Elisabeth Barret Rothschild

Stricts en affaires

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Rothschild

Un habitant de la Nouvelle-Orléans, en Amérique, de passage à Paris, raconta dernièrement la curieuse anecdote suivante : 

Les Rothschild sont si stricts en affaires qu’ils en paraissent excentriques à quelques Américains. Ils avaient à la Nouvelle-Orléans un correspondant fort honnête homme et très habile en affaires. A une certaine époque, ils télégraphièrent à ce correspondant de vendre les valeurs sur le coton. Lui, devinant une hausse très prochaine, ne vendit pas sur le moment, mais quatre jours plus tard. Comme conséquence, il faisait un bénéfice net de 200 000 francs.

Joyeux, attendant des compliments et des félicitations, il envoya l’argent et expliqua ce qu’il avait fait, Mais par retour du courrier il reçut cette courte note, qui accompagnait les 200 000francs.

« Cet argent gagné en n’accomplissant pas nos ordres est à vous et non à nous. Gardez-le, M. Ranek, votre successeur, sera à la Nouvelle-Orléans aujourd’hui. »

« Le Magasin pittoresque. »  Paris, 1908.

Les petits passagers du Titanic

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En 1912, quand le luxueux paquebot Titanic largua les amarres pour entamer sa première traversée de l’Atlantique, beaucoup de passagers avaient emmené avec eux leurs animaux de compagnie. On comptait au moins neuf chiens à bord pour lesquels les propriétaires avaient payé demi-tarif. Autant dire que seuls des passagers de première classe s’étaient offerts le luxe d’emmener leur chien avec eux.

Le 15 avril, le tragique destin de ce paquebot légendaire voulut qu’il heurta un iceberg et sombra. Dans la mesure où plus de deux mille personnes se disputaient l’accès aux rares canots de sauvetage, on aurait pu penser que le sort des animaux du bord serait apparu comme de peu d’importance. Et pourtant, Miss Margaret Hays de New York prit son loulou de Poméranie avec elle dans le canot n°7. Henry Sleeper Harper, de la famille du grand éditeur, emmena son pékinois Sun Yat Sen dans le canot n°3. Un spécialiste du naufrage du Titanic, Marty Crisp, pense qu’un troisième chien aurait survécu à la catastrophe en suggérant qu’Elisabeth Barret Rothschild, la femme du magnat du cuir Martin Rothschild qui lui-même y laissa la vie, embarqua avec son loulou dans le canot n°6. 

Tous les animaux de compagnie qui se trouvaient sur le paquebot n’ont pas eu cette chance, malheureusement. Le magnat de l’immobilier, le colonel John Jacob Astor, réussit à faire évacuer son épouse qui était enceinte mais lui-même, son airedale Kitty et un autre chien ne survécurent pas. Le banquier Robert Williams Daniel fut remonté à bord d’un canot tandis que le paquebot s’enfonçait dans les flots. On repéra son bouledogue en train de nager mais l’homme et le chien ne furent jamais réunis.

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D’après la légende du Titanic, le paquebot possédait aussi une mascotte qui appartenait au premier  officier: un terre-neuve du nom de Rigel. Un article de journal de l’époque a révélé que Rigel serait parvenu à surnager environ trois heures, espérant que son maître referait surface et, ce faisant, il aurait empêché le canot n°4 de chavirer après avoir été percuté par le Carpathia qui s’était porté au secours des passagers. Mais la question reste ouverte, certaines personnes prétendant que Rigel n’a jamais existé. Dans les eaux glacées, les gens mouraient de froid en moins de dix minutes, aussi aurait-il été impossible qu’un terre-neuve survécût aussi longtemps, malgré sa fourrure et ses aptitudes exceptionnelles dans l’eau. 

« Petite anthologie du chien. » J.A. Wines, Le pré aux clercs.