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Le Point du Jour

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Tous les gens qui ont visité Paris et ses diverses expositions connaissent le « Point du Jour », la station des bateaux omnibus aux portes de la capitale. Voici l’origine de ce nom, d’après M. Laborde.

Un jour, à Versailles, le marquis de Coigny jouait contre le prince de Dombes, fils du duc du Maine, et perdait tout ce qu’il voulait :

Ma foi, finit par s’écrier le joueur enguigné, il faut être bâtard pour avoir un bonheur pareil.

Le prince sans discontinuer la partie se pencha à l’oreille du marquis

Vous pensez bien que nous allons nous revoir tout à l’heure, n’est-ce pas ?

Où et quand ?

— Mais sur la route, au point du jour.

Un peu après les voitures partent, longeant la Seine. Le jour paraît. On descend sur la berge, et le marquis de Coigny est transpercé d’outre en outre par son adversaire aussi heureux aux armes qu’au jeu.

C’est depuis ce duel que l’endroit où il eut lieu s’appelle le Point du Jour.

« Magazine universel. » Paris, 1903.

Le cannibale

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A Medembick, en Hollande, deux jeunes gens, fils de bourgeois, aimaient la même jeune fille. Ils convinrent de se battre, pour savoir qui aurait le droit de lui faire la cour; ce devait être le vainqueur, cela va sans dire.

Au jour indiqué, la lutte eut lieu. Elle fut affreuse. L’un des combattants mordit l’autre et lui enleva le bout du nez. Il se croyait sûr de la victoire. Pourtant il déchanta très vite. La jeune fille, ayant horreur des cannibales, donna sa main à celui qu’il avait défiguré.

« Le Journal monstre. » Léo Lespès, Paris, 1857. 

Les trois verres de limonade

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Le marquis de Brossat passait par Metz pour rejoindre son régiment; il entra dans un café où d’ordinaire ne se réunissaient que des officiers. Ces messieurs, mécontents de voir un homme sans uniforme au milieu d’eux, résolurent de le mystifier.

Le marquis, ne songeant qu’à se rafraîchir, demande un verre de limonade; on le lui apporte: un des officiers le renverse. Second verre demandé, apporté, renversé; troisième verre demandé, apporté, renversé. Pour le coup, le voyageur se lève :

« Messieurs, dit-il, les bons comptes font les bons amis. J’ai à payer trois verres de limonade; il me faut pour cela la vie de trois d’entre vous. Je me nomme le marquis de Brossat, voilà ma feuille de route. »

A cet appel, les imprudents eurent regret d’avoir ainsi insulté un camarade. Mais l’honneur parle: on va sur le pré. Trois d’entre eux, l’un après l’autre, tombent morts. Cela fait, M. de Brossat essuie son épée, salue les officiers présents et continue sa route.

« Anecdotes. »  Paris, 1850.

Duel

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A la suite d’un différend, M. de S. et le major de cavalerie B. se donnèrent rendez-vous au bois de Boulogne.

Le premier tire, et manque; l’autre, qui se piquait d’adresse au pistolet, ajuste à son tour, vise au cœur, et, surpris de ne pas voir tomber son homme, lui dit avec humeur:

Monsieur n’est pas mort ?
Non, monsieur.
Cela est singulier; quand je tire sur quelqu’un, ordinairement je le tue.

Pendant ce dialogue, le major qui s’était approché aperçoit sur le gilet de son adversaire la marque de la balle, qui paraissait avoir glissé, et il découvre que le coup avait porté sur deux ou trois écus de cinq francs qui se trouvaient dans la poche de M. de S.

— Morbleu, monsieur, s’écria-t-il alors, vous aviez là de l’argent bien placé !

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Règle de voisinage

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Autrefois, quand les propriétaires de deux terrains contigus n’étaient pas d’accord sur le point de contiguïté, le droit de l’un se prouvait à la pointe de l’épée.

« Si deux voisins sont en dispute, disent les capitulaires de Dagobert, qu’on lève un morceau de gazon dans l’endroit contesté, que le juge le porte dans le malle (lieu où se tenaient les assises), que les deux parties, en le touchant de la pointe de leurs épées, prennent Dieu à témoin de leurs prétentions, qu’ils combattent après, et que la victoire décide du bon droit. »

 » Curiosités historiques. » Eugène Muller, Paris, 1897.

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