neyrel et on s’amusa de sa plaisante erreur.

« Le Cri de Paris. » Paris,  1915.

Une conception de l’honneur

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Sait-on que les députés anglais ne reçoivent qu’une indemnité annuelle de 400 livres, soit une cinquantaine de mille francs, que le Premier ministre, M. Macdonald, touche 4.000 livres par an ?

Ce n’est vraiment pas excessif dans un pays où le chef du gouvernement est tenu de donner de fastueuses réceptions, alors que le lord-chancelier, président de la Chambre des lords, bénéficie d’une annuité de 10.000 livres sterling. Quant au procureur général, comme sa rétribution est proportionnelle au nombre des affaires examinées, il ne touche pas exactement la même somme tous les ans, mais, l’une dans l’autre, il se fait chaque année un minimum de 30.000 livres.

Quelques, députés travaillistes avaient récemment demandé à M. Macdonald une légère majoration de l’indemnité parlementaire.  

Vous voulez donc vous déshonorer? s’écria brutalement le premier ministre.

Chez nous, « ils » n’ont pas une aussi rigoureuse conception de l’honneur…

« Les Potins de Paris. » Paris, 1930.

Elections

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Le premier coup de poing parlementaire

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Savez-vous à quelle date s’est produit le premier coup de poing parlementaire ? En 1792. Ce fut un certain M. Jousseau, qui, mécontent d’un argument présenté par son collègue Grangeneuve, lui appliqua sur la figure son poing fermé.

Une autre fois, Bugeaud, célébrant à la tribune l’obéissance passive de l’armée, fut interrompu par le député Dulong :

Faut-il obéir jusqu’à se faire geôlier, jusqu’à l’ignominie ?

Bugeaud quitta la tribune, pâle de rage, se dirigea vers le député interrupteur et, avant qu’on eût le temps de s’interposer, le souffleta. Le surlendemain, rencontre au pistolet au bois de Boulogne. Dulong fut tué.

Il était réservé à la troisième République de multiplier les scènes violentes. Une des plus mémorables a été celle où M. Andrieux et Jules Ferry se disputèrent à la tribune, prêts à en venir aux mains, les yeux dans les yeux, sifflant des paroles outrageantes entre leurs dents serrées, se soufflant dans la bouche, comme le disait le lendemain l’un des deux adversaires, qui ajoutait :

Et c’était mon châtiment, car il avait mangé de l’ail !…

« Le Home : sciences pratiques : monde, littérature, sports, etc. »  Paris, 1907. 

 

Les conducteurs d’omnibus à l’Opéra

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M. Cousset, député de Boussac, a la douce manie de vouloir « tomber » tous les ans l’Opéra, dont les dépenses lui semblent inutiles.

Il s’en est pris spécialement cette fois aux danseurs, « ces êtres étranges qui viennent montrer leurs grâces callipyges sur la scène ».

Il veut bien faire grâce aux danseuses.

Mais, dit-il, pour les danseurs, qui ne sont là que pour soutenir les danseuses, je suis absolument sûr que, si l’administration de l’Opéra voulait prendre, à leur place, de simples conducteurs d’omnibus à 3 ou 4 francs par jour, elle réaliserait d’importantes économies.

On veut bien comprendre que la Chambre a eu là un moment de bruyante gaieté. Le président lui-même, malgré la sévérité de son emploi, a ri à ventre déboutonné.

« Journal artistique. »  Paris, 1891.
Illustration : Antoine Blanchard.

Une campagne qui promet

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M. Auguste Sabatier, boucher, directeur de brasserie et ancien député de Paris, ne se console pas d’avoir perdu son siège aux dernières élections. Aussi brigue-t-il le siège vacant de Brioude.

Les Auvergnats de Paris ne s’en plaignent pas, car ils sont reçus à bras ouverts par le restaurateur candidat. Parmi les convives assidus, on remarque fort le nouveau et déjà célèbre député de la Haute-Loire, M. Philibert Besson, qui patronne la candidature de M. Sabatier. Ce dernier, au milieu de ses invités, pérore et clame sa foi dans son prochain triomphe.

Enfant du pays, dit-il, je ne crains personne. Ma campagne, elle sera simple, quatre grandes réunions où je parlerai pendant quatre heures. Ce qui fait ma force, c’est que je peux parler pendant une journée sans arrêt. Je dirai peut-être des… âneries, mais je parlerai quand même, et quand ce sera fini, je referai mon discours en patois. Et pour ce qui est de la bourrée, je défie mes concurrents de la danser comme moi. 

Voilà certes une élection qui s’annonce des plus gaies avec Philibert Besson et Sabatier.

Heureux électeurs que ceux de Brioude !

« Hebdomadaire français. »  Paris, 1933.