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Les derniers Picasso

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Les derniers ouvrages de Picasso sont absolument ahurissants. Délaissant momentanément le cubisme (car les infidélités qu’il lui fait sont toujours passagères), le peintre malaguène choisit aujourd’hui une esthétique directement inspirée de l’ornementation des poteries précolombiennes.

A ce propos, il nous souvient d’un mot du sculpteur Manolo, à l’époque brillante des débuts du cubisme, qui semble tout frais d’actualité.

Dans son atelier, Picasso montrait à différents amis des « portraits » traités selon le nouveau code du grand art cubique. Le sculpteur espagnol, au nombre des invités, considérait chaque toile, ne disait mot, mais visiblement manquait d’enthousiasme. Tout à coup, n’y tenant plus, devant un tableau particulièrement audacieux, il se tourna vers le peintre et doucement lui dit, avec cet inimitable accent espagnol, intraduisible ici :

— Ecoute, Pablo ! Franchement. Qu’est-ce que tu dirais si tu voyais ton père et ta mère arriver de Barcelone à la gare d’Austerlitz avec des gueules pareilles ?

« L’Œil de Paris. » Paris, 1930.

Utilité du patois

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niceInvités par un parent, deux Foréziens étaient allés à Nice. S’étant aventurés dans un café-palace qui avoisine la promenade des Anglais, ils s’aperçurent qu’on ne les regardait pas avec une sympathie excessive. Les garçons surtout, du haut de leur plastron, laissaient tomber sur eux un dédain à congeler les carafes.

Vous devinez pourquoi ? Nos compatriotes parlaient français, alors qu’autour d’eux résonnaient toutes les langues à change élevé : langue de la livre, langue du dollar, langue du florin, langue de la peseta, et langue de la lire, c’est-à-dire anglais, flamand, espagnol, italien.

Quelle langue pourrions-nous parler ? dirent nos Foréziens. Si on essayait le patois ?

Et à peine avaient-ils commencé de parler patois qu’ils sentirent autour d’eux remonter la température. La considération leur revenait. On les prenait au moins pour des Espagnols.

Voilà qui démontre, une fois de plus, l’utilité du patois.

« La Revue limousine : revue régionale. » 
Limoges, 1926. Illustration : Angelo Garino.