Ethel Snowden

Mme Snowden et Mussolini

Publié le Mis à jour le

ethel_snowdenRécemment, Mussolini donnait son opinion sur les femmes dans un article du Sunday Dispatch. Tout en rendant hommage à leur beauté, à leurs qualités morales, à leur rôle éminent dans la famille, il leur conseilla franchement de rester au foyer et de laisser la politique aux hommes : 

Les femmes, dit-il, sont capables d’imiter, mais non de créer. Même dans la mode, ce ne sont pas elles, mais les hommes, qui dessinent les modèles. Et il en est de même en  politique. Au Parlement, elles ne savent qu’intriguer et colporter des potins. On ne peut pas leur confier l’avenir de l’humanité, etc., etc.

Le Duce parlait évidemment en vrai Latin. Mais les Anglaises, qui sont électrices et éligibles et qui, depuis la nouvelle  loi, dirigent en fait les destinées de l’Empire britannique, ont été indignées par ce langage « réactionnaire ». Prenant la défense de ses sœurs, outragées, Mme Snowden répliqua vigoureusement au dictateur : 

Les arguments de M. Mussolini, dit-elle, ne tiennent pas debout. A la Chambre des  Communes, il n’y a pas un homme qui oserait dire que les femmes députés s’entendent moins à la politique que les hommes. Presque tous les grands hommes doivent leurs succès aux femmes. Il est faux d’ailleurs que la femme n’ait rien créé dans les domaines de la science et de l’art. Naturellement, son principal devoir est de mettre au monde et d’élever ses enfants, mais c’est précisément à cause de son amour pour le foyer et les enfants que la femme s’intéresse à la politique.

La femme du chancelier de l’Echiquier, qui est la fidèle collaboratrice de son mari et pour laquelle même le plan Young n’a pas de secrets, s’écrie en terminant : 

Le temps est passé, signor Mussolini, où les maris tenaient leur femme entre quatre  murs. Il est passé et il ne reviendra pas !

Certainement, le Duce a fait un pas de clerc. Toute l’opinion publique anglaise lui donne tort et applaudit Ethel Snowden…

« L’Européen : hebdomadaire économique, artistique et littéraire. » Paris, 1930.

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