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Pauvres gardiens des squares

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Vous vous figurez qu’ils n’ont rien à faire et que c’est une sinécure que de se promener l’épée au côté au milieu des bambins, de leurs bonnes et des tourlourous.

C’est, tout de même, de la besogne assez dure, que d’être présent dans un square de sept heures du matin à onze heures du soir en ce moment. Et les gardiens des squares demandent, comme la généralité des employés de la Ville, d’être gratifiés d’une journée de repos hebdomadaire.

La pétition a été signée par divers conseillers municipaux . On aurait dû la faire signer aussi par les bambins : eux auraient demandé le repos complet pour les gardes… Et c’est alors qu’on s’en serait donné sur les plates-bandes !

« Touche-à-tout : revue hebdomadaire. »  Paris, 1904.

Statistique des jouets d’enfants

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A Paris, il se fait, par an, pour 1,208,950 fr. de poupées, et les jouets militaires, fusils, sabres, canons, tambours, ne représentent qu’une somme de 757,764 fr.

Ce qui prouve qu’il en coûte plus cher pour amuser les petites filles que les petits garçons; ou que les petites filles jouent encore à la poupée quand elles cessent d’être petites filles; ou bien encore qu’il reste plus de poupées sur le champ de bataille que de canons, de sabres et de fusils, après une campagne sous le soleil de la Petite-Provence. Il est vrai que le petit garçon se rattrape sur les bilboquets, les toupies et les quilles, et qu’il ne s’en fabrique pas pour moins de 50 ou 40,000 fr. par an. En 1848, le tambour fut en hausse; il s’en vendit pour 54,700 fr. C’était une époque tapageuse, mais il ne fallut qu’un coup de baguette pour crever tous ces tambours-là.

Aujourd’hui, à quel jeu jouent nos enfants ? Le Moniteur, après avoir passé en revue tous les jeux qui furent successivement à la mode, depuis la sarbacane et le bilboquet des mignons de Henri III, sans oublier les pantins de 1747, l’émigrette du Directoire, le diable de 1812, arrive à l’époque des pistolets pneumatiques, dont il fallut fabriquer une telle quantité, que le zinc en renchérit tout à coup; puis aux toupies de cuivre, puis aux parachutes en papier et en mousseline qui comptèrent pour 300,000 fr dans les recettes des fabricants de jouets d’enfants.

Aujourd’hui, ajoute M. Edouard Fournier qui nous fait cette amusante énumération, ces chances de vogue sont moins grandes pour les jouets, et quand elles arrivent, elles ne peuvent plus s’étendre sur une aussi grande échelle. Les gens du monde, beaucoup trop affairés, ne se mettent plus de la partie, comme en ce bon temps d’oisiveté qui vit fleurir la mode des bilboquets et des pantins. On laisse le hochet aux enfants.

M. E. Fournier voit les choses de la bimbeloterie bien en noir. Qu’il se rassure, les pantins et les bilboquets n’ont pas cessé d’être à la mode, et les toupies creuses qui tournoient en bourdonnant se heurtant de tous côtés et tout à coup meurent et se taisent, n’ont pas encore dit leur dernier mot.

« Encyclopédie populaire : journal de tout le monde… »  Sous la direction de M. l’abbé Mullois  Paris, 1856.
Dessin
:Firmin Bouisset.

Ghetto kids

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Réforme de l’orthographe

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La question de la réforme de l’orthographe a pris une certaine importance depuis quelque temps. L’un des promoteurs les plus actifs de cette réforme est certainement M. Barès qui y consacre depuis nombre d’années son temps et son argent. Voulant donner une forme pratique aux principes qu’il défend, M. Barès a fait une grammaire résumant les règles qui lui paraissent devoir constituer la structure de notre idiome écrit et parlé.

On le voit, c’est une révolution ayant pour conséquence la transformation de notre langue, révolution qui ferait que nos enfants liraient difficilement Racine, Bossuet, Victor Hugo et Lamartine. Tout en reconnaissant qu’avec les siècles une langue se modifie et que la nôtre peut être simplifiée, et tout en admirant la persévérance avec laquelle M. Barès poursuit la campagne qu’il a commencée, nous pensons que les lettrés conserveront longtemps encore une forme de langage qui a produit tant de chefs-d’œuvre.

La simplification de l’orthographe sera l’œuvre du temps et nous ne pensons même pas que le décret de M. Leygues puisse en hâter l’accomplissement.

« La Revue scientifique du Limousin. »  Musée national Adrien Dubouché, Limoges, 1899. 
Illustration : Benjamin Rabier. 

Désinfectez les livres d’études

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Albert-Anker

On a donné l’exemple à Nancy où, déjà l’année dernière, une étuve à désinfection fut mise au service de la Bibliothèque municipale et de certaines formations scolaires.

Le docteur Roubinovitch adresse aux autorités un pressant appel pour que tous les livres d’études mis entre les mains des enfants et qu’on se repasse d’une année à l’autre soient passés à l’étuve. Il y va de la santé des gosses des écoles et de celle aussi des élèves de nos lycées.

A l’étuve donc, tous les manuels, atlas, brochures, livres d’histoire ou de mathématiques que tous les enfants de France sont appelés à manipuler.

Sans compter que souvent ils s’endorment dessus.

Purifiez donc ces oreillers !

« Comoedia. »  Paris, 1927.
 Illustration : Albert Anker.

Un aventurier précoce

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Grant-Wood

L’Amérique endigue sévèrement l’immigration. Les enfants n’en savent rien. Hantés par les lectures de ces vieux romans d’aventure où l’on voyait les pépites surgir sous les pas des explorateurs, et pervertis par les conversations des aînés qui leur représentent le nouveau monde comme le réceptacle de tout l’or monnayé du vieux continent, ils rêvent de plus en plus de s’expatrier vers le pays fabuleux où, théoriquement, la vie devrait être dorée sur tranche comme un livre de Noël.

Et c’est ainsi que le petit apprenti tisseur de 13 ans Charles Marc quitta la maison paternelle du 52, rue de Turenne, à Calais, et vint tout d’abord à Paris se familiariser avec l’atmosphère des grandes villes avant de s’embarquer au Havre à destination de New York. Ne doutant point de son étoile, comme tous les aventuriers de race, il ne s’était muni, pour tout viatique, que de la somme de 8 francs et d’une boite de sardines. Mais il s’était armé d’importance. Pensez donc !… un vieux pistolet, une fronde et un piège à moineaux, tout ce qu’il faut pour affronter les pirates de la savane et les grands fauves.

Errant, la nuit dernière, rue de Chabrol, le conquistador en herbe fut abordé par un agent de ronde qui souffla fort paternellement sur son rêve et le confia à M. Garnier, commissaire de police de la Porte Saint-Denis. Et Charles Marc, déjà revenu de l’aventure, attend au Dépôt que ses parents viennent le reprendre et le rendre à son métier.

Restez en France, petits gars aventureux, car c’est l’élan de vos forces neuves qui lui restituera, tôt ou tard, tout son bel or exilé !

« Le Matin : derniers télégrammes de la nuit. »  Paris, 1925.
Illustration (extrait) : Grant Wood. 

Drame sentimental

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Benjamin Rabier. 1912.