Etats-Unis

La censure aux Etats-Unis

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Theodore-Roosevelt

Elle est la même partout, c’est-à-dire aussi godiche, même dans ce pays de liberté qu’a la prétention d’être l’Amérique.

Il existe des photographies de M. Theodore Roosevelt qui le représentent chassant dans le Colorado, vêtu en cow-boy. Mais, parmi ces photographies, il s’en trouvait une qui le montrait en train de se laisser interviewer par une reporteresse, miss Gertrud Dunn, et cette épreuve avait deux défauts : d’abord, le cliché avait été pris de telle façon que le président n’y occupait pas la place principale. En second lieu la reporteresse, qui se trouvait à cheval aussi, était montée à califourchon et montrait un peu trop de jambe au-dessus de ses chevilles.

Par pudeur… et par respect pour le protocole, le cliché a été détruit. Il est probable que M. Roosevelt, qui est un homme intelligent, n’en a rien su.

« Gazette Française. » Paris, 1905.

Un sénateur qui se grise

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Riddleberger

Un incident burlesque a eu lieu, samedi soir, pendant la séance du Sénat des Etats-Unis. M. Riddleberger, sénateur de la Virginie, qui a déjà causé beaucoup de scandales analogues, s’est présenté à la séance dans un état d’ébriété absolu.

Par sa conduite et ses interruptions incessantes, il rendait impossible la continuation des travaux de l’Assemblée. Le sénateur Ingalli, qui présidait la séance en qualité de président intérimaire, donna l’ordre de saisir son bruyant collègue et de l’emmener de la salle des séances. Deux huissiers furent obligés de s’emparer de M. Riddleberger et de l’entraîner de force. Le sénateur ne voulant pas quitter son siège, engagea une lutte acharnée avec les huissiers. Ceux-ci réussirent enfin à l’emmener.

M. Riddleberger fut enfermé à clef dans un petit local attenant à la salle des séances, où il put cuver son Old Bourbon whisky tout à son aise.

« Le Rappel. »  Paris, 1889.

L’homme aux miracles de New-Orléans

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 JOHN-OUDNEY
 John Oudney prêchant au milieu de ses fidèles et nombreux admirateurs.

La popularité obtenue dans un pays aussi moderne que les États-Unis, et dans une grande ville, par une sorte de prophète, le guérisseur John Oudney, est un fait extrêmement curieux.

Ce vieillard parle chaque jour devant une multitude recueillie, pleine de la plus entière confiance en son pouvoir merveilleux.

On l’appelle l »Homme aux miracles » mais il préfère son surnom de « Frère Isahah ». Aucune maladie ne lui résiste, sa force lui venant, déclare-t-il, de sa foi et de ses prières. 
« Le Miroir : publication hebdomadaire. »  Paris, 1920.

Au clair de la Lune

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rodeur
Edward Hopper, Night Shadows, 1921

Le célèbre Abraham Lincoln, un des plus illustres présidents des États-Unis, fut dans sa jeunesse bûcheron, puis avocat. Un jour, plaidant pour un pauvre graveur qu’il savait innocent et contre lequel néanmoins les preuves semblaient surabondantes, il remarqua que tous les témoins à charge disaient, que le meurtre imputé à son client s’était passé au clair de la Lune, une telle nuit, et alors il les interrogea à plusieurs reprises, demandant :

-— C’est bien telle nuit, n’est-ce pas ?

Oui, telle nuit.

Au clair de la Lune ?

Oui.

Toujours au clair de la Lune ?

Oui, toujours.

Ecrivez, greffier, c’était au clair de la Lune !

Puis quand tous les témoins eurent déposé et se furent aussi accordés avec le plus grand soin sur cette circonstance, Abraham Lincoln tira de sa poche un petit almanach et montra que, cette nuit-là, il n’y avait pas eu de Lune.

La dérouillée du rédacteur

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w-c-a-t-u

M. Peter Rattigan, rédacteur et propriétaire du Herald de Millerstown, comté de Butler (Etats-Unis), et en même temps directeur de la poste de la localité, vient d’être le héros d’une désagréable aventure.

Une quinzaine de femmes de la meilleure société de Butler, et faisant partie pour la plupart de la «Women’s Christian Association Temperance Union», furieuses de ce qu’elles avaient été tournées en ridicule dans un article du Herald rendant compte d’une fête de tempérance qu’elles avaient donnée récemment, se sont rendues en voiture à Millerstown, à la tombée de la nuit, et, armées de grosses cravaches, elles sont allées s’embusquer auprès de la poste, à l’heure de la fermeture, attendant le directeur à sa sortie.

A peine M. Rattigan avait-il mis le pied dehors qu’elles sont toutes tombées sur lui à coups de cravache, le frappant impitoyablement. M. Rattigan, pris à l’improviste, n’a même pas cherché à se défendre et s’est laissé battre par ses belles ennemies jusqu’à ce qu’elles aient été fatiguées de frapper.

L’incident, comme on pense, a fait beaucoup de bruit dans la localité; mais l’affaire, paraît-il, n’en restera pas là, M. Rattigan étant déterminé à demander raison aux maris des dames de Butler.

 

« La Revue des journaux. » Paris, 1885.

Les danses défendues

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polka

L’émotion est grande dans les paroisses catholiques romaines du Massachusetts; elle est causée par une lettre épiscopale de l’évêque, W. Stang, interdisant les danses grossières et lascives dans lesquelles il comprend la valse, la polka, le galop, et d’autres encore, bien enfantines.

L’évêque regrette d’entendre que la valse devient de plus en plus répandue; il la condamne comme indécente et invite les catholiques à ne pas même la voir danser.

« Le Monde artiste. » Paris, 1906.