Egypte

Le réveil de Tout-ank-Amon

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Le réveil de Tout-ank-Amon… ou plutôt le réveil de l’activité dans sa tombe déjà si exploitée. On espère que les travaux pourront reprendre le 25 janvier prochain, mais la concession définitive, accordant à M. Howard Carter le droit de diriger les recherches durant cette saison de fouilles et la prochaine, c’est-à-dire jusqu’au mois d’octobre 1926, n’est pas encore signée. Elle ne le sera que quand M. Carter remettra au gouvernement égyptien un document confirmant l’abandon par les héritiers de lord Carnarvon de tout droit sur la tombe.

Le nouvel arrangement reconnaît au gouvernement égyptien la propriété de tous les objets trouvés. Mais les duplicatas pourront être attribués à M. Carter pour des raisons scientifiques, lorsque leur séparation d’avec le reste ne pourra pas affecter la valeur scientifique de la collection.

Maintes gens trouvent que M. Howard Carter ne manque pas de courage, car, après avoir parlé de la mort de lord Carnarvon, on rappelle que le sirdar, misérablement assassiné depuis, fut, l’an dernier, l’un des premiers visiteurs de la célèbre tombe.

L’autre jour, aux obsèques de M. André Tudescq, M. de Lachevrotière rappelait que le défunt était, après lord Nordcliff et M. Maurice Long, le dernier des trois visiteurs de marque des ruines d’Angkor qui, bravant l’interdiction et les malédictions d’un bonze, avaient pénétré près d’une tombe vieille de plusieurs siècles.

Il y a tout de même des coïncidences bien étranges.

« L’Écho annamite. » Saïgon, 1925. 

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Toujours la momie de mauvais augure

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La presse quotidienne et d’actualité s’est beaucoup occupée, il y a quelque années, d’une momie exposée dans le British Museum de Londres et à laquelle on attribuait une influence malheureuse sur tout ce qui avait affaire avec elle. Les journaux français en ont parlé comme les autres, et l’un de nos « psychistes » les plus estimés, occupant une situation sociale élevée, écrivit alors, sous le pseudonyme de Dr. A. Wylm, un ouvrage des plus humoristiques et spirituels : L’Amant de la Momie.

Maintenant, la fameuse momie fait de nouveau parler d’elle. Un petit article publié par Marion Ryan dans le Weekly Dispatch racontait comme quoi, depuis le début de la guerre (1914-1918), les directeurs du British Museum avaient reçu nombre de lettres les suppliant de procéder sans retard à la destruction de la « momie de malheur » à laquelle on attribuait toutes les calamités subies par les alliés.

Interviewé par Marion Ryan, le Dr. Bunch, du British Museum, affirmait que cet établissement n’avait jamais possédé la momie en question, bien que deux momies jouissant d’une réputation sinistre aient été successivement exposées, durant quelques jours, dans le Musée. Le public avait fini par les identifier avec un sarcophage qui appartenait bien au British Museum, mais qui était vide.

Un dame favorablement connue dans les milieux spirites anglais, Mrs. E. Katharine Bates, écrivit dernièrement au Light protestant contre cette version du Dr. Bunch. Elle assure que la « momie de malheur » était bien au Musée, auquel elle a été donnée par. Mr. Douglas Murray, qui en raconta l’histoire à Mrs. K. Bates. Cette histoire est à peu près conforme à celle qu’on avait publiée il y a quelques années :

Mr. Douglas Murray achète la momie en Egypte, mais éprouve aussitôt pour elle une vive aversion. Quelques jours  après, il est blessé d’un coup de feu au bras, qu’on doit lui amputer. Durant le voyage de retour, un de ses compagnons mourut et se produisirent d’autres malheurs que Mr. D. Murray attribua à la « Princesse » égyptienne. Il la céda à une amie, qui la lui rendit, peu après, par suite de diverses calamités qui l’avaient frappée. Un capitaine W… se fit prêter le cercueil pour en copier quelques détails : quelques mois après, il se suicidait. Mr. Murray fit transporter le cercueil chez un photographe. Le voiturier qui fit le transport, se suicida à son tour, peu après. Le photographe mourut d’une façon quelconque, etc. 

Nous sommes convaincus que cette macabre histoire résisterait mal à une enquête approfondie. Mais il est intéressant de constater comment ces croyances si probablement superstitieuses ont des racines même en des pays qu’on considère généralement comme peu portés à les admettre, tel que l’Angleterre.

« Annales des sciences psychiques. » Paris, 1916.
Affiche : « The Mummy » de Karl Freund, avec Boris Karloff. 1932.

Un repas toujours prêt

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Combien sommes-nous petits, combien sommes-nous mesquins, si l’on nous compare, sous quelque rapport que ce soit, aux hommes du siècle antique ! Et pour ne parler ici que de choses appartenant à notre spécialité, où trouverait-on aujourd’hui, même dans le palais des rois, l’équivalent du salon d’Apollon de Lucullus, et des menus du dîner d’Apicius, qui se donna la mort parce qu’il ne lui restait plus à dépenser pour son service de bouche que douze cent mille sesterces par année, c’est-à-dire, à peu près cent mille  écus.

Et pourtant ces deux Gastronomes célèbres eussent encore trouvé à apprendre dans les festins que se donnaient mutuellement Antoine et Cléopâtre. Cette reine d’Égypte et l’illustre guerrier son amant, avaient créé dans leurs loisirs d’Alexandrie la société des Confrères de la vie inimitable. La règle de cette confrérie était de demeurer le jour entier à table, et des prix étaient donnés à ceux qui mangeaient le mieux et le plus longtemps. Quant aux profusions qui régnaient dans ces repas, voici un trait qui pourra donner une idée des autres. C’est Plutarque qui le raconte, et personne n’a jamais mis en doute la véracité de cet historien.

Il raconte donc que le médecin Philotas se trouvant, jeune encore, à Alexandrie, pour y apprendre sa profession, fit connaissance d’un des chefs de cuisine d’Antoine, qui l’engagea à venir voir l’apprêt d’un de ces soupers. Philotas étant entré dans les cuisines, fut grandement surpris d’apercevoir, outre des quantités immenses de viandes de toute espèce, douze énormes sangliers à la broche.

Antoine, dit-il en souriant au chef de cuisine, traite donc aujourd’hui tout le peuple d’Alexandrie ?
— Du tout. Ils ne seront que dix à table. Mais chaque chose doit leur être servie dans une fleur de cuisson qu’un instant de trop est capable de flétrir. Or, il peut arriver qu’Antoine demande son souper
tout à l’heure, ou dans un intervalle assez court, ou enfin qu’il attende plus longtemps, parce que le vin ou quelque sujet de conversation agréable l’aura retenu. C’est pourquoi j’ai ordre de préparer tous les jours non un repas, mais plusieurs, vu que je ne puis pas deviner le moment où l’on se mettra à table.

Que l’on nous cite un second exemple de ce raffinement de gourmandise et de cette incroyable profusion, dans toutes les annales de la Gastronomie moderne, et nous sommes tout prêts à convenir qu’une mauviette est plus grosse qu’un bœuf, et que le Colysée de Rome tiendrait à son aise sous l’arc de triomphe colifichet de la place du Carrousel.

« La Gastronomie. » Paris, 1839.
Peinture : Charles Joseph Natoire.

Gratitude

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Sancho-IV-de-CastillaDon Sanche, second fils d’Alphonse, roi de Castille, étant à Rome, fut proclamé roi d’Egypte par le pape.

Tout le monde applaudit dans le consistoire à cette élection. Entendant le bruit des applaudissements sans en savoir le sujet, le prince demanda à son interprète qui se trouvait à ses pieds de quoi il était question :

Sire, lui dit l’interprète, le pape vient de vous créer roi d’Egypte. 
Il ne faut pas être ingrat, répondit le prince ; lève-toi et proclame le saint-père calife de Bagdad.

« Hier, aujourd’hui, demain. »  Paris, 1923.

Fabrique de momies

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Un industriel d’Alexandrie vient d’être condamné à cinq mois de prison pour avoir fabriqué des momies avec des peaux d’âne soigneusement préparées.

Ces momies étaient étiquetées sous l’appellation d’anciens rois d’Egypte. Tous les Pharaons ont passé par là les uns après les autres. Une fois les rois épuisés, ce fut le tour des grands prêtres.

M. de Rothschild, de Londres, a été, paraît-il, l’une des victimes de ce trop industrieux trafiquant.

« Gazette  littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1891.
Illustration : montage personnel.

Tcheser-Ka-Ra, la momie fatale

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Le British Museum de Londres possède le cercueil de la momie égyptienne de Tcheser-Ka-Ra, grande prêtresse de Amen Ra, divinité du Soleil. Or, ce cercueil a été la cause de nombreux malheurs pour tous ceux qui l’ont approché et de nouveau on signale des méfaits qui lui seraient imputables.

Des deux porteurs chargés de convoyer le fatal sarcophage au musée anglais, l’un mourut dans la même semaine, l’autre se cassa le bras. Enfin, dans le mois où fut installée Tcheser-Ka-Ra sous les vitrines de la salle égyptienne, deux gardiens décédèrent subitement.

On parla beaucoup de cette étrange affaire, et les directeurs du British Museum eurent toutes les peines du monde à trouver des gardiens qui restassent dans le hall. L’un d’eux y consentit; il avait servi en Egypte et savait comment il faut traiter les momies. Il se souvenait du sort d’un de ses officiers qui, s’étant emparé d’un sarcophage sur lequel était écrit : « Celui qui troublera mon sommeil mourra écrasé, » avait ri de cette prédiction en faisant l’esprit fort. Ce même officier était mort peu après, écrasé par un éléphant au cours d’une partie de chasse.

dieux-egyptiens.

Aussi ce gardien du musée affectait-il une grande déférence lorsqu’il parlait de Tcheser-Ka-Ra.

Il faut la traiter poliment, disait-il, et elle ne vous fera pas de mal.

Il avait raison. Un ouvrier d’art anglais, Herbert Browne, récemment chargé de faire une petite réparation au cercueil, se vanta auprès de ses camarades de ne pas croire à « ces histoires de brigand » et paria qu’il donnerait deux coups de marteau sur le haut du sarcophage. Il tint parole et par deux fois tapa sur le bois.

Quelques jours après, sans raison apparente, il tomba paralysé du côté droit.

« Le Véritable almanach du merveilleux. »  Paris, 1913.

 

Les premiers dentistes

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Il y a longtemps qu’on a mal aux dents sur terre. En effet, dans l’ancienne Egypte il y avait des médecins pour les yeux, d’autres pour la tête, d’autres pour les maladies internes, d’autres enfin pour les dents. Cette dernière catégorie de spécialistes avait su profiter des ressources que pouvait fournir un pays où l’art de travailler l’or était très avancé. Dans les molaires d’un grand nombre de momies, il est facile aujourd’hui de constater la présence de ce métal.

Les Étrusques étaient des dentistes plus remarquables encore que les Egyptiens. M. Belzoni rapporte, dans la North American Review, avoir découvert dans plusieurs sarcophages des dents artificielles en bois de sycomore. Ces fausses dents étaient attachées aux dents les plus voisines au moyen d’une ligature faite avec des fils d’or.

dentiste

Un dentiste de Liverpool a, paraît-il, dans sa collection, un râtelier d’or garni de dents humaines qui a été fabriqué par un de ses lointains devanciers de l’Etrurie un millier d’années avant Jésus-Christ.

Les Grecs ont écrit de savants ouvrages sur la dentition. Erasistrate, qui exerçait l’art dentaire à Athènes trois siècles avant l’ère chrétienne, avait offert au temple de Delphes l’instrument dont il se servait pour arracher les dents de ses clients. C’était un instrument en plomb, parce que, suivant la dédicace, « un instrument de plomb suffit pour extraire les dents branlantes et déracinées, les seules qui doivent être sacrifiées. »

« Le Musée universel. »  Paris, 1894.