esclavage

Zoo humain

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Une curieuse proposition a été faite à la Société géographique de Londres, dans sa dernière séance, par George Catlin, que ses voyages au milieu des Indiens de l’Amérique septentrionale ont rendu célèbre.

Il s’agit d’un Muséum d’êtres humains et vivants qu’on instituerait, d’après ses plans, pour conserver et perpétuer, avec leur physionomie particulière, leur structure, leurs moeurs, les individus appartenant à ces différentes races d’hommes qui diminuent et disparaissent chaque jour.

L’orateur dit qu’il reconnaissait parfaitement l’intérêt qui s’attache aux collections de bêtes fauves, d’oiseaux, de reptiles, de fossiles, de poissons, d’insectes et de plantes, mais que, selon lui, un Muséum plus nécessaire encore était à faire : celui qui contiendrait quelques débris des races primitives de l’humanité, des individus représentant toutes ces tribus que les guerres d’invasion, de conquête, de colonisation détruisent peu à peu.

M.Catlin termina son discours en faisant remarquer combien une telle institution faciliterait les études des savants. 

« Société héliographique. » Paris, 1851.

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L’esclavage à Batavia

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On nous assure continuellement, et de la façon la plus grave, que l’esclavage n’existe plus sous aucune législation civilisée. Aussi savourerez-vous cette petite annonce prise dans un journal de Batavia :

« Livraison au plus bas prix : bons bœufs de trait de Madura; magnifiques bêtes de boucherie de Madura; travailleurs jeunes, sains et bien bâtis de Java-Est, hommes et femmes à 6o gulden (123 francs) franco Belawan; chevaux de selle et de voiture de l’île de Rotti.En nous recommandant à votre bienveillance : H. Leecksma Kzn Soeragaïa. »

Il y a aussi, dans ce pays, des comptoirs fort bien achalandés, si l’on en juge par ce prospectus :

« Nous livrons des travailleurs jeunes, sains et bien bâtis de Madura, de Java, des îles de la Sonde, ainsi que des Chinois. Nous nous chargeons aussi d’exécuter toutes les commandes des bêtes de boucherie et de trait. »

N’oublions pas que Batavia appartient à la Hollande, dont la capitale est La Haye, où se tiennent les assises de la paix, et où semble être fondé d’une façon définitive le tribunal d’arbitrage. Aussi ne doutons-nous pas que le gouvernement de la jeune Reine ait bientôt mis ordre aux fantaisies des esclavagistes de la Sonde.

« Le Journal du dimanche : gazette hebdomadaire. »  Paris, 1905.

Le séducteur

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tribunal.

A New York, ce sont les séducteurs qui mettent les nouvellistes en émoi : il n’est bruit en ce moment, dans la capitale de l’Union, que d’un nommé Kane, teneur de livres et poète, professions des plus antipathiques, dans lesquelles néanmoins Kane réussit également bien.

Tout en remplissant ses fonctions commerciales, Kane écrivit plus de cinq cents épitres en vers et en prose à une fort jolie personne qu’il parvint à séduire en lui promettant de l’épouser. A peine la jeune personne eut-elle cédé, que poète et amant disparurent. Il ne resta que le teneur de livres, lequel déclara nettement que la vie de garçon lui était trop agréable pour qu’il voulut y renoncer. 

Mais les tribunaux américains ne sont pas indulgents envers les séducteurs. La jeune fille porta plainte, et Kane fut condamné à un an de prison ou à épouser la plaignante.

Joseph Kane, en entendant cet arrêt prononcé par lé président de la cour des sessions, dit fort tranquillement :

Messieurs, un an de prison,  c’est seulement douze mois d’esclavage; le mariage, c’est la détention à perpétuité. Je persiste plus que jamais dans mon refus.

Quelques applaudissements, des rires et de nombreux sifflets ont accueilli cette sortie anti-matrimoniale.

 » Le Siècle illustré. »  Paris, 1862.
Image d’illustration.