épée

La théorie du mousquet

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soldats-mousquets

« La théorie » est ce petit livre bleu, cartonné toujours, remanié sans cesse, mis au courant par une commission spéciale d’officiers. La première théorie connue est celle du mousquet et qui est la suivante : 

« 1, portez la main au mousquet; 2, haut le mousquet; 3, joignez la main gauche au mousquet; 4, pressez la mèche; 5, mettez-la sur le serpentin; 6, compassez la mèche; 7, mettez les deux doigts sur le bassinet; 8, soufflez la mèche; 9, en joue; 10, tirez ; 11, retirez vos armes; 12, reprenez la mèche; 13, remettez-la en son lieu; 14, soufflez sur le bassinet; 15, mettez le poulvérin; 16, amorcez; 17, fermez le bassinet; 18, soufflez sur le bassinet; 19, passez le mousquet du côté de l’épée; 20, prenez le fourniment (étui contenant une cartouche); 21, mettez-le dans le canon ; 22, laisser tomber la poudre dans le canon; 23, remettez le fourniment en son lieu; 24 tirez la baguette; 25, haut la baguette; 26, raccourcissez la baguette; 27, mettez-la dans le canon; 28, bourrez; 29, retirez la baguette; 3o, raccourcissez la baguette; 31, remettez-la en son lieu; 32, portez la main droite au mousquet; 33, haut le mousquet; 34, mousquet sur l’épaule. »

Tout cela, pour arriver à pouvoir tirer son homme à trente pas. Le fusil Lebel est un peu moins compliqué et d’une autre portée.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1892.

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Le galure du Gascon

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mousquetaire

Un mousquetaire Gascon, passant, dans une revue, devant Louis XIV, fit faire à son cheval un mouvement si brusque, que le chapeau du cavalier vola à terre. Un de ses camarades le lui présenta à la pointe de son épée :

Sandis ! s’écria le Gascon, j’aurais mieux aimé que vous m’eussiez percé le corps que mon chapeau.

Le roi, ayant entendu cette réponse, lui en demanda la raison :

Sire, dit-il, j’ai crédit chez un chirurgien, mais je n’ai pas la même faveur chez un chapelier

 » La Cloche d’argent : journal hebdomadaire, illustré, politique, littéraire et artistique. »  Rouen, 1884.
Illustration : capture YouTube.

La légende du château de Vizille

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Lesdiguières.

Comme tout château qui se respecte, celui de Vizille a sa légende. On raconte, dans les veillées d’hiver du Dauphiné, que le mur d’enceinte du parc fut construit en une nuit par Satan et son armée de diables. Satan, dit-on,  aurait proposé à François de Bonne de Lesdiguières le pacte suivant :

Le maréchal partirait à cheval de son château à minuit sonnant, et s’en irait en droite ligne jusqu’au bout du parc. Si le mur était achevé avant son arrivée, le diable emporterait l’âme de Lesdiguières, et ce n’était pas grand bénéfice, car elle lui appartenait déjà pour les trois quarts et demi.

Le duc de Lesdiguières accepta, partit à minuit sonnant sur son fougueux cheval noir et piqua droit devant lui. 

Il arriva au bout du parc, comme les maçons de l’enfer allaient clore le mur, entassant rapidement moellon sur moellon.Le maréchal enfonça ses éperons dans le ventre de son cheval, et le mur fut franchi d’un bond. Mais les maçons allaient si vite que la queue du cheval resta prise.

Pincé ! s’écria le diable.

Mais le maréchal, tirant son épée, coupa au ras la queue de son cheval et s’en alla librement.

« La Revue des journaux et des livres. »  Paris, 1887.
Illustration : montage perso.

Trait gascon

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gascon

 

Quelqu’un voulait faire tirer l’épée, en pleine rue, à un gascon qui l’insultait. Ce dernier appelle un décrotteur.

— Tiens, mon ami, voilà une petite pièce. Va-t-en à la paroisse dire qu’on sonne pour un mort et qu’on vienne quérir ce corps.
— Mais il me semble que Monsieur se porte bien, répondit le décrotteur.
— Oui mon ami, reprit le gascon, mais ne vois-tu pas qu’il va se battre avec moi ?

« L’Album photographique universel. »  Bordeaux, 1865.