en grande pompe

2723 fiancés pour une demoiselle

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prétendantsL’Amérique est le pays des choses étonnantes. Après les rois de l’acier, du pétrole, des chemins de fer, l’agent matrimonial Edward Scott, de Chicago, aurait le droit de s’appeler le roi des marieurs. Qu’on en juge :

Une demoiselle d Boston, miss Mulier, possédant la jolie dot de 18 millions, avait chargé l’agence de lui trouver un mari. On devine aisément que les candidats ne firent pas défaut. Bien au contraire, lorsqu’il se fut agi de les présenter à la jeune Américaine, leur nombre atteignait le chiffre fantastique de 2723. Et miss Mulier déclara qu’elle voulait les voir avant de se décider.

Si vastes que fussent les locaux de l’agence, il était difficile d’y réunir ce peuple d’aspirants aux joies matrimoniales. On tourna la difficulté comme suit :

Les prétendants à la main de miss Mulier furent invités à se trouver un certain jour et à une heure déterminés sur les bords du lac Michigan. Ils furent placés en ligne et la jeune personne passa la revue de ce singulier régiment.

Jamais on n’avait encore vu cela à Chicago.

Le choix de la riche prétendue s’arrêta sur un jeune clerc (employé de bureau) de Saint-Louis, M. Harry Watson, et quelque temps après le mariage était célébré en grande pompe.

« La Jeunesse moderne. » Paris, 22 octobre 1904.