étrange

L’empreinte

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ombre

Le Dr Francisco Pazienza est un médecin zélé et instruit qui exerce à Roccafinata, près de Tarente, où il habite, avec des parents encore jeunes, une aile de l’ex-palais du marquisat. Très matérialiste, il a changé d’allure depuis un mois et est devenu pensif. Interrogé sur ce changement de caractère, il a raconté à ses amis le fait extraordinaire d’une visite d’esprits dans sa maison.

Presque tous les jours, à la même heure, au moment où l’on va se mettre à table, on entend sonner à la porte de la maison et une voix faible demande la permission d’entrer. On ouvre la porte de dedans toute grande et… on ne voit personne. Mais pendant qu’on referme la porte et après qu’elle a été fermée, on entend distinctement un bruit léger, comme celui que ferait une personne entrant dans la maison et se rendant au salon. Qu’on s’imagine l’impression subie par les habitants de la maison ! On va au salon et on ne voit personne. Seulement, le lendemain matin, on trouve des traces de la visite.

Dans la maison le sol est couvert de carreaux qui font beaucoup de poussière et, malgré tous les soins, il s’en forme une couche sur les meubles. Or, le docteur et ses parents voient, avec horreur, sur le piano, dans la poussière, l’empreinte nette d’une main difforme,  comme celle d’un goutteux. 

On essuya le tout après la première visite de l’esprit invisible, mais, à la visite suivante, la même empreinte se retrouva au même endroit. Mais ce qu’il y a de plus singulier, c’est que le Dr Pazienza pensa un jour à part lui : 

« Pourquoi celle empreinte se montre-t-elle toujours sur mon piano et non pas sur ma table de nuit, par exemple ? »

Le lendemain l’empreinte était sur la table de nuit. Beaucoup de personnes ont été admises à constater ce phénomène.

« L’Écho du merveilleux. » Paris, 1908.

Télépathie

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Il paraît que les fantômes, dont on nous avait appris jusqu’ici à nous moquer, existent bien réellement et qu’ils sont en train de devenir un objet passionnant d’études et de recherches pour un groupe de psychologues très documentés. La nouvelle science a pris le nom de télépathie, mot grec qui signifie proprement « sensation lointaine », et qui entend englober sous une dénomination assez élastique mais suffisamment juste tous les phénomènes de transmission de la pensée à distance. Ce n’est plus du magnétisme, ce n’est pas non plus de l’hypnotisme : c’est de la télépathie. 

Les Pickmann, Donato, Davenport et autres médiums de tréteaux avaient jusqu’à ce jour quelque peu compromis l’étude de ces troublantes questions, par l’appareil théâtral et forcément charlatanesque dont ils entouraient leurs expériences. Mais ce n’est plus à des banquistes que nous aurons affaire maintenant : c’est à de vrais savants, sincères et désintéressés, au contrôle desquels nous pourrons avoir pleine confiance. 

Trois Anglais, MM. Gurney, Myers et Podmore, ont ouvert la voie par la publication de leur livre extraordinaire intitulé Phantasme of the living, dont M. Marillier vient de donner une traduction française abrégée. 

En France, c’est M. Ch. Richet, professeur de physiologie à la Faculté de médecine de Paris, qui a pris la direction du mouvement et qui n’hésite pas à écrire qu’il est temps d’étudier scientifiquement « le lendemain de la mort ». Il a fondé un journal dont le but est de poursuivre sérieusement l’enquête commencée par le livre de M. Gurney. 

Il existe depuis plusieurs années, en Angleterre, une Society for Psychical Research,  consacrée à l’élude de ces actions nerveuses à distance qui préoccupent vivement les psychologues anglais et américains les plus éminents. D’autre part, la Société française de psychologie physiologique a constitué pour l’étude des phénomènes télépathiques une commission composée de MM. Sully-Prudhomme (de l’Académie française), président. G. Ballet, professeur à la Faculté de médecine. H. Beaunis, professeur à la Faculté de médecine de Nancy. Ch. Richet, professeur à la Faculté de médecine. Lieutenant-colonel de Rochas, administrateur de l’Ecole polytechnique. L. Marillier, maître de conférences à l’Ecole des Hautes Etudes. 

D’après ces noms on peut juger qu’il ne s’agit pas de recherches pour rire et on peut être certain que s’il y a une parcelle de vérité ,dans cette inquiétante et mystérieuse question de la transmission de la pensée, les enquêteurs sont hommes à la dégager. 

Nous nous bornerons à donner une idée de ce qu’il faut entendre par phénomènes télépathiques en citant quelques observations empruntées au livre de MM. Gurney, Myers et Podmore. 

En voici un exemple sous sa forme la plus simple, celle d’une vision dans l’état intermédiaire au sommeil et à la veille. 

Un étudiant de Cambridge avait arrêté avec un de ses camarades le projet de se rencontrer à Cambridge à une certaine époque pour travailler ensemble. Peu de temps avant l’époque de ce rendez-vous, il se trouvait dans le sud de l’Angleterre. Se réveillant une nuit, il vit ou crut voir son ami assis au pied de son lit. Il fut surpris de ce spectacle, 
d’autant plus que son ami était ruisselant d’eau. Il parla, mais l’apparition (car il semble que c’en ait été une) se contenta de secouer la tête et disparut. Cette apparition revint deux fois durant la nuit. Cette vision eut lieu dans la nuit du 2 au 3 septembre. Quelque temps après, l’étudiant recevait la nouvelle que son ami s’était noyé en se baignant le 2 septembre. 

Dans le fait suivant, l’hallucination télépathique se produit à l’état de veille, d’après un type très fréquent, sous l’influence provocante de l’attente de quelqu’un. C’est une dame qui parle : 

« — J’attendais mon mari à la maison. Peu de temps après le moment où il aurait dû arriver, dix minutes environ, j’entendis une voiture s’arrêter à la porte, la cloche sonner, mon mari parler au cocher, la porte s’ouvrir et enfin mon mari monter l’escalier. J’allai au salon, j’ouvris la porte. A mon grand étonnement, je ne vis personne. Je pouvais à peine en croire mes yeux, tant l’impression avait été vive et tant la rue était tranquille à ce moment. Environ vingt minutes après, mon mari arrive en réalité. Le train était en retard et, mon mari pensait que je devais être inquiète. »

Voici maintenant le récit d’un général anglais :  

« — Un incident extraordinaire, qui fit sur mon imagination une profonde impression, m’arriva à Maulmain. J’ai vu un fantôme, je l’ai vu de mes propres yeux, dans la pleine lumière du jour. Je puis le déclarer sous serment. J’avais vécu dans la plus étroite intimité avec un vieux camarade d’école qui avait été ensuite mon ami à l’Université. Des années cependant s’étaient écoulées sans que nous nous fussions revus. Un matin, je venais de me lever et je m’habillais lorsque tout à coup mon vieil ami entra dans ma chambre. Je l’accueillis chaleureusement, et je lui dis de demander qu’on lui apportât une tasse de thé sous la véranda, lui promettant de le rejoindre immédiatement. 

Je m’habillai en hâte et j’allai sous la véranda, mais je n’y trouvai personne. Je ne pouvais en croire mes yeux. J’appelai la sentinelle postée en face de la maison, mais elle n’avait vu aucun étranger ce matin-là. Les domestiques déclarèrent aussi que personne n’était entré dans la maison. J’étais certain d’avoir vu mon ami. Je ne pensais pas à lui en ce moment, et pourtant je ne fus pas très surpris, parce qu’il arrivait souvent des vaisseaux à Maulmain. Quinze jours après, j’appris qu’il était mort à 600 milles de là, au moment même, ou peu s’en fallait, où je l’avais vu à Maulmain. » 

Aux questions qui lui ont été adressées par MM. Gurney et Myers, le général a répondu que, quand il adressa la parole à l’apparition, elle ne répondit ni par un mot, ni par un signe. Il ne supposa pas un instant qu’il put s’agir là d’une apparition. Il crut voir son ami en chair et en os. Il ajoute qu’il n’a jamais vu d’autre apparition, qu’il n’a jamais eu d’hallucinations, et qu’il a toujours été considéré comme un homme de grand sang-froid. 

L’ouvrage anglais contient plus de 700 observations de ce genre, commentées et vérifiées autant qu’il est possible par les auteurs. 

N’y a-t-il pas là de quoi faire réfléchir ? 

« La Clinique. » Nice, 1891.
Peinture de Navez François Joseph.

Musique mystérieuse

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Il existe un phénomène qui mérite une mention particulière, c’est la merveille connue sous le nom de musique mystérieuseCe n’est pas le sifflement du vent à travers les roseaux, quoique très mélodieux, l’explication ne peut pas en être trouvée dans les échos des accords d’une musique réelle que la distance aurait étrangement idéalisés, ce phénomène est plus étrange que cela.

C’est une musique qui ne provient pas d’une source ordinaire, elle vous inspire d’une étrange façon, elle est presque céleste et se fait entendre dans les airs autour d’un petit cimetière sur la rive sud de la Tweed. Entre la rivière et l’église il y a la grande route, et entre cette route et l’église il y a un bois épais sur un terrain en pente. C’est à travers ce bois que quelquefois ces sons étranges viennent saluer le voyageur.

Une pareille musique dans une maison doit sembler encore plus miraculeuse. Il y a une maison, nommée Pottery House, à Hunslet,dans le district de Leeds. Dans une chambre à coucher d’un étage supérieur, il y a peu d’années, un malade était couché, gravement atteint d’une fièvre rhumatismale, et, selon toute apparence, bien près de sa fin. Une nuit, sa soeur et le mari de celle-ci venaient de le quitter pour un instant, quand ils entendirent, venant de cette chambre, une suite de sons musicaux formant une mélodie douce et enchanteresse.

Ils revinrent vers le malade. Lui-même avait entendu ces sons surnaturels, était entré en extase et, depuis ce moment, fut guéri.

Ce n’est pas le seul exemple de musique spirite. Dans tous les cas connus, ces sons qui nous viennent ainsi des autres sphères ont une harmonie qui semble surnaturelle, comme s’ils étaient produits par des anges. Dans ces recherches, les témoignages sont publiquement confirmés et prennent une force encore bien plus grande quand les animaux domestiques viennent se joindre aux hommes pour les attester.

Un jour, dans une maison du Canada, plusieurs personnes, assises dans une chambre, entendirent le maître de la maison arriver rapidement à cheval. Elles entendirent aussi les chiens courir dans la cour au devant de leur maître, pour lui souhaiter la bienvenue, comme ils avaient l’habitude de le faire. elles l’entendirent mener son cheval à l’écurie, puis entrer dans la maison, monter l’escalier, entrer dans la bibliothèque et fermer la porte.

Comme son arrivée était complètement inattendue, on se rassembla immédiatement dans cette pièce. On ne vit personne. Le maître de la maison était à cent milles de là. Il s’agis- sait d’un fantôme de vivant plutôt que de mort.

Du Cassell’s Family Magazine n° de mars 1897. Extrait du Light, 13 mars 1897. 
« Le Progrès spirite. » Paris, 1897.
Peinture de Pierre Paul Rubens.

Le mystère et la légende de la Marie Céleste

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Je crois bien qu’on ne saurait trouver une plus mystérieuse aventure. Contentons-nous de rappeler, aussi brièvement que possible, les faits. Ils se suffisent à eux-mêmes. Voici donc :

Le 2 septembre 1872, un splendide vaisseau, la Marie-Céleste, quitte le port de New York, toutes voiles dehors, à destination de Gênes. Il y a à bord le capitaine, un certain Benjamin Griggs, sa femme, sa fille, huit hommes d’équipage (dont un marin faisant fonction de second : Henri Bilson), enfin deux passagers. Les gens superstitieux ne manqueront pas de frémir en considérant ce total : oui, mon Dieu, oui, il y avait treize personnes à bord !

Les jours passent, les mois. Aucune nouvelle de la Marie-Céleste. Le capitaine Griggs n’en était pas à son premier voyage, il avait la réputation d’être un marin prudent, expérimenté, sérieux. L’armateur du voilier continuait à ne pas s’inquiéter. Au reste, quatre mois de navigation pour traverser l’Atlantique ne paraissaient pas, à cette époque, quelque chose de vraiment anormal. En vérité, ce, furent les premières nouvelles qu’on eut de la Marie-Céleste qui devaient faire frémir ses propriétaires. Elles consistaient en une dépêche, envoyée le 9 février 1873 par le consul américain à Gibraltar aux propriétaires du brick. Et que disait cette dépêche ? Elle signalait que, le 3 janvier, un petit voilier anglais, le Dei-Gratias, commandé par le capitaine Morhouse, avait rencontré en plein océan la Marie-Céleste, que la navigation de cette dernière avait attiré l’attention, que des signaux avaient été adressés au voilier, étaient restés sans réponse, que finalement une barque avait été détachée du Dei-Gratias, avait réussi à aborder le trois-mâts et que les marins anglais, montés à bord, avaient eu la stupeur de ne trouver, sur la Marie-Céleste, aucune trace d’homme vivant.

Le problème était exactement posé : personne à bord de la Marie-Céleste, et (c’est ici que les choses s’enveloppent de mystère) et cependant le bateau était resté en parfait état. On ne relevait aucune trace d’avarie, mieux, on ne relevait à bord aucune trace de dispute, de rixe, d’émeute, de drame. Le capitaine Morhouse avait fait la seule chose qui était en son pouvoir : il avait ramené le voilier au port le plus proche : Gibraltar, et avait rédigé son rapport.

L’enquête, on le pense bien, ne s’en tint pas là. Gibraltar connut des heures terriblement émouvantes : qu’étaient devenus les treize passagers de la Marie-Céleste ? Accident ? Un accident, aussi, si l’on peut dire, collectif, était vraiment bien improbable. Crime ? De qui, et pourquoi ? Quel bénéfice le ou les criminels avaient-ils bien pu retirer de leur crime ? Tout était intact à bord. Pas trace de pillage. L’ordre le plus parfait. Et pas la moindre goutte de sang.

Bien mieux : il semblait que l’équipage, le capitaine, sa famille, les passagers eussent quitté le navire depuis quelques minutes à peine. Sur la table du capitaine, un œuf était placé dans un coquetier, la coquille à demi-brisée. Mieux encore : quand le capitaine Morhouse aborda le vaisseau, il constata que, les fourneaux de la cuisine, éteints, étaient encore chauds et que, dans la cabine des passagers, deux tasses étaient pleines d’un thé resté tiède. Les sacs de l’équipage étaient parfaitement à leur place, rien n’y manquait. La soute aux vivres était pleine, rangée. Dans le salon, sur l’harmonium, une partition était ouverte. Des jouets d’enfant traînaient sur le pont. Enfin, au haut d’une armoire, dormait paisiblement, seul être vivant à bord, un petit chat noir.

Le livre de, bord, il est vrai, était arrêté à la date du 4 décembre et (seule note qui parût se rapporter au mystère) sur l’ardoise du maître d’équipage, au-dessous d’une note de service, étaient inscrits ces mots : « Etrange, ma chère femme ! »

Tels étaient les faits. Tels sont les faits. Car l’énigme n’a pas été percée. En vain, les meilleurs policiers anglo-américains, en vain les maîtres du roman policier (Conan Doyle en tête) s’efforcèrent-ils de percer le mystère. Les seules explications auxquelles parvinrent les romanciers ne tenaient pas debout : Conan Doyle supposait qu’un mulâtre, d’une force extraordinaire, avait successivement jeté par-dessus bord ses douze compagnons de voyage, par haine de la race blanche, puis s’était suicidé, en les suivant.

La seule solution sensée (mais en ces matières sensé ne veut pas dire vrai) vient d’un écrivain anglais : il y aurait eu complicité du navire Dei-Gratias. Morhouse et Griggs, d’accord, auraient trouvé un ingénieux moyen de se partager la prime de sauvetage accordée à tout capitaine de bateau qui ramène au port une épave. Et, en effet, la Marie- Céleste était devenue la propriété des marins du Dei-Gratias.

Mais cette explication suppose le silence total, durant de longues années, d’une telle quantité de complices ! N’est-ce pas, cela, aussi, bien invraisemblable ?

La Robertie. « Almanach des coopérateurs. » Limoges, 1932.
Peinture : Charles Temple.

Palace maudit

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peur

Ce billet évoque une fatalité bien mystérieuse dont un grand palace, du quartier des Champs-Elysées, a été le théâtre.

Un été, une admirable jeune femme descendait à l’hôtel X… et s’y faisait inscrire sous un nom supposé. Elle avait grand air, portait des bijoux de prix. Elle passait dans les couloirs silencieuse, admirablement habillée. Elle recevait peu de visites. Un jeune homme pourtant la venait voir fréquemment. Une nuit, on avait entendu du bruit. Le matin on trouvait la jeune femme et son visiteur morts, tués chacun de deux coups de revolver. La morte était tombée sur le lit. La pièce était pleine de sang.

De telles aventures sont désastreuses pour un hôtel qu’elles peuvent ruiner du coup. La Préfecture reconnut ou déclara qu’il y avait eu double suicide, qu’il n’y avait donc pas lieu d’informer. Les corps disparurent sans bruit, dans la nuit. La chambre fut renouvelée des murs aux tapis, et quinze jours après, un vieil étranger connu et fort respectable vint l’habiter. Il n’était pas là depuis deux jours, qu’un soir en rentrant du théâtre, et remontant à sa chambre par l’ascenseur, il se trompa, fit un geste hâtif, ouvrit trop tôt la porte du palier, eut la jambe prise dans la cage de l’escalier et subit une fracture de la cuisse. Deux jours après, des suites de son accident, il mourrait.

La chambre fatale fut renouvelée de fond en comble, mais la direction voulut d’abord la laisser fermée. Quand les habitués passaient dans le couloir, machinalement ils baissaient la voix.

Après trois mois de silence, un soir que les voyageurs affluaient, la chambre, toute neuve, fut rouverte et rendue à un client. Quelques jours après, le personnel de l’hôtel manifestait tout à coup une agitation extrême, une nervosité inaccoutumée et qui ne pouvait échapper aux yeux des voyageurs habituels. C’est qu’en effet le dernier habitant de la chambre tragique, pris d’une syncope, avait dans la nuit succombé à une embolie !

Hasard, coïncidence, fatalité, qu’on donne à cette « malédiction » toutes les explications qu’on voudra. Ceux qui croient aux lois mystérieuses d’un monde inconnu de nos sens trop limités, ceux-là seuls pourraient expliquer ces morts inexplicables.

Inspiré par un article paru en 1913 dans « L’Écho du merveilleux« .
Photo : http://www.nipponconnection.fr

Le fantôme du cab

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L’Occult Review, en 1913, raconte le fait suivant, dont un de ses lecteurs lui a envoyé le récit :

Je me promenais dimanche dernier dans Londres, avec un ami. Nous venions d’arriver à Gordon Square et nous cherchions une voiture. Il en survint une. Tout-à-coup, nous remarquâmes qu’il y avait quelqu’un dans cette voiture et cependant le drapeau indiquait « voiture libre ». Comme elle passait près de nous à notre grande surprise, nous nous aperçûmes que le cab était vide, cette fois.

Mon compagnon appela le cocher et lui dit qu’il venait de voir un fantôme dans son cab.

— C’est bien possible, répliqua celui-ci, il y a quelques jours, j’ai chargé une personne qui, au bout d’un moment, ne donnait plus signe de vie. Pour éviter des ennuis, j’ai mis le corps dehors, et avec grande stupéfaction, je l’ai revue ici, à cette même place, une heure après.

Mon ami et moi, nous en tirâmes la conclusion que le mort ainsi expulsé s’était matérialisé et était venu s’asseoir à la même place dans le cab. 

Trois morts étranges

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Dans une chronique documentée, comme on n’en écrit plus guère,  Carlo Bronne parle, dans le Journal de Liège, de trois décès fort étranges. 

D’abord, du président des Etats-Unis Harding, qui succéda à Wilson, et qui aurait été  empoisonné par sa femme pour éviter un gros scandale de tripotages qui allait éclater. Le journaliste rappelle ensuite la mort de Félix Faure, qui eut une syncope entre les bras de sa maîtresse, Mme Steinheil. Et enfin, M. Carlo Bronne mentionne la  mort, demeurée inexpliquée, du général Mangin : 

Il est certain, écrit M. Carlo Bronne, que sa mort fut d’une rapidité foudroyante.  Mangin avait assisté à un déjeuner fin et avait fait honneur aux crus et aux mets. Il il succomba quelques heures plus tard et les médecins diagnostiquèrent une crise d’urémie. 

« Les incrédules supposèrent qu’un produit toxique avait été mêlé à ses aliments, Le général, dont on connaissait la poigne de fer et les idées traditionalistes, n’était-il pas susceptible de prêter la main à un coup d’Etat qui eut renversé le régime ? »

Ce qu’il y a de certain, c’est que la veuve du général refusa de laisser faire l’autopsie, qui aurait pu lever tous les doutes.