divorce

Choses de divorce

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carillonneur

Le fait par un mari d’aller consulter des somnambules extra-lucides et de dilapider ainsi les économies du ménage constitue-t-il une cause de divorce ? 

La question, tout à fait nouvelle en jurisprudence est soumise actuellement aux juges de la 4ème Chambre du tribunal de la Seine. La femme réclamant dans ces conditions le divorce ajoute :  

Mon mari est d’une telle naïveté orgueilleuse qu’il ajoute foi aux déclarations d’une somnambule à 20 francs le cachet, lui disant que « sa nativité a une importance mondiale », qu’il fera « des choses exceptionnelles » à raison de la vivacité surprenante de son esprit et que « ses idées devancent la marche générale du progrès humain ». Or, mon mari n’a jamais pu être autre chose que sonneur de cloches.

« Le Strapontin. » Paris, 1917.

Histoire anglaise

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hugh-thompson

 Elle nous vient de Bernard Shaw, ce qui est une référence. On lui demandait les raisons du nombre toujours croissant des divorces en Angleterre. Il se contenta, en manière de réponse, de raconter cette petite histoire :

Un gentleman de ma connaissance avait six filles à marier. Dans une villa voisine de la sienne, vint s’installer un jeune homme que nul ne connaissait et qui parut regarder avec complaisance l’aînée des six jeunes filles.

Au bout d’une semaine, le jeune homme vint trouver le gentleman qui lui tendit la main avec un sourire ineffable, et ne lui laissa même pas le temps de donner les raisons de sa visite.

Je sais pourquoi vous venez, fit-il avec bonhomie. Soyez heureux, elle est à vous.
Qui cela demanda l’autre interloqué.
Mais Dolly, ma fille aînée.
Pardonnez-moi, repartit le jeune visiteur assez confus, ce n’était pas pour cela que ie venais vous voir. Je voulais vous demander s’il vous serait possible de me prêter dix shillings…
Dix shillings ! s’écria le gentleman avec indignation. Prêter dix shillings à un garçon dont je ne sais, même pas le nom vous repasserez, mon ami.

Illustration : hugh thompson.

Vengeance

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adultère.

M. Louis B…, qui habite rue de la Condamine, a quitté, il y a environ deux ans, sa femme pour aller vivre avec une maîtresse qu’il avait connue avant son mariage.

Depuis cette époque la femme B… vivait à Levallois-Perret chez sa mère, et son mari n’en avait jamais entendu parler. Il y a quelques jours, elle s’adressait au tribunal pour demander l’autorisation de faire constater l’adultère de son mari, son intention étant de déposer ensuite une instance en divorce.

Cette autorisation lui fut accordée et hier matin le commissaire de police du quartier se présentait au nouveau domicile de M. B… Ce magistrat ne trouva à la maison que la maîtresse de B., la fille Augustine N…, mais put facilement établir que tous deux vivaient maritalement. Aussi malgré les protestations d’Augustine dressa-t-il procès-verbal.

Soudain cette dernière qui, justement, avait, tout comme la femme légitime, quelques petites choses à reprocher à M. B… s’approcha du commissaire de police et lui dit :

C’est un flagrant délit qu’il vous faut constater, eh bien allez dans cette maison en face, vous le trouverez chez Mme T…, c’est elle qui est sa maîtresse pour le quart d’heure.

Le magistrat se rendit à l’adresse indiquée et put cette fois constater un vrai flagrant délit. Grâce à la maîtresse de son mari, Mme B… a donc maintenant entre les mains tout qu’il faut pour divorcer.

« Le Rappel. »  Paris, 1889.

Le banquet des divorcés

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banquet

M. Birson, Américain, organisait, la semaine dernière, à l’occasion du dixième anniversaire de son divorce, un banquet auquel n’étaient conviés que des hommes ou des dames divorcés, ou qui étaient sur le point de l’être.

Le banquet fut présidé par un bon gros monsieur, de la plus charmante gaieté, bien que son ex-épouse l’ait fait saisir et vendre une dizaine de fois pour se payer de la pension qu’il est condamné à lui servir et qu’il s’entête à ne pas lui remettre à l’amiable. Cela n’a altéré en rien sa bonne humeur, et il n’a cessé de montrer l’esprit le plus extravagant
pendant tout le repas.

Comme surtouts, il n’y avait, sur la table, que des motifs décoratifs rappelant la fragilité de l’amour.

On a bu à la liberté, à la gaieté, et à tous les plaisirs de ce monde. Et quand on eut sablé beaucoup de champagne, on se mit à porter des toasts aux belles-mères. Mais comme on s’aperçut que douze convives avaient toasté ainsi, bien vite on s’empressa de porter un treizième toast, espérant évidemment qu’il leur porterait malheur !…

Pauvres belles-mères ! Il y en a pourtant de charmantes, je vous assure.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.

Les artifices de la beauté

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couple

Il n’y a que l’oncle Sam pour avoir de ces idées. Les législateurs de l’Etat américain de Géorgie, Etat prohibitionniste s’il en fut, viennent, sur la proposition d’un membre du Sénat, de discuter et voter un bill tendant à réprimer les supercheries de la femme :

Le divorce sera accordé de plein droit au mari qui pourra prouver que sa moitié lui a dissimulé ses faux cheveux, ses fausses dents et les artifices de sa toilette.

Inutile de dire que les femmes de Géorgie sont furieuses, et mettent  en oeuvre toute leur influence pour faire abolir une loi si draconienne. Mais l’oncle Sam est tenace et les législateurs de Géorgie font valoir un précédent. Une loi semblable existait jadis en Angleterre.

Il est douteux qu’elle soit jamais adoptée en France. Les députés qui la voteraient se feraient certainement arracher les yeux par leur légitime !

« Touche à tout : magazine des magazines. »  Paris, 1909.
Illustration : Charles Dana Gibson.

Titre bien conservé

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Henry-VIII

On sait que le roi Henri VIII d’Angleterre, lors des premiers mouvements de la réforme religieuse, écrivit de la façon la plus énergique contre Luther, ce qui fut cause que le pape lui décerna le titre de défenseur de la foi, titre dont ce prince était très glorieux.

Patels, son fou de cour, disait à ce monarque :

« Eh ! mon cher Henri, tâchons de nous défendre et laissons la foi se défendre toute seule ! »

Or le défenseur de la foi, mécontent de l’opposition que le Saint Père faisait à ses idées de divorce, rompit bientôt avec Rome, et déclara le schisme dit anglican, qui subsiste encore.

Mais, détail singulier, il ne renonça pas pour cela au titre que lui avait conféré le chef de l’Eglise romaine, et que ses successeurs ont tous continué à porter depuis. On peut, en effet, voir encore de nos jours, dans l’exergue des monnaies anglaises, le nom de la reine Victoria, suivi des deux lettres F. D, qui signifient Fidei defensor.

« Musée des familles. »  Ch. Delagrave, Paris, 1897.

Un cas de divorce

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restaurant

Le fait, pour un mari, de constater que par trois fois, au cours d’un repas, sa femme se sert du verre de son voisin de table, constitue-t-il un cas de divorce ?

Oui ! vient de déclarer le tribunal civil, le geste de par sa répétition même, ne pouvant être considéré comme le fruit d’une distraction, est bien une attitude injurieuse à l’égard du mari.

Il ne faut donc boire dans le verre de son voisin que si le mari n’est pas là.

« La Revue limousine. »  Limoges, 1926.