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Superstitions

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Les anciens attachaient des idées superstitieuses à l’intempérie des saisons. Ainsi, les Hérules massacraient leur roi quand des pluies détruisaient les biens de la terre.

« Six choses, disent les anciennes lois d’Irlande, témoignent de l’indignité d’un roi : opposition illégale dans le conseil, infraction aux lois, disette, stérilité des vaches, pourriture du fruit, pourriture du grain mis en terre. Ce sont là six flambeaux allumés pour faire voir le mauvais gouvernement d’un roi. » 

L’historien espagnol Antonio de Solís y Ribadeneyra raconte que lorsque l’empereur du Mexique montait sur son trône, on lui faisait jurer que, pendant son règne, les pluies auraient lieu suivant les saisons, qu’il n’y aurait ni débordement des eaux, ni stérilité de la terre, ni maligne influence du soleil.

En Chine, c’est aussi une maxime reçue que, si l’année est bonne, c’est que l’empereur est béni du ciel, et ses sujets lui en tiennent compte. Mais il court grand risque d’être détrôné s’il survient quelque tremblement de terre ou une suite d’inondations ou d’incendies, car alors on croit, voir un arrêt du ciel dans ces désastres.

« L’Impartial. » Djidjelli, 1931.

L’empereur Dom Pedro

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M. R.-K. Beer raconte dans le Sun de Baltimore une anecdote qui jette une curieuse lumière sur la physionomie à tous égards si intéressante et si sympathique de l’empereur Dom Pedro.

Le souverain le plus philanthrope qui ait jamais tenu un sceptre voulait bâtir dans sa capitale un hôpital modèle. Malheureusement les ressources dont il pouvait disposer ne répondaient pas à ses bonnes intentions. Les maigres revenus de la cassette impériale étaient absorbés d’avance, le budget de l’Etat, le budget de la province, le budget municipal étaient en déficit, et tant d’emprunts avaient été contractés pour des gaspillages de toutes sortes qu’il ne fallait pas songer à demander aux assemblées grandes et petites de l’argent pour une entreprise utile.

L’Empereur fit appel à la charité des riches Brésiliens : une souscription fut  ouverte, pas un milreis ne fut apporté au trésorier de l’oeuvre.

Pour réparer cet échec, Dom Pedro prit un parti héroïque. Il se mit à vendre des décorations. Aussitôt des demandes affluèrent de toutes parts. Une pluie de Croix-du-Sud, de Croix-de-la-Rose, de Croix-du-Christ, de Saint-Benoît-d’Avis et de Saint-Théodoric s’abattit sur les boutonnières des planteurs, des financiers et des industriels assez riches pour donner à prix d’argent carrière à une passion également répandue dans l’ancien et le nouveau monde.

Quelques décamètres de rubans de toutes les couleurs auraient probablement suffi pour payer la construction de l’hôpital, mais ce n’était pas assez d’assurer le présent, il fallait songer à l’avenir de l’entreprise. L’Empereur donna de l’extension à son commerce : tout Brésilien millionnaire dont les antécédents n’étaient entachés d’aucun souvenir rédhibitoire put devenir, à son gré, comte, vicomte ou baron, suivant la quotité de l’offrande qu’il jugeait à propos d’inscrire sur la liste de souscription.

Ce n’était pas de la noblesse d’épée ou de robe, c’était de la noblesse d’hôpital. La nouvelle féodalité créée de toutes pièces par Dom Pedro ne se distinguait de l’ancienne que par une seule restriction : les héritiers des titres acquis à beaux deniers comptants ne devaient avoir dans la suite le droit de les porter qu’à la condition de verser au profit de l’oeuvre une somme égale au prix d’achat consigné dans l’acte d’investiture.

Grâce à ces combinaisons ingénieuses qui assuraient à la fois le présent et l’avenir de l’oeuvre, il fut possible à l’Empereur de construire, non pas un hôpital, mais un véritable palais pour les pauvres et les malades de sa capitale.

La Révolution n’a pas encore eu le temps d’effacer l’inscription que le souverain a fait graver sur le fronton de l’édifice : 

VANITAS HUMANA — MISERIE HUMANE 

Cette anecdote fait peut-être plus d’honneur à la générosité du philanthrope qu’à la sagesse de l’homme d’Etat.

G. Labadie-Lagrave. « Journal du dimanche. » Paris, 1896.

Choix chinois

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On décapite ferme en Chine !

Plusieurs officiers de marine convaincus d’avoir « lâché le pont » devant les Japonais sont condamnés à des peines variées, telles que empoisonnement, suicide, strangulation, décapitation, dont le choix leur est généreusement laissé.

Comme il n’est question que de leur mort, là dedans, le choix importe peu. Néanmoins il paraît que c’est la décapitation qui est le plus  « recherché » des modes proposés. Il parait de plus que toutes les condamnations capitales doivent être sanctionnées par l’Empereur, qui, avant de les examiner, jeûne pendant trois jours.

A en juger par la situation, il est à peu près probable que le malheureux Fils du Ciel ne pourra pas manger avant l’année prochaine.

« Le Journal amusant. »  Paris, 1894.

L’empereur de Chine en balade

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On n’est pas Fils du Ciel pour cheminer sur la terre comme un simple mortel. Voici comment l’empereur de Chine se promène, notamment quand il va visiter, comme, il l’a fait dernièrement, les tombeaux de son impériale famille.

Le Fils du Ciel a fait le voyage dans un palanquin à seize porteurs. (Qu’est-ce que le vulgaire attelage à six ou à huit… chevaux des monarques européens auprès de cela !) Parmi les nombreux personnages de la suite, on remarquait les présidents des treize ministères, qui seuls étaient autorisés à se servir de chaises à porteurs. L’escorte particulière de l’empereur se composait de cinquante cavaliers. En sortant du palais, le cortège s’engagea sur une route nivelée pour la circonstance avec un soin admirable.

Selon le cérémonial en usage en Chine, défense avait été faite à la population de paraître dans les rues au moment du passage de l’empereur. Mais les humbles sujets avaient percé des petits trous dans les murs de leurs maisons, afin de pouvoir contempler les traits du Fils du Ciel et de l’impératrice régente.

Lorsque l’immense procession arriva dans la campagne, la consigne devint moins sévère : on permit aux paysans d’assister au passage du cortège, mais tous devaient s’agenouiller a une vingtaine de mètres de l’empereur.

« La Revue des journaux et des livres. »  Paris, 1885.