dialecte

Les trois léonards

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Il y avait une fois trois léonards qui ne savaient pas un mot de français.

Ils entreprirent un voyage, et l’aîné dit aux autres :

 Sur notre route nous aurons occasion de l’apprendre. 

Cela dit, ils partirent et passèrent par une ville, où ils virent des enfants qui revenaient de l’école. En passant par un groupe d’élèves, ils entendirent l’un d’eux qui disait : 

Trois léonards.

Alors ils se dirent « Maintenant nous savons du français »,  et ces deux mots-là furent pour l’aîné des trois. Quelques instants après, ils virent deux enfants qui entraient dans une épicerie, et l’un d’eux dit :

Pour deux sous de figues.
— Ah! voilà mes mots à moi ! dit le cadet.

Après qu’on eut pesé les figues, comme la balance restait très bien en équilibre, l’autre enfant dit : 

Comme c’est juste !
— Voilà mes mots, dit alors le plus petit des Léonards.

A quatre lieues plus loin, ils rencontrèrent au bord de la route un homme qu’on venait d’assassiner. les gendarmes survenant au même instant leur demandèrent :

Qu’est-ce qui a tué cet homme-là ?
— Trois léonards, dit le plus grand.
— Pourquoi ? demande de nouveau le gendarme.
— Pour deux sous de figues, dit le cadet.
— C’est bien, vous irez en prison.
— Comme c’est juste! dit le plus petit.

Et les gendarmes emmenèrent les trois hommes en prison, les mains liées derrière le dos.

« Société des traditions populaires. »  Paris, 1908.
Illustration : Jean Emile Laboureur.

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L’Esperanto et la police

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M. Raoul Brandon, conseiller municipal, vice-président du Conseil général, présentera un voeu pour que l’Espéranto soit enseigné à un certain nombre d’agents de police. L’Espéranto est devenu, assurent ses fidèles, une langue vivante, parlée dans le monde entier, enseignée dans de nombreuses écoles.

En France, le ministre de l’Instruction Publique, M. Edouard Herriot, s’est fait représenter par des Recteurs d’Académie à divers congrès esperantistes, ainsi, d’ailleurs, que le ministre de la guerre, M. Paul Painlevé, et plusieurs autres ministres.

De nombreux savants : le général Ferrié, Charles Lallemand, Louis Lumière, Charles Richet, Dr Roux, général Sebert, etc., patronnent l’Espéranto. Dans le domaine commercial, citons la Chambre de Commerce de Paris, qui fait usage de l’Esperanto dans ses imprimés, et dont le distingué Président, M. André Baudet, parle et écrit en cette langue.

Il est certain que l’Espéranto pourrait devenir une langue internationale si tous ceux qui la parlent avaient la même prononciation (ce qui n’est pas le cas, malheureusement), les promoteurs de cette langue n’ayant pas fait, à ma connaissance, le nécessaire pour uniformiser la prononciation et l’accent.

« Le Détective. »   Paris, 1928.