docteur

Honoraire et Pignon

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docteur

« L’Universel : magazine hebdomadaire. » Paris, 1903.

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Désinfectez les livres d’études

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Albert-Anker

On a donné l’exemple à Nancy où, déjà l’année dernière, une étuve à désinfection fut mise au service de la Bibliothèque municipale et de certaines formations scolaires.

Le docteur Roubinovitch adresse aux autorités un pressant appel pour que tous les livres d’études mis entre les mains des enfants et qu’on se repasse d’une année à l’autre soient passés à l’étuve. Il y va de la santé des gosses des écoles et de celle aussi des élèves de nos lycées.

A l’étuve donc, tous les manuels, atlas, brochures, livres d’histoire ou de mathématiques que tous les enfants de France sont appelés à manipuler.

Sans compter que souvent ils s’endorment dessus.

Purifiez donc ces oreillers !

« Comoedia. »  Paris, 1927.
 Illustration : Albert Anker.

Les sangsues

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souper

Le Dr P…, de Villefranche-sur-Saône, ordonne à un pleurétique du village d’Ars l’application de douze sangsues. La femme les va quérir à la pharmacie M…

Huit jours se passent. La cliente retourne à l’officine et le titulaire lui demande si lesdites hirudinées ont soulagé le patient.

« Il a bien fait la g… pour les avaler, ça lui a ben fourré la colique, mais ça la tout de même guéri. »

Stupéfaction du digne apothicaire, qui partit d’un fou rire apprenant que les sangsues, considérées comme goujons, avaient été accommodées au beurre et sautées à la poêle.

« Le Passe-temps médical : journal des curiosités médicales, anecdotiques, historiques, littéraires et scientifiques. »  Lyon, 1898.
Illustration : Léon Augustin Lhermitte

Merci docteur

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docteur

Un célèbre médecin visitait une malade imaginaire.

Mais enfin, madame, vous avez bonne tête ?

Oh ! oui, docteur.

Et bon pied, bon oeil ?

Certes.

Vous dormez et mangez votre saoul.

Sans doute, mais….

Bon, bon, je vous donnerai un remède qui vous ôtera tout cela.

Merci bien…

Normand versus Normand

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femme-malade

Les Normands n’ont pas cessé de mériter leur légendaire renom de matoiserie. Ils ne peuvent se vaincre qu’entre eux à ce jeu-là. Les journaux de l’Orne nous le prouvent à nouveau par le trait suivant qui est d’hier.

A Domfront, la femme d’un paysan étant gravement malade, l’époux se résigna enfin à convoquer un médecin qui n’était pas de Paris… Le docteur ausculte, palpe, interroge, ne trahit pas ses impressions et, devant la mine résignée du mari, laisse percer quelques inquiétudes sur ses honoraires.

Monsieur, dit le rustique qui a compris, j’ai là dans mon bonnet de nuit cinq louis qui ne doivent rien à personne. Que vous teuiez ou que vous guarissiez ma chère femme, ils sont à vous, à notre prochaine encontre.

Je la guérirai peut-être bien, répond l’autre, dans le meilleur accent du cru.

La malade mourut le lendemain. A quelques jours de là le médecin, sans attendre l’encontre, se présenta au domicile du survivant :

Je viens vous consoler et… me payer… fait il à peine hésitant.

Docteur, répond le rusé compère, je tiendrais ben ma promesse. Mais (et il montrait ses deux fils et son maître valet) ces témoins vous diront comme moi que je ne vous devrais les cent francs que si vous aviez teuié ou guari… ma défunte. Or, vous ne l’avez point teuiée, n’est-il pas certain ?

Et le docteur de répliquer aussitôt :

Je n’avais point dit que je ne la teuiérais point, n’ayant point dit davantage qu’elle mourrait.

Le paysan avait trouvé son maître. Et il le paya… Même, il versa au surplus une bolée de cidre à l’avisé disciple d’Hippocrate.

« Gazette Française. »  Paris, septembre, 1903.

Pour résumer

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médecin

Un vieux médecin, avare, brusque, et peu couru, avait pris chez lui un petit garçon de la campagne, pour lui rendre compte des personnes qui viendraient le demander.

Rentrant un soir chez lui, de fort mauvaise humeur de n’avoir rien gagné, il interrogea le paysan, qui, n’ayant pas encore dîné, se brouilla dans son récit. Le médecin, impatienté, lui lança avec colère :

Allons, imbécile, veux-tu bien l’expliquer plus promptement ? Qu’est-il arrivé ici pendant mon absence ?

Monsieur, répliqua le jeune affamé, puisque vous voulez que je vous le dise, il est venu un prêtre vous dire que votre malade était mort; un apothicaire crier contre vos ordonnances, qui ne valent rien; une vieille femme vous donner au diable, parce que vous l’avez empoisonnée; un huissier vous demander de l’argent… mais il n’est arrivé ni pain, ni vin, ni viande, et je meurs de faim.

Guérison imposée

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docteur

Ma belle demoiselle, disait le fameux docteur Tronchin à une jeune fille de dix-huit ans, qui descendait lentement au tombeau, Il n’y a que l’application d’un vésicatoire qui puisse vous sauver. 

Mais la jeune et intéressante malade n’y voulait point consentir, et sa mère était au désespoir. Un soir le mal avait redoublé, causé par une toux convulsive qui l’avait beaucoup fatiguée. Tronchin, témoin de ses douleurs et désespéré de son entêtement, voulait se retirer; mais les parents lui proposèrent pour l’arrêter de prendre le thé avec eux, usage qui se pratiquait dans la famille.

DrTheodoreTronchinTronchin accepte, les tasses sont placées sur la table, l’eau est bouillante. Tronchin dit qu’il veut lui-même remplir la théière, Il se lève, prend la cafetière, s’embarrasse à dessein dans un tabouret sur lequel la jeune personne avait les jambes allongées, et il les inonde d’eau bouillante. Toute la famille pousse des cris affreux, la malade s’évanouit. Tronchin feint de se désespérer, de se reprocher sa maladresse, et il sort précipitamment. On accusait cet homme habile d’un abandon cruel; bientôt il rentre muni de ce qu’il faut pour panser les jambes brûlées, il s’en acquitte avec la plus grande promptitude, fait coucher la malade, et en se retirant il dit à la mère:

Votre fille est sauvée, je viens de lui appliquer le vésicatoire qu’elle avait toujours refusé

Grace à cette opération singulière et hardie, la jeune personne se rétablit parfaitement, recouvra tous ses charmes et pardonna au célèbre docteur la violence de son remède.

« Les mille et une anecdotes comiques, calembours, jeux de mots, énigmes, charades … » Passard, Paris, 1854.