Eugène Scribe

Textes estropiés

Publié le Mis à jour le

dejanireLes choeurs du théâtre des arènes de Béziers sont formés d’amateurs, ouvriers pour la plupart, doués de voix superbes, mais animés d’un respect médiocre pour les textes.

Dans Déjanire, ils devaient, à un certain moment, chanter :

Du sang fumant des holocaustes,
Tirez un présage divin.

Ils crièrent bravement :

Du sang fumant des entre-côtes

A un autre moment, le texte, décrivant la colère d’Hercule, disait :

Il allait, déracinant les rochers,
Arrachant les saules chevelus.

Mais les choristes chantaient à tue-tête :

Il allait, déracinant les rochers,
Arrachant les
chauves chevelus…

bloggif_59b8e01990f36

Ils n’étaient, au fond, pas plus ridicules que ce fort ténor qui, dans la romance du premier acte des Huguenots, au lieu d’apprendre aux nobles seigneurs de la cour, qu’il avait rencontré non loin des… vieilles tours et des remparts d’Amboise, la riche litière de Valentine, modifiait ainsi les vers d’Eugène Scribe :

… Quand j’aperçois soudain
Une riche
héritière au détour du chemin.

Ce ténor rêvait évidemment d’un mariage, non d’amour, mais d’argent.

« Nos lectures chez soi. » Paris, 1910.

Publicités

Une pièce par jour

Publié le Mis à jour le

eugene-scribe

Eugène Scribe est un auteur dramatique qui ne se repose pas.

Le lendemain de la première représentation du Prophète, après le succès de la musique de Meyerbeer, M. Scribe eut une velléité de paresse. Ce jour-là même, il avait quitté son cabinet de travail pour son salon, et dans son salon, les pieds sur les chenets, il faisait part à quelques amis de ses projets de retraite littéraire.

Songez donc , disait -il , que j’ ai donné trois cent soixante-cinq pièces. Une par jour pendant une année !
— Eh bien , répondit M. Auber , donnez-en encore une !
— Une ? pourquoi ?
— II y a des années bissextiles !

Charles de Courcy. « Les histoires du café de Paris. » Paris, 1861.