enquête

Cas d’espèce

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Un de nos confrères ayant posé cette question d’enquête : « Que préférez-vous chez l’homme: l’intelligence ou la beauté ? » la majorité des lectrices a répondu  « l’intelligence ». A ce propos, M. Léon Bancal écrit dans le Petit Marseillais :

Si, au lieu de mettre ses lectrices en face de deux abstractions, le même journal leur donnait à choisir entre deux hommes : tenez, entre Rudolph Valentino et Charles Rappoport, par exemple, pensez-vous que le résultat demeurerait le même ? Pourtant, la question n’aurait pas changé. M. Rudolph Valentino, à en juger par l’avidité avec laquelle tant de femmes, jeunes et moins jeunes, contemplent ses traits sur les écrans ou dans les gazettes cinématographiques, peut être considéré comme le type du « bel homme ». Quant à M. Rappoport, nul n’ignore quelle vaste intelligence et quel esprit aiguisé se cachent dans sa barbe socratique et derrière sa face de Kalmouk à lunettes.

J’ai pris ces deux hommes pour montrer combien cette enquête était vaine, car il se peut fort bien que M. Valentino ne soit pas dépourvu d’intelligence et que M. Rappoport ne manque pas d’une certaine beauté. Tout est relatif, c’est une vérité que M. Tout-le-Monde découvrait bien avant M. Einstein.

Les hommes, qu’ils soient beaux, bêtes, intelligents ou hideux, peuvent dormir tranquilles. Rien n’est changé dans le cœur des femmes.

« L’Homme libre. » Paris, 1924.

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La circulaire de Courteline

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Voici un détail amusant sur la personnalité de Georges Courteline qui vient d’entrer à l’Académie Goncourt : Courteline ne répond jamais aux demandes d’enquête sur des questions littéraires, artistiques, politiques ou sur n’importe quel sujet, que lui adressent les revues ou les journaux, ou plutôt il y répond d’une façon originale. Il a fait imprimer des circulaires ainsi disposées :

Au coin de gauche, la mention suivante : « Cabinet de G. Courteline », puis, au-dessous, cette autre : « Centralisation des interviews. — N°… » et, enfin, le texte que voici :

Monsieur et cher confrère,

En réponse à votre lettre du……, par laquelle vous voulez bien me demander mon avis sur …….., j’ai l’honneur de vous informer que je m’en fous complètement.

Dans l’espoir que la présente vous trouvera de même, je vous prie d’agréer, Monsieur et cher confrère, l’assurance de mes sentiments les plus dévoués.

Pour M. G. Courteline :
Le Centralisateur général,
Signé : (Illisible) 

Un de nos confrères hebdomadaires qui vient de recevoir cette circulaire imprévue n’en est pas encore revenu.

« La Revue limousine : revue régionale. »  Limoges, 1926.
Illustration :  Georges Courteline : photographie de presse. Agence Meurisse

Mendicité industrielle

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Le préfet de police a résolu de mettre fin a l’exploitation organisée par les mendiants à Paris.

Les commissaires de police ont reçu l’ordre de se livrer à une enquête sur ces industriels et d’en faire le recensement. A la suite de cette enquête, les mendiants signalés seront
divisés en deux catégories : les « intéressants », qui seront placés dans les asiles et les dépôts de mendicité, et les « non intéressants », dont on s’efforcera d’amener la disparition par tous les moyens possibles.

« La Revue des journaux et des livres. »  Paris, 1887.
Illustration : « Les mendiants » d’après Boucher; gravé par Watteau. Service de documentation photographique de la Réunion des musées nationaux.