désertion

Confession

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louis-II-de-vendôme

Lorsque le duc de Vendôme commandait l’armée des deux couronnes en Lombardie, la désertion était considérable parmi les Italiens.

En vain la peine de mort était exécutée contre les déserteurs, rien ne pouvait fixer le soldat sous ses drapeaux. A la fin, le général fit publier que tous ceux qui déserteraient seraient pendus à l’instant, et sans l’assistance d’aucun prêtre. Cette punition, comme on l’avait prévu, fit sur eux plus d’impression que la mort même.

Ils auraient bien risqué d’être pendus, mais ils n’osèrent pas courir le risque d’être pendus sans confession.

Victor Fournel. « Dictionnaire encyclopédique. » Paris, 1872.

Désertion de Paris

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vacances

Elle n’est pas comparable à la désertion des campagnes. Cependant, elle a pris, cette dernière quinzaine, une ampleur inégalée jusqu’à présent.

Comme jadis on fuyait Limoges, Avignon ou Marseille, alors que la peste y exerçait ses ravages, on a fui Paris, son air étouffant, sa fièvre, ses odeurs. Jamais on ne vit tant de volets tirés, jamais, non plus, tant de devantures closes. Ces rideaux de fer qui resteront baissés pour deux semaines et davantage indiquent un changement profond dans la vie sociale.

Quand Balzac édifiait son oeuvre, les commerçants, d’un bout de l’année à l’autre, étaient rivés à leurs comptoirs. Il ne fallait rien moins que la retraite ou la mort pour les leur faire abandonner. Aujourd’hui, les boutiquiers s’accordent volontiers quelque répit. Ils ont raison, du reste, car ils ne font qu’imiter en cela leur clientèle habituelle. La plupart d’entre eux ont collé sur leur porte un avis manuscrit :

« Réouverture le… »

Et ils sont partis, sans plus d’émoi.

Parmi les innombrables écriteaux de ce genre, nous en avons noté un dont la teneur nous a ravi.

« Fermé jusqu’au 1er septembre pour cause de maladie. »

Gloire au petit cordonnier qui le rédigea dans sa candeur ! Qu’un artisan souffrant annonce, et ce longtemps d’avance, la date de la reprise de ses travaux, voilà qui est d’un optimisme réconfortant !

« Les Annales politiques et littéraires. »  Paris, 1928. 
Illustration : © musée Nicéphore Niepce.