Emile Augier

Les pipes d’Augier 

Publié le Mis à jour le

emile-augierLa Comédie-Française reprend le Fils de Giboyer, une des œuvres les plus fortes du répertoire. A la matinée à bénéfice qui fut donnée hier, un de nos plus érudits auteurs dramatiques nous racontait l’anecdote suivante : 

Lorsqu’il écrivit cette comédie, Emile Augier, avant de se mettre au travail, chargeait douze pipes qu’il achevait en un clin d’œil. Avant de fumer la dernière, sa langue était à vif et il était obligé de se la graisser avec du beurre qu’il avait toujours dans un petit pot près de lui. 

Il paraît ajouta notre anecdotier que, plus tard, privé de tabac, de par la Faculté (médecine), il se surprit à suivre sur le boulevard un monsieur fumant un bon cigare, comme on suit une jolie femme, fruit défendu...

 « L’Humanité. » Paris/Saint-Denis, 1905.

Publicités

Un mot d’Emile Augier

Publié le Mis à jour le

emile-augier

Emile Augier, membre de l’Académie française et l’auteur de tant de pièces applaudies, ne pouvait pas souffrir ces journalistes, appelés reporters, qui s’introduisent auprès des gens en renom pour les questionner jusqu’à l’indiscrétion sur leur famille, sur leur passé, sur leurs habitudes, etc. 

L’un d’eux se présente un jour chez lui. Augier le fait asseoir. Aussitôt le journaliste, tirant de sa poche un carnet et un crayon, se prépare à noter les confidences qu’on va lui faire. 

Augier fait mine de se recueillir, puis tout à coup : 

Je suis né à Valence, en 1820, dit-il. Depuis lors… il ne m’est rien arrivé.