Eglise

Cola de communion

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pretre.Extrait d’une lettre adressée par le Révérend R. H. Rice, de l’Eglise libérale de Denvers, à une fabrique de Coca-cola, boisson rafraîchissante : 

Monsieur le directeur,

A cette époque de prohibition, vous avez entendu dire qu’en de nombreuses églises on a remplacé le vin de communion par de l’extrait de grappes non fermenté. Nous sommes fiers d’être les premiers à faire usage du coca-cola.

Dimanche dernier, pendant la communion, une grande bannière portant le nom  Coca-Cola fut déployée.

La pureté. la qualité et le goût excellent de votre breuvage justifient l’usage que nous en faisons, et nous espérons que beaucoup d’autres congrégations suivront notre exemple.

« Mercure de France. »  Paris, 1927.
Illustration : montage personnel.

La mer souterraine

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 Eugène-Isabey

Sur plusieurs points de la Haute-Bretagne, on croit que la mer s’avance sous la terre, assez loin des côtes, et y forme des espèces de baies que recouvre une voûte de rochers, quelquefois d’une grande épaisseur, parfois assez mince.

Un jour que la duchesse de Rohan était forcée de passer en carrosse auprès de la source de Gouessan, à 30 kilomètres du rivage, elle ordonna à son cocher de fouetter ses chevaux, parce qu’elle savait que la route traversait un bras de mer souterrain. On dit en Basse-Bretagne que le sol de la péninsule repose sur un océan caché sous la terre ; la source de Coat an Roc’h communique avec lui. On y lança jadis un canard qui reparut, à une semaine de là, dans la rivière de Landevennec, au fond de la rade de Brest.

On raconte des épisodes analogues à propos de divers conduits souterrains des eaux douces, en plusieurs pays de France. Cette croyance à une mer souterraine semble aussi avoir existé en Gascogne, bien que le passage où elle se trouve soit plus obscur que les récits bretons :

Sous l’église bâtie (à Agen) en l’honneur de saint Caprais, il y a la mer. Des mariniers agenais se sont trouvés à passer par là (probablement au-dessous de l’église) à l’heure des vêpres : ils ont entendu la musique de l’orgue et reconnu la voix des enfants de choeur et des chantres.

« Revue des traditions populaires. »  Paris, 1902.
Illustration : Eugène Isabey.

Les mariages de l’Église du monstre de spaghettis volant sont reconnus

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L’Église du monstre de spaghettis volant, un mouvement fondé aux États-Unis, a été autorisée par les autorités néo-zélandaises à célébrer les mariages.

La Nouvelle-Zélande a reconnu officiellement cette Eglise, également nommée « pastafarisme », dont les adeptes portent des passoires sur la tête, adulent les pirates et affirment que l’univers a été créé par un personnage ressemblant à un plat de spaghettis avec des boulettes de viande. Dans une décision datant du 10 décembre, les autorités de Wellington lui ont octroyé le droit légal de célébrer des mariages.

La suite ici…

Un prédicateur rusé

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Un prédicateur célèbre, dont nous avons oublié le nom, était en tournée pastorale et venait de s’arrêter dans la ville de Nîmes. Chaque fois qu’il prêchait à la cathédrale, les fidèles étaient fort émus et toutes les femmes pleuraient.

Sa sainte éloquence lui valut de si grands succès, qu’elle finit par lui attirer bon nombre de dévotes qu’il lui fallait confesser. Dès le matin, le confessionnal était encombré, et le pauvre abbé, au bout de quelques jours, tombait de fatigue ! Il se vit forcé, dès lors, d’écarter ces scrupuleuses pénitentes, et voilà l’idée qui lui vint pour y parvenir :

Le lendemain, il monta en chaire et avertit, dans son sermon, qu’étant très fatigué, il ne pourrait plus confesser désormais que les fidèles qui auraient d’énormes péchés sur la conscience.

L’innocent stratagème lui réussit pleinement. Pour preuve, le lendemain, il ne vint personne au confessionnal.

« L’Album photographique universel. »  Bordeaux, 1865.

Le chien dévot

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Dans une chronique de l’abbaye de Corbie (en Allemagne), on lit l’histoire d’un chien qui était en dévotion. Il écoutait la messe avec recueillement, se levant, s’agenouillant, se prosternant toutes les fois qu’il était nécessaire.

Il observait les jours maigres avec tant de scrupule, que toutes les caresses imaginables ne l’auraient pas décidé à ronger le plus petit os un jour d’abstinence. S’il apercevait quelques chiens prêts à salir les murs de l’église, il courait aussitôt et allait les mordre avec un saint zèle. S’ils aboyaient dans la cour, il ne manquait pas de sortir doucement et les mettre à la raison.

La vie de ce vertueux chien a été publié dans un ouvrage intitulé : Mélanges de l’Académie des curieux de la nature, en 1686…

Les abeilles à la noce

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Cette scène, qu’il est permis de qualifier de piquante, s’est passée dans la petite commune de Roussillon, dans l’Isère.

Au moment où une noce allait pénétrer dans l’église, un essaim d’abeilles l’assaillit. Ce fut une débandade désordonnée, la jeune mariée fuyant la première et cherchant à protéger contre les mouches irritées ce charmant visage que couronnaient des fleurs sans miel. Vaine défense, et autour d’elle la lutte était également pitoyable entre les invités et les mouches importunes.

Une brave femme, prenant le tumulte pour une bagarre, prévint la gendarmerie. Celle-ci accourut, mais dut battre en retraite. Le cortège nuptial réussit enfin à pénétrer dans l’église, dont les portes furent précipitamment closes. Mais quelques abeilles avaient pu suivre leurs victimes et durant la cérémonie un sourd bourdonnement d’orgue se faisait entendre : c’étaient les prisonnières qui cherchaient la clé des champs.1abeille

« Le Petit Journal illustré. »   Paris, 1912.

La confession des huit cents soldats

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Les journaux ont annoncé que la municipalité d’Amiens a fait renverser la croix de la mission plantée par le missionnaire Guyon. Cette croix rappelle une anecdote assez curieuse qui arriva à Amiens lors de son inauguration.

L’abbé Guyon, non content de s’être exercé sur les dévots de la ville, voulut encore sauver les âmes de la garnison. D’accord avec le colonel du régiment, huit cents soldats se confessèrent, communièrent et dînèrent à l’évêché. Mais l’exhortation de Guyon ayant duré trop longtemps, les mets se refroidirent dans les casseroles, et les huit cents soldats furent atteints de coliques violentes. Ces militaires, pris de vin pour la plupart, se livrèrent à des blasphèmes affreux, attribuant leur mal à une autre cause qu’au vert-de-gris. Grande rumeur dans la ville ! mystification pour l’évêque et pour le préfet !

Guyon seul ne se déconcerte point, et propose de recommencer le lendemain ; mais, au lieu de faire dîner les soldats à l’évêché, il veut qu’on donne à chacun d’eux trois francs pour boire à sa santé. La cour royale d’Amiens s’y opposa, et Guyon partit dans une bonne voiture traînée par le peuple jusqu’à une lieue en dehors de la ville, où l’on attela des chevaux de poste.

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Ce Guyon si brillant n’est autre chose qu’un fou ; il est presque Lyonnais, puisqu’il est né à Régnier, petit bourg du département de la Loire, à la montagne de Tarare. Du reste, il n’est pas le seul fou qui soit dans sa famille.

Il prêchait, un dimanche, dans l’église de Perreux, autre bourg du même pays ; il en était au plus fort de ses preuves, lorsqu’on vint l’avertir d’un scandale épouvantable, qui avait lieu à la porte de l’église : une femme disait la bonne aventure aux paysans, et chantait des chansons mondaines. Guyon descend de la chaire, furieux, et court se précipiter sur la bohémienne.

C’était sa sœur !

« Archives curieuses. »  Paris, 1831.