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La cour des Grands Hommes

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louis-philippeCroirait-on qu’un certain nombre de statues des généraux de la Révolution et des maréchaux de l’Empire, qui décorent la cour d’honneur de Versailles sont truquées ?

Lorsque Louis-Philippe eut décidé de dédier Versailles « à toutes les gloires de France », il s’en alla visiter le dépôt des marbres, espérant y trouver quelques statues de guerriers illustres, propres à figurer dans la cour du Palais. Or, il n’y trouva que les statues des généraux Colbert, Despagnes, Roussel, commandées par Napoléon 1er. Le roi trouva que les uniformes étaient très bien, mais que les personnages n’étaient pas suffisamment célèbres, c’est pourquoi il acheta à bas prix tout le stock des généraux, moins les têtes.

On éleva sur les socles les statues ainsi décapitées, et l’on commanda d’autre part, les têtes de Masséna, Lanne, Jourdan, etc. Il ne restait plus qu’à raccorder ces têtes aux troncs et à graver une inscription sur le socle.

Il faut de l’économie en tout !

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Potemkin

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général-Potemkin

La triste aventure de ce cuirassé russe au nom célèbre remet en lumière la figure très curieuse du général Potemkin, qui fut le favori de l’impératrice Catherine II.

Il était très beau, très brave, mais non moins adroit. Et, dès que Catherine eût arraché la couronne à la faiblesse de son époux Pierre III, il devint… ou feignit de devenir éperdument amoureux de sa souveraine. Le comte Orloff, qui régnait alors sur elle, crut s’en débarrasser en l’envoyant guerroyer contre les Turcs. Il se battit bravement, revint couvert de gloire, et, dès lors, sa faveur fut considérable. Il fut nommé prince, feld-maréchal, commandant en chef de toutes les armées, grand amiral, premier ministre, gouverneur de ceci, de cela, grand hetman des cosaques, etc. Il avait la puissance d’un souverain.

Il s’en montra digne par son ambition pour l’empire russe, accomplit la conquête de la Crimée, provoqua la guerre contre les Turcs à laquelle il s’était préparé longuement par l’organisation d’une puissante armée… Que nous sommes loin de ce temps-là !…

Il était devenu si puissant qu’un nouveau favori, Zoubof, essaya de le détruire auprès de Catherine. On le gêna alors beaucoup dans ses entreprises contre les Turcs, et il dut revenir à la Cour pour défendre ses projets. Comme il regagnait son armée, il fut pris en route d’un mal foudroyant : il expira au pied d’un arbre dans une vaste solitude. On supposa qu’il avait dû être empoisonné.

Si on a pu lui reprocher une vie de barbare, un goût effroyable pour le luxe et le désordre sous toutes ses formes, ainsi qu’un caractère passionnément sanguinaire, on ne saurait oublier qu’il fut un homme d’Etat remarquable, un général hardi et qu’il contribua considérablement à la grandeur du règne de Catherine II.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire. »  Paris, 1905.