devin

Le sorcier de Chavigny

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paranoiakÀ Chavigny, village de la commune de Faverolles (Loir-et-Cher), il vient de s’en passer une bien bonne.

Un cultivateur ayant son fils atteint de tuberculose et dont l’état, malgré les soins du médecin, allait toujours en s’aggravant, fit venir d’Indre-et-Loire, pour le soigner, un devin, qui ne put l’empêcher de mourir.

Aussitôt arrivé, celui-ci s’écria :

 Je vois ce que c’est : un sorcier a jeté un sort à votre fils; heureusement pour vous, j’ai le pouvoir de le conjurer.
— Seulement, ajouta-t-il, je prévois que le sorcier reviendra dans le village, vers le coucher du soleil, et, à la première personne qu’il rencontrera, jettera le même sort.

Voilà pourquoi, pendant plusieurs semaines, à Chavigny, vers le coucher du soleil, vous n’auriez pas rencontré âme qui vive. Toutes les portes étaient closes.

On se barricadait chez soi et si un étranger venait à. circuler à cette heure fatidique, blottis craintivement derrière le rideau, on se chuchotait à l’oreille, bien bas :

 C’est le sorcier !

« L’Écho du merveilleux . » Paris, 15 mai 1901.
Illustration : « Paranoïak »  D. J. Caruso, 2007.

La baguette  divinatoire 

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sourcierLa baguette divinatoire, qui est de préférence en bois de coudrier, a la forme d’une fourche. Le devin prend une branche dans chaque main et s’avance sur le terrain. Il ne remue pas volontairement les bras, mais, si la baguette oscille et s’incline spontanément, c’est que la source ou le trésor cherché gît là.

Fréquemment aujourd’hui, l’on remplace l’antique baguette divinatoire par le pendule explorateur. Ce dernier se compose d’un corps lourd, un anneau ou une petite boule métallique par exemple, que l’on suspend au bout d’un fil. 

Chevreul montra que les déplacements du pendule explorateur résultent des mouvements involontaires et inconscients de la personne qui tient le fil entre ses doigts. Imagine-t-elle qu’il doit osciller dans un sens ou frapper tant de coups, si on le place au-dessus d’un récipient, il obéit mû par une imperceptible agitation du bras que l’on parvient à mettre en évidence. Se le représente-t-elle immobile, il s’arrête parce que tout mouvement musculaire s’évanouit. Simples manifestations de cette loi bien connue : l’idée qui est une force, tend à se réaliser et se réalise en fait, lorsqu’elle n’est pas  contredite par des représentations contraires. Cette explication vaut aussi quand il s’agit de la baguette divinatoire. coudrierMais nous ne dirons pas, comme plusieurs : « La baguette n’y est pour rien, tout dépend de la perspicacité de l’individu qui l’utilise ». Nous ne croyons pas le problème définitivement résolu. Il est possible que des radiations spéciales décelant la présence de l’eau ou des métaux enfouis dans le sol, soient perçues plus ou moins consciemment par le devin. Peut-être s’agit-il, comme certains le pensent, d’un courant électrique ordinaire. Pas davantage nous ne nions que la pénétration d’esprit ou l’aptitude à découvrir la vraie nature des terrains puisse expliquer bien des réussites. 

Peut-être quelques individus sont-ils doués de sens que ne possèdent pas les hommes ordinaires. D’où l’allure merveilleuse de phénomènes pourtant très naturels. Au milieu de gens privés d’odorat, il passerait pour un sorcier incomparable, celui qui n’aurait qu’à flairer pour savoir qu’ici furent des violettes, là des fromages, pour avertir qu’une fuite de gaz rend un péril imminent ou qu’un cadavre est caché, depuis plusieurs jours, dans telle caisse ou tel appartement. Au dire de chercheurs sérieux, des faits étranges s’expliqueraient ainsi par l’existence de perceptions inconnues du grand nombre. 

Quoi qu’il en soit, nulle intervention extra-terrestre ne semble nécessaire pour que se meuve soit la baguette soit le pendule. Il est grand temps que certains phénomènes soient étudiés par des savants honnêtes et non plus abandonnés aux seuls charlatans.

« Les Spectacles d’Alger. » Alger, 1937.

L’horoscope

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paysan

Un paysan se faisait dire la bonne aventure. Le devin lui dit :

« Les cartes m’apprennent que vous êtes venu au monde, le jour de votre naissance, tout nu sans chemise, les mains dans vos poches, comme un bon propriétaire; c’est une preuve qu’un grand bonheur vous attend. »

Le paysan paya bien et partit au comble de la joie.

« Chroniques. » Paris, 1849.