élection

Outsider

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henri-pate.

M. Henry Paté nourrit, depuis quelques semaines, les plus vastes espoirs. La dégringolade de certains hommes politiques a ouvert, en effet, devant des hommes auxquels on ne pensait pas encore, la route de l’Elysée.

Je sais bien, dit-il, que je ne suis pas un candidat de premier plan. Je ne peux prendre part à la course qu’en qualité d’outsider !

Et avec un sourire :

Mais il ne faut pas blaguer les outsiders… La veille de la course, on est outsider… Et, quand la course est finie, si l’outsider est arrivé en tête, c’est tout de même lui qui est le président de la République. 

« Cyrano : satirique hebdomadaire. »Paris, 1931.

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L’Arche sainte du petit commerce

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jules-breton

Il a été relevé cette expression, d’un lyrisme si touchant, sur une affiche bleue, blanche et rouge, qui conviait, ces jours derniers, le petit commerce, précisément, à des élections consulaires.

Du reste, les signataires de l’affiche dénonçaient avec juste raison les agissements du haut négoce, qui paraît de plus en plus jaloux des trusts américains. L’affiche dont il s’agit rappelle  une circulaire, conçue dans un tout autre esprit et ayant trait à un tout autre objet, qu’on distribuait à Roubaix, il y a quelques années :

Nous venons aujourd’hui faire appel à vous tous, courageux catholiques de Roubaix, pour protester en faveur du rétablissement des processions.

C’est le plus bel acte de foi que vous puissiez faire en faveur de votre Dieu. Pourquoi notre Dieu n’aurait-il pas le droit de traverser librement nos rues, tout aussi bien que le dernier des mécréants ?

Ce sera en même temps un grand acte de charité que vous ferez en faveur du petit commerce, qui souffre tant dans notre ville.

Eloquence de la foi ! C’est textuel.

« Le Penseur. »  Paris, 1901.
Illustration : « Le Pardon de Kergoat. »  Jules Breton.

L’insecte électoral

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barbus

Les magistrats municipaux usaient jadis, en Allemagne, d’un singulier moyen pour choisir leurs chefs. Les échevins de certaines villes, surtout en Westphalie, se plaçaient autour d’une table, de façon à ce que l’extrémité de la barbe de chacun d’eux vînt loucher le dessus de la table. Au beau milieu de cette table, on plaçait un… petit insecte… un pou, puisqu’il faut l’appeler par son nom.

Après avoir erré quelque temps de droite et de gauche, l’insecte, ainsi élevé à la dignité d’électeur, ne manquait pas de se réfugier dans l’une ou l’autre des barbes présentes, et l’heureux possesseur de cette barbe devenait de ce fait consul, c’est-à-dire chef des échevins.

On ne connaît malheureusement pas l’origine, qui doit être curieuse, de ce singulier mode de votation.

« Le Petit Français illustré. » Paris, 1894.   (image d’illustration)