DIVERS

Le bouchon humain

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Angelo Faticoni, le « bouchon humain », photographié en train de flotter alors qu’il est attaché à une chaise lestée

Le 13 août 1931, le New York Herald Tribune publia la notice nécrologique d’Angelo Faticoni, qui venait de décéder à Jacksonville, en Floride.

Selon cet article, intitulé « Le bouchon humain est mort avec son secret », Faticoni surnageait dans l’eau d’une façon surnaturelle. Il pouvait flotter par exemple pendant 15 heures avec près de dix kilos de plomb liés aux chevilles: Faticoni pouvait dormir dans l’eau, roulé en boule, se tenir sur le côté et prendre n’importe quelle position demandée.

Un jour, il fut cousu dans un sac et on le jeta dans l’eau, tête la première, avec un boulet de canon de neuf kilos attaché aux jambes. Sa tête réapparut à la surface aussitôt après et il resta immobile dans cette position pendant huit heures. Une autre fois, il traversa l’Hudson à la nage, lié à une chaise lestée de plomb.

Il y a quelques années, il se rendit à Harvard pour s’exhiber devant les étudiants de la faculté. Les autorités médicales l’examinèrent, mais ne réussirent pas à étayer leurs théories selon lesquelles il était capable de flotter grâce à ses organes internes qui seraient différents de ceux des hommes normaux. Faticoni avait promis de révéler son secret d’homme bouchon, mais il est mort sans l’avoir fait.

« The New York Herald Tribune. » 13 août 1931.
« Le Grand Livre du Mystérieux. » Sélection du Reader’s Digest, 2001.

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Le cavalier de l’Apocalypse

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Franck-HayesBelmont Park est un important hippodrome de l’agglomération de New York, sur Long Island, à quelques kilomètres au nord de ce qui est aujourd’hui l’aéroport Kennedy.

Ce 4 juin 1923, le folklore des champs de courses est en place, les turfistes à casquettes et mégots, et les élégantes à chapeaux sont au rendez-vous. Le speaker s’est fait la voix au bourbon on the rocks. La deuxième course peut commencer. C’est un steeple-chase de trois mille deux cents mètres, ou plus exactement deux milles terrestres, comprenant douze obstacles.

Parmi les concurrents, Sweeet Kiss, une jument qui a  peu fait d’étincelles, montée par Franck Hayes, qu’on a vu parfois en course, surtout connu dans le milieu pour être un bon entraîneur. la paire ne séduit guère les parieurs; lorsque la course s’élance, elle est cotée à vingt contre un.

A la surprise générale, et à celle de Hayes en particulier, Sweet Kiss est en tête à mi-course, avec deux longueurs d’avance ! Ses poursuivants regagnent du terrain, tout l’hippodrome est en haleine. La logique du sport semble finalement devoir l’emporter lorsque Sweet Kiss, comme mue par une force surnaturelle, produit une accélération irrésistible et coupe la ligne d’arrivée avec une bonne longueur d’avance.

Les rares parieurs à avoir risqué sur elle quelques dollars exultent. Moins cependant que le propriétaire de la jument, qui n’en avait jamais tant espéré dans ses rêves les plus fous.

Franck Hayes, qui devrait à ce moment-là montrer aussi sa grande joie mêlée de surprise, adopte une position fort incongrue: il est avachi sur son cheval, légèrement de travers, comme s’il était pris d’une envie subite de faire une petite sieste. Et pour cause: il est mort au finish d’une crise cardiaque !

Le règlement est formel: pour que sa performance soit validée, un cheval doit arriver monté, même par un cadavre tout frais.

Le malheureux Hayes a été enterré vêtu de sa panoplie de jockey.

 Olivier Chaumelle  « La tortue d’Eschyle et autres morts stupides de l’Histoire. »  Editions des Arènes, 2012

Le baiser de la mort

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Egon Schiele

Egon Schiele est né le 12 juin 1890 dans une petite ville de la vallée du Danube autrichien. Sa mère est une Allemande du sud de la Bohême. Son père est viennois, cheminot, et exerce à Tulln an der Donau le noble métier de chef de gare.

Schiele le Jeune est un dessinateur et peintre d’un immense talent, à tendance nettement scandaleuse. Sa mère dira plus tard de lui: « – Il a eu beaucoup de succès. Il avait de beaux yeux. Il les a toutes ensorcelées. »

Il se forme à l’Ecole des arts décoratifs de la capitale autrichienne, dispensé d’examen d’entrée tellement ses dons sont évidents. Ensuite, il retourne en province, où les péripéties d’une jeune modèle lui vaudront l’opprobre public et un mois de prison.

Plus tard, il rencontre Edith Harms, qui ne voit pas d’inconvénient à devenir sa femme: le couple convole en noces simplifiées en juin 1915, avant de s’installer à Vienne. Schiele fera dès lors de très nombreux portraits de son épouse, qui était moins jolie que ne pourraient le laisser penser les œuvres en question. Adèle, la petite sœur, est plutôt mieux. Schiele éprouvera les délices du partage fraternel, dont la cadette semble aussi posséder un sens aigu.

A l’automne 1918, l’épidémie de grippe espagnole prend les allures d’une hécatombe à Vienne. Il faut rappeler que cette grippe extrêmement virulente a fait, en Europe, plus de morts que la Grande Guerre. Naturellement, quatre années de conflit et les privations afférentes ne sont pas pour améliorer les défenses immunitaires.

Edith, enceinte, tombe malade. Faisant preuve d’un dévouement surprenant, Egon la veille assidûment. Malgré ses écarts de conduite, Schiele aime sincèrement sa femme, qui bientôt sera emportée avec leur enfant. Conscient d’un danger fatal, il étreint une dernière fois Edith, le 28 octobre. Elle meurt quelques heures après.

Par cet ultime baiser, le trop tendre Egon Schiele s’est contaminé: il tombera bientôt malade à son tour, avant de mourir le 31 octobre, à l’âge de vingt-huit ans.

Il aura fait vivre, avec Gustav Klimt et Oscar Kokoschka, le groupe des « peintres de la Sécession ». Ses principales œuvres sont visibles à Vienne et à New York.

Olivier Chaumelle

« La tortue d’Eschyle et autres morts stupides de l’Histoire. »  Editions des Arènes, 2012

Un implant cérébral le transforme en fan absolu de Johnny Cash

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Illustration © thinkstock

Cobaye volontaire pour les besoins de la science, un homme de 60 ans s’est du jour au lendemain découvert une passion absolue pour Johnny Cash. Incident technique? Non, un résultat souhaité. Explications…

La science pourra-t-elle un jour imposer ses choix musicaux à monsieur Tout-le-monde? La question mérite d’être posée à l’heure où une curieuse expérience vient d’être menée par des chercheurs néerlandais. Publiée sur la revue scientifique Frontiers, l’étude relayée par le magazine musical DumDum surprend, voire inquiète les mélomanes. En effet, l’installation d’un simple implant électronique dans le cerveau d’un volontaire âgé de 60 ans a fait naître chez ce dernier une véritable passion pour la musique, et plus particulièrement celle de… Johnny Cash. Une transformation étonnante quand l’on sait que le cobaye n’avait jamais manifesté un goût immodéré pour la chose: « Six mois après son opération, Mr.B (NDLR: le volontaire) a commencé à s’intéresser de très près à Johnny Cash. Il écoutait la radio quand il est tombé sur ‘Ring of Fire’ et ce morceau l’a bouleversé. Il a écouté de plus en plus de titres de Johnny Cash et a remarqué qu’il était vraiment ému par la voix grave du chanteur.

A partir de ce moment là, Mr.B. a acheté tous ses CDs et DVDs… » L’équipe néerlandaise s’est en réalité concentrée sur les zones cérébrales les plus réceptives en la matière et a installé en ces endroits stratégiques des implants chargés d’émettre des stimulations électriques et ainsi multiplier les capacités « artistiques » du patient. Faut-il craindre une collaboration machiavélique à l’avenir entre le monde de la musique et celui de la science? D’aucuns diront que la radio applique une recette similaire depuis toujours…

http://www.7sur7.be/7s7/fr/

Somnambule, conducteur d’élite …

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Somnambule

Les policiers de Portsmouth, en Grande-Bretagne, eurent bien du mal à se rendre à l’évidence. Le jeune homme, en pyjama et transi de froid, qu’ils venaient d’intercepter dans les rues de la ville venait d’accomplir un exploit peu banal et pourtant tout à fait involontaire.

Dans une crise de somnambulisme, ce garçon de 15 ans avait quitté le domicile familial, pris le volant de la voiture paternelle et parcouru en pleine nuit, sans se réveiller, une distance de 43 km avant de reprendre ses esprits et de réaliser brusquement tout l’insolite de sa situation. Il téléphona alors à ses parents, qui à leur tour alertèrent la police.

Le plus étonnant est que cet adolescent n’avait jamais conduit un véhicule de sa vie et qu’il venait pourtant d’effectuer son escapade sans provoquer le moindre accident.

Pour extraordinaire que soit ce cas, il n’est pourtant pas exceptionnel. Beaucoup de somnambules se sont révélés capables, sans s’en rendre compte, de se livrer à des actes tout à fait étonnants.

Ces curieux dormeurs vagabonds sont beaucoup plus nombreux qu’on ne le croit. Ils sont des millions de par le monde et, rien qu’en France, on en a dénombré plus de huit cent mille.

« Curieuses histoires de l’Etrange. »  Christian Vignol, Editions Jourdan, 2012.

Les lions mangeurs d’hommes de Tsavo

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En 1898, deux lions ont soufflé un vent de panique sur la construction d’un pont ferroviaire durant neuf mois en tuant et dévorant près de 140 ouvriers qui travaillaient pour les Britanniques dans la région de Tsavo.

Le Lieutenant-colonel John Henry Patterson (1867–1947) ingénieur mandaté par la British East Africa Company pour superviser les travaux, fut contraint de traquer ces lions qui terrorisaient les ouvriers et retardaient l’avancement du projet en raison de leurs attaques meurtrières.

Les lions mangeurs d’hommes n’ont rien d’exceptionnel dans ces contrées sauvages où des attaques sont régulièrement recensées pour maintes raisons telles que l’occupation constante de leur territoire par l’homme et la diminution de leurs proies habituelles. De plus, en 1890 une épidémie de peste bovine avait décimé des millions de zèbres, gazelles et autres espèces sauvages.

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Lion de Tsavo. Photo: Matt Berlin

Enfin, les prairies broussailleuses et sèches ne favorisaient la présence que de petits ongulés, nourriture insuffisante au régime alimentaire des grands félins. Cependant, toute l’étrangeté de cette affaire réside dans l’acharnement particulièrement meurtrier qu’ont montré ces deux lions et leur exceptionnelle constitution.

Les peaux conservées au Field Museum of Natural History Museum de Chicago donnent une vision impressionnante des lions : dépourvus de crinière, trait inhabituel chez les lions, ils mesuraient près de trois mètres de longueur pour une hauteur à l’épaule de 1,22 mètres. Les moyennes pour les lions d’Afrique voisinent les 2,60 mètres de long pour une hauteur à l’épaule de 0,96 mètre.

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Field Museum de Chicago

Une fois sa mission terminée, John Henry Patterson publia un ouvrage sur ces deux lions mangeurs d’hommes du Tsavo et d’autres histoires concernant l’Afrique de l’est. Des années plus tard, deux chercheurs américains, Julian C. Kerbis Peterhans et Thomas Patrick Gnoske, entreprirent des recherches plus approfondies sur cette affaire qui sont transcrites dans le Journal of East African Natural History.

https://1000curiositas.wordpress.com/2008/04/22/les-lions-mangeurs-dhommes-de-tsavo/

Suzanne Noël, pionnière de la chirurgie esthétique

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Née en 1878, à Laon, Suzanne Gros doit attendre d’être mariée pour entreprendre des études de médecine et est nommée interne des hôpitaux de Paris en 1912. Ayant perdu son premier mari des suites de la guerre, elle se remarie avec le Dr André Noël qui se suicide après la mort de leur fille unique. Malgré ces tragédies, Suzanne Noël fonde de nombreux clubs Soroptimist, (le Rotary féminin) contribuant à assurer l’implantation définitive du mouvement en Europe et est une des premières femmes à pratiquer la chirurgie esthétique.
Suzanne Gros naît à Laon, dans l’Aisne, dans une famille bourgeoise. Après son mariage, elle déménage en 1897 à Paris où elle entame en 1905 des études de médecine avec le soutien de son mari, lui-même médecin. En 1908, elle est nommée externe des hôpitaux de Paris dans le service du professeur Morestin, pionnier de la chirurgie maxillo-faciale, puis prolonge cette expérience en entrant en 1909 dans le service de dermatologie du professeur Brocq à l’hôpital Saint-Louis.
Reçue à l’internat en 1912, elle approfondit ses connaissances dans le domaine de la chirurgie maxillo-faciale ; elle est notamment amenée à soigner la cantatrice Sarah Bernhardt à la suite d’un lifting pratiqué aux Etats-Unis et ayant abouti à un demi-échec. Durant la Grande Guerre, elle est autorisée à exercer sans avoir soutenu sa thèse et s’occupe des « gueules cassées ».
Remariée suite au décès de son mari en 1918, elle perd sa fille unique en janvier 1922 et son second mari en 1924. La chirurgie esthétique occupe dès lors une place fondamentale dans sa vie : elle soutient en 1925 sa thèse, étend ses activités de chirurgie, jusque-là confinées au visage, aux autres parties du corps (remodelage des seins, des fesses, des cuisses, dégraissage de l’abdomen, des jambes), ce qui l’amène à inventer des techniques (dégraissage par aspiration) et des instruments (crâniomètre, gabarits) encore utilisées aujourd’hui. Elle reçoit en 1928 la Légion d’honneur « pour sa contribution à la notoriété scientifique de la France sur la scène internationale ».
Suzanne Noël est également passée à la postérité comme fondatrice du premier club Soroptimist en Europe, avec l’objectif de défendre les droits des femmes ; personnalité internationale de premier plan, elle fonde successivement les clubs Soroptimist de La Haye, Amsterdam, Vienne, Berlin, Anvers, Genève, les clubs baltes, ceux d’Oslo, Budapest, et même ceux de Pékin et Tokyo.
Après sa mort en 1954, les chartes des nouveaux clubs Soroptimist sont remises au nom de Suzanne Noël et une bourse portant son nom est instituée pour aider une femme médecin à se spécialiser en chirurgie plastique.
http://www.bu.u-picardie.fr