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Les tyrans

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Les éducateurs se plaignent vivement de la crise de l’autorité paternelle… et maternelle. L’enfant est devenu un roi, et même un tyran dans trop de foyers. bien des parents oublient que la vraie tendresse ne vas pas sans fermeté. C’est à ce propos que le colonel de Grentz disait plaisamment à M. Joseph Ageorges :

Je n’ai jamais goûté, à une aile de poulet, parce que, lorsque j’étais enfant, les parents gardaient pour eux les meilleurs morceaux et parce que, depuis que j’ai atteint l’âge d’homme, on les donne aux enfants.

Le père Noël existe…

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Un sénateur du Kansas, M. Robinson, est l’auteur d’un projet de loi qui rend passible d’une amende de trois mille francs les pères de famille qui révéleraient à leurs mioches que le père Noël n’existe pas.

Les légendes sont indispensables au bonheur des enfants, dit M. Robinson, les en priver devient un véritable crime.

M. Robinson a bien raison. Laissons à nos enfants leurs illusions, le plus longtemps possible. Ils connaîtront toujours assez tôt les tristes réalités de la vie.

« Nos lectures chez soi. » Paris, 1911.

Une légende

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Je vous propose une jolie légende anglaise pour apprendre aux enfants pourquoi le mois de février n’a que vingt huit ou vingt neuf jours.

Février était au commencement du monde, un joueur enragé et pas veinard. Un jour qu’il s’était ruiné, il voulut, comme on dit au cercle, courir après son argent. Mais comme il n’en avait plus, il ne trouva rien de mieux a proposer à ses partenaires habituels que de leur céder un de ses jours. Janvier et Mars qui, en qualité de voisins les plus proches, étaient les partenaires en question, acceptèrent l’enjeu.

Février perdit la partie, comme toujours… et paya.

Et voilà pourquoi Janvier et Mars ont chacun trente et un jours, tandis que le pauvre février n’en a que vingt huit aux années ordinaires et vingt neuf aux années bissextiles.

Etalages

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On raconte que Lamartine, contemplant un jour, aux approches de Pâques, avec un de ses amis, les étalages des confiseurs et des joailliers, ne pouvait s’empêcher de songer aux tristesses des pauvres enfants, qu’il voyait là, demandant un petit sou, et s’arrêtant devant ces étalages superbes, sans pouvoir se promettre le plus modeste de ces oeufs exposés.

Par un de ces élans qu’on explique, Lamartine entre dans le magasin et témoigne de sa prodigieuse libéralité : il jette quelques pièces d’or sur le comptoir, prend une corbeille d’oeufs de Pâques et la distribue lui-même à tous les enfants que l’excès de joie rendait muets, et comme son ami semblait  lui reprocher cette prodigalité : 

Que Dieu me pardonne, dit-il, ainsi qu’à ma mère, qui m’a toujours appris que faire des heureux était la plus douce des jouissances !

« Le Messager de l’Ouest. » Bel-Abbès, 1894.

Pauvres gardiens des squares

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Vous vous figurez qu’ils n’ont rien à faire et que c’est une sinécure que de se promener l’épée au côté au milieu des bambins, de leurs bonnes et des tourlourous.

C’est, tout de même, de la besogne assez dure, que d’être présent dans un square de sept heures du matin à onze heures du soir en ce moment. Et les gardiens des squares demandent, comme la généralité des employés de la Ville, d’être gratifiés d’une journée de repos hebdomadaire.

La pétition a été signée par divers conseillers municipaux . On aurait dû la faire signer aussi par les bambins : eux auraient demandé le repos complet pour les gardes… Et c’est alors qu’on s’en serait donné sur les plates-bandes !

« Touche-à-tout : revue hebdomadaire. »  Paris, 1904.

Statistique des jouets d’enfants

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A Paris, il se fait, par an, pour 1,208,950 fr. de poupées, et les jouets militaires, fusils, sabres, canons, tambours, ne représentent qu’une somme de 757,764 fr.

Ce qui prouve qu’il en coûte plus cher pour amuser les petites filles que les petits garçons; ou que les petites filles jouent encore à la poupée quand elles cessent d’être petites filles; ou bien encore qu’il reste plus de poupées sur le champ de bataille que de canons, de sabres et de fusils, après une campagne sous le soleil de la Petite-Provence. Il est vrai que le petit garçon se rattrape sur les bilboquets, les toupies et les quilles, et qu’il ne s’en fabrique pas pour moins de 50 ou 40,000 fr. par an. En 1848, le tambour fut en hausse; il s’en vendit pour 54,700 fr. C’était une époque tapageuse, mais il ne fallut qu’un coup de baguette pour crever tous ces tambours-là.

Aujourd’hui, à quel jeu jouent nos enfants ? Le Moniteur, après avoir passé en revue tous les jeux qui furent successivement à la mode, depuis la sarbacane et le bilboquet des mignons de Henri III, sans oublier les pantins de 1747, l’émigrette du Directoire, le diable de 1812, arrive à l’époque des pistolets pneumatiques, dont il fallut fabriquer une telle quantité, que le zinc en renchérit tout à coup; puis aux toupies de cuivre, puis aux parachutes en papier et en mousseline qui comptèrent pour 300,000 fr dans les recettes des fabricants de jouets d’enfants.

Aujourd’hui, ajoute M. Edouard Fournier qui nous fait cette amusante énumération, ces chances de vogue sont moins grandes pour les jouets, et quand elles arrivent, elles ne peuvent plus s’étendre sur une aussi grande échelle. Les gens du monde, beaucoup trop affairés, ne se mettent plus de la partie, comme en ce bon temps d’oisiveté qui vit fleurir la mode des bilboquets et des pantins. On laisse le hochet aux enfants.

M. E. Fournier voit les choses de la bimbeloterie bien en noir. Qu’il se rassure, les pantins et les bilboquets n’ont pas cessé d’être à la mode, et les toupies creuses qui tournoient en bourdonnant se heurtant de tous côtés et tout à coup meurent et se taisent, n’ont pas encore dit leur dernier mot.

« Encyclopédie populaire : journal de tout le monde… »  Sous la direction de M. l’abbé Mullois  Paris, 1856.
Dessin
:Firmin Bouisset.

Ghetto kids

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