ermite

Hommes des bois

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Paphnuce-Thais

Il existe dans les Pyrénées, comme dans beaucoup d’autres forêts de La France profonde, des hommes ou des femmes en marge, vivant en parfaite autarcie, dans des grottes ou des cabanes primitives.

Solitaires ou en famille, ils subsistent de braconnage et de cueillette, refusant farouchement tout contact avec la civilisation, les douceurs et les facilités qu’elle nous apporte. Ces êtres ne sont pas à proprement parler des hommes sauvages, car il s’agit pour la plupart d’individus ayant volontairement abandonné la vie communautaire, à une époque plus ou moins lointaine.

 

ermite

Il existe parmi eux des religieux ou des religieuses devenus anachorètes par goût de la vie contemplative et du silence, à l’exemple de Jeanne-Marguerite de Montmorency, qui, au XVIIe siècle, abandonna la Cour et sa noble famille pour vivre en ermite.

D’autres ont simplement tourné le dos au monde moderne pour vivre une vie libre et solitaire. Tous ont en commun le refus de subir le carcan de la civilisation, obéissant uniquement à des lois naturelles non écrites ou à leur conscience.

« A la découverte de la France mystérieuse. » Sélection du Reader’s Digest. » Paris, 2001.

Without women

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ticayou

Le Daily Mail conte l’histoire d’un homme qui, à la suite d’un chagrin d’amour, éprouvé dans sa jeunesse, s’isola du monde, ne voulant plus voir un seul visage féminin.

Il acheta du terrain au milieu des forêts et construisit, d’abord avec l’aide d’un de ses frères, un bastion a l’abri de toute hypothèse de rencontre féminine, voire masculine. Les deux hommes vécurent des années en ermites, et presque à l’état sauvage… James Mason a aujourd’hui la barbe blanche, il est paralytique et le journaliste anglais qui a enfin pu l’approcher a eu une vision digne des Burgraves. Il y a cinquante ans que l’inconsolable vit ainsi loin des humains.

Nous avons rencontré en Suisse un semblable misogyne, sinon misanthrope, qui, pour fuir les femmes à la suite d’une passion contrariée, passait sa vie à excursionner dans les montagnes. Or, à la cabane Bertol, entre la Dent Blanche et le Cervin, arriva un soir une jeune alpiniste : charmante et intrépide petite Hollandaise. L’Anglais, car celui-là aussi était Anglais, bien qu’il fût déjà prêt à se coucher dans la paille et qu’une tourmente de neige commençait à tomber, préféra sortir de la cabane et passer la nuit dehors !

La misogynie par amour a ses héros.

« Comoedia. »Paris, 1927.
Illustration : « Ticayou, Chasseur de la Préhistoire. » Priscille Mahieu / Eric Le Brun.

La malédiction des grenouilles et des canards

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ermite

On raconte qu’il y avait dans le village d’Avort (commune de Louerre), à une époque fort ancienne, une chapelle desservie par un ermite dont le nom ne nous est point parvenu. D’aucuns prétendent qu’il mourut en odeur de sainteté. Sa demeure de solitaire était au bord d’un ruisseau dont les rives sont restées charmantes.

Le saint homme passait fort souvent le jour et la nuit en prières, mais il avait presque toujours à se plaindre du chant des grenouilles et des canards, fort nombreux sur le petit cours d’eau. A bout de patience, l’ermite conjura les grenouilles et les canards. Depuis ce temps les grenouilles ne chantent plus; les canards sont privés de postérité et ont les pattes effroyablement torses.

Les paysans qui m’ont conté cette histoire affirment que l’anathème du saint porte encore ses fruits. Je ne parle pas des canards, dont l’élevage a été fort abandonné à Avort. Les grenouilles chantent fort peu, peut-être parce que les eaux du ruisseau d’Avort sont très froides et leur plaisent peu pour cette raison.

Il reste à Avort quelques pans de murs très informes qui passent pour être les restes de l’ermitage.

Lionel Bonnemère, 1886.