épouse

Une famille un peu compliquée

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Samuel-Luke-Fildes

Les journaux anglais du mois de juin 1836 rapportent qu’il y a quelque temps, un fait probablement unique dans son genre s’est passé à Cambden.

Un homme veuf et déjà d’un certain âge devient amoureux d’une très-jeune fille et l’épouse. Peu après, le fils que ce veuf avait eu de son premier mariage devint amoureux de la mère de la nouvelle femme  de son père, femme du reste à la fleur de l’âge. Il lui offre sa main et l’épouse.

Ainsi voilà un père gendre de son fils, et une épouse qui devient non-seulement belle-fille de son propre beau-fils , mais encore belle-mère de sa mère, qui elle-même se trouve être la belle-fille de sa fille, tandis que le mari de celle-ci est beau-père de sa belle-mère et beau-père de son père.

Ce sera une bien autre confusion s’il vient un jour des enfants de ces deux mariages singuliers.

« Le livre des singularités. »  G. P. Philomneste. Dijon, 1841.
Image d’illustration : Samuel Luke Fildes.

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La paix chez soi

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menage-querelle.L’article 213 du code civil ayant été modifié, aucun texte de loi n’énoncera plus dorénavant que « la femme doit obéissance à son mari ». Ce devoir était d’ailleurs une chose bien périmée, et il y a belle lurette que l’obéissance de Madame n’est en réalité qu’une bonne plaisanterie ou, si vous préférez, une mauvaise blague.

Nous sommes loin des temps féodaux, où la femme était une sorte d’esclave, et où la coutume disait fort doctoralement :

« Tout mari peut battre sa femme quand elle ne veut pas obéir à son commandement… pourvu que ce soit modérément et sans que mort s’ensuive. »

En Angleterre, les anciennes lois de Galles déclaraient pareillement :

« Tout mari pourra donner à sa femme trois coups avec un bâton, sur toute autre partie du corps que la tête, s’il la surprend avec un autre homme, si elle dissipe ses biens, si elle le tire par la barbe ou si elle lui donne des noms injurieux. Mais s’il la bat plus sévèrement ou pour des motifs plus légers, il payera une amende.« 

« Ric et Rac : grand hebdomadaire pour tous. »  Paris/Clermont-Ferrand. 1938.

Le banquet des divorcés

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banquet

M. Birson, Américain, organisait, la semaine dernière, à l’occasion du dixième anniversaire de son divorce, un banquet auquel n’étaient conviés que des hommes ou des dames divorcés, ou qui étaient sur le point de l’être.

Le banquet fut présidé par un bon gros monsieur, de la plus charmante gaieté, bien que son ex-épouse l’ait fait saisir et vendre une dizaine de fois pour se payer de la pension qu’il est condamné à lui servir et qu’il s’entête à ne pas lui remettre à l’amiable. Cela n’a altéré en rien sa bonne humeur, et il n’a cessé de montrer l’esprit le plus extravagant
pendant tout le repas.

Comme surtouts, il n’y avait, sur la table, que des motifs décoratifs rappelant la fragilité de l’amour.

On a bu à la liberté, à la gaieté, et à tous les plaisirs de ce monde. Et quand on eut sablé beaucoup de champagne, on se mit à porter des toasts aux belles-mères. Mais comme on s’aperçut que douze convives avaient toasté ainsi, bien vite on s’empressa de porter un treizième toast, espérant évidemment qu’il leur porterait malheur !…

Pauvres belles-mères ! Il y en a pourtant de charmantes, je vous assure.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.

J’arrive dans un instant !

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lecteur

Frédéric Morel travaillait à traduire Libanius lorsqu’on vint lui dire que sa femme qui languissait depuis quelque temps était bien malade et qu’elle voulait lui parler : 

Je n’ai plus, dit-il, que deux périodes à traduire. Après quoi je l’irai voir.

Un second messager lui vint annoncer qu’elle était à l’extrémité.

Encore deux mots, dit Morel. Allez, retournez vers elle, j’y serai aussi tôt que vous.

Un moment après on vint lui apprendre qu’elle était morte.

J’en suis très fâché, dit-il; c’était une bonne femme.

Et il continua son travail.

 » Gazette historique et anecdotique. »  Paris, 1923.

L’âme soeur

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mari-femme

L’autre jour, un journal suisse, la Revue de Genève, insérait dans ses colonnes la recette suivante pour trouver un mari :

« Plus de sens commun et moins d’esprit; plus d’occupations utiles et moins de musique; scruter mieux les mystères du ménage et moins les Mystères de Paris; raccommoder ses chemises et ses bas et ne pas se faire des bracelets; lire la Cuisinière bourgeoise et abandonner les journaux ennuyeux; prouver enfin aux hommes qu’ils trouveront un aide dans leur épouse et non un embarras. Quand les femmes seront bien convaincues de la bonté de cette recette, le nombre des célibataires diminuera. »

Le lendemain, un anonyme, une femme sans doute, adressait au même journal la recette suivante pour avoir une femme toujours convenable :

« Plus d’estime des femmes, moins d’égoïsme et l’idée de soi-même; plus de souci de l’intérieur, moins de goût au café et aux plaisirs en général; s’inquiéter plus du bien-être du ménage que d’embrouiller les affaires du pays, avoir plus d’aptitude au travail, et ne pas perdre son temps à des folies; lire les devoirs d’un bon mari, au lieu de ces grands journaux qui ne disent que des mensonges; prouver enfin aux femmes qu’elles trouveront un soutien dans leur époux et non un tyran et un despote. Quand les hommes se seront bien convaincus de la bonté de cette recette, le nombre des vieilles filles diminuera infiniment. »

Si on emploie les deux recettes, la terre ne sera plus qu’une fourmilière de jolis ménages, par la raison très simple que si les bonnes femmes font les bons maris, les bons maris font encore mieux les bonnes femmes. »

« Le Journal monstre. »  Léo Lespès, Paris, 1857.