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Les joies du retour 

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bloch-131.

Les histoires authentiques ne sont pas les meilleures. Celle-ci , pourtant, pour être vraie, n’en est pas moins savoureuse. Son seul défaut est de dater un peu, puisqu’elle remonte à l’avant guerre, celle de 1939. 

Un jour des Bloch 131, flambants neufs, furent remis à un groupe de reconnaissance basé à Bron. Le désir légitime de les étrenner décida les équipages à une sortie en vol de groupe sur Reims. Le voyage fut impeccable. A l’arrivée, le leader battit des ailes et ses ailiers se disloquèrent en renversement. L’atterrissage fut magnifique. Mais, sur le terrain, on renoua avec de vieilles connaissances, les chasseurs de la 5ème escadre. Et l’épanchement des sentiments les poussa tous vers le bar d’Escadrille.

Ce fut la tournée des grands ducs, tant et si bien qu’à l’heure du départ nos aviateurs étaient déjà un peu « partis », le leader en tête, c’est le cas de le dire. Celui-ci décolla à l’américaine et faillit se faire emboutir par son ailier gauche qui, plus raisonnable, préféra ensuite se tenir à respectable distance, au grand étonnement du chef de patrouille qui n’y comprenait goutte. 

A l’atterrissage à Bron, après un passage en rase-mottes à faire frémir toutes les branches des arbres, le leader prit sa piste et amorça sa descente. Mais le sol semblait se dérober étrangement aux roues de l’appareil. Le pilote, inquiet, rendit encore un peu la main…. Bruits de ferraille… de casserole… tintamarre du diable. Le train n’avait pas été sorti. Le chef de bord, qui était dans le « cigare » préposé à la garde de la « cave » ramenée de Reims, fit irruption dans le cockpit. Le pilote, l’air navré, complètement dessaoulé, ne cessait de répéter, les larmes aux yeux : 

— Plus d’alcool, plus d ‘alcool… De l’eau minérale… de l’eau minérale. 

Nous avions plus tard rencontré ce « casseur de bois »… Il n’a pas tenu sa promesse !

« Décollage. » Paris, 1946.

John Paul Jones

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JohnPaul-Jones

L’intrépide marin dont on vient de retrouver la dépouille à Paris, et qu’une députation des Etats-Unis est venue chercher en grande pompe, était né en Ecosse et servit d’abord dans la marine marchande.

Il se trouvait aux Etats-Unis, lorsque ceux-ci songèrent à créer une flotte pour combattre les vaisseaux des Anglais, qui ne voulaient pas reconnaître leur indépendance. Il fut mis à la tête d’une des frégates de l’Union et se rendit en Angleterre où il réussit à incendier le port de Whitehaven et à s’emparer du château de Selkirk. L’année suivante, il ravageait de nouveau les côtes de l’Angleterre, avec une escadrille que lui avait fournie le gouvernement du roi Louis XVI.

Le 22 septembre 1778, il osa attaquer, avec une frégate, un gros vaisseau anglais, dont il s’empara à l’abordage. Il le ramena en France où on l’accueillit avec enthousiasme. Louis XVI lui donna une épée d’or. Le congrès de Philadelphie lui vota aussi des félicitations et une médaille d’honneur.

Quand la paix eût été conclue entre les Etats-Unis et l’Angleterre, c’est-à-dire que celle-ci eût reconnu officiellement l’indépendance du nouveau pays, Paul Jones servit quelque temps dans la marine russe, avec le grade de contre-amiral. Puis il revint en France, où il mourut en 1789. L’Assemblée Législative se fit représenter à ses funérailles.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire de la famille. »  Paris, 1905.