Enrico Caruso

Illusion d’acoustique

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Un jour, à Chicago, on donnait Paillasse de Ruggero Leoncavallo avec le célèbre ténor Enrico Caruso.

Le premier acte fut pour Caruso un triomphe avec ovations délirantes et quelques centaines de rappels. Alors l’artiste voulut mettre à l’épreuve la compétence musicale de ses auditeurs. Au deuxième tableau, le second ténor (Beppo) chante une sérénade derrière la coulisse. Caruso pria son collègue Albert Reiss de lui laisser chanter la sérénade et il la détailla de cette même voix douce et colorée qui venait de lui valoir tant d’applaudissements, mais le public écouta de cette même oreille indifférente qu’il prêtait habituellement au chant de Reiss.

Un critique influent affecta de sommeiller. On causait dans les loges, et du haut des galeries une voix cria :

« Assez de Reiss !… Caruso ! Caruso ! »

Le ténor Reiss eut du moins la consolation de s’apercevoir que son glorieux rival pouvait parfois n’être pas mieux traité que lui. 

« Revue musicale de Lyon. » Lyon, 1905.
Illustration : Mario Lanza / capture écran YouTube.

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Une voix d’or

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Je vais vous conter une histoire qui ne semble pas très vraie, qui est pour le moins très exagérée. Mais quand je vous aurai dit qu’elle vient d’Amérique, vous mettrez vous-même les choses au point.

Le ténor Caruso assistait en simple spectateur à une représentation du New-Fields Théâtre à New-York. A la fin du premier acte, un commissionnaire vint lui remettre une lettre : le chanteur italien quitte aussitôt le théâtre, monte dans une automobile qui l’attendait devant le perron et moins d’une heure après il revenait prendre sa place dans la loge.

Il était allé chanter pendant trois quarts d’heure chez le milliardaire James Smith et avait reçu comme cachet 3.000 dollars, soit 15.000 fr. !

Comment les jeunes élèves du Conservatoire n’auraient-ils pas la tête un peu bouleversée par de tels racontars !

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.