famille

Une famille un peu compliquée

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Samuel-Luke-Fildes

Les journaux anglais du mois de juin 1836 rapportent qu’il y a quelque temps, un fait probablement unique dans son genre s’est passé à Cambden.

Un homme veuf et déjà d’un certain âge devient amoureux d’une très-jeune fille et l’épouse. Peu après, le fils que ce veuf avait eu de son premier mariage devint amoureux de la mère de la nouvelle femme  de son père, femme du reste à la fleur de l’âge. Il lui offre sa main et l’épouse.

Ainsi voilà un père gendre de son fils, et une épouse qui devient non-seulement belle-fille de son propre beau-fils , mais encore belle-mère de sa mère, qui elle-même se trouve être la belle-fille de sa fille, tandis que le mari de celle-ci est beau-père de sa belle-mère et beau-père de son père.

Ce sera une bien autre confusion s’il vient un jour des enfants de ces deux mariages singuliers.

« Le livre des singularités. »  G. P. Philomneste. Dijon, 1841.
Image d’illustration : Samuel Luke Fildes.

Propos désabusés

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vieillesse

La  vieillesse, quoiqu’on en dise, est un heureux moment de l’existence. On n’a plus mal aux dents, puisqu’elles sont en or, à moins que le technicien chargé de les mettre en place n’ait été un damné propre-à-rien. On n’a plus mal aux cheveux, puisque le crâne est devenu un brillant skating pour les mouches. On a réalisé la plupart de ses ambitions et l’on n’a plus de passions effrénées. On est vacciné contre toutes les émotions.

La vieillesse serait le meilleur moment de l’existence, s’il n’était celui où l’on est peut-être le moins aimé pour soi-même. Les neveux, les cousins éloignés et ingrats, qui vous ont laissé dans le plus fâcheux oubli pendant tout le cours de votre existence, se réveillent et paraissent tout à coup bourrelés de remords pour leur indifférence. Plus vous êtes décrépits, plus ils se montrent empressés, aimables et souriants. Ils vous comblent de prévenances, vous accablent d’assiduités. Ah s’ils avaient toujours été ainsi,comme on les eût aimés ! Ils craignent qu’on les oublie au dernier moment et cherchent à mériter le petit souvenir qu’ils espèrent bien qu’on leur laissera. Bien des vieillards se contentent de cette monnaie de singe qu’on leur prodigue. Il en est qui sont sceptiques.

L’un d’eux, un Anglais, fit semblant de croire sincères toutes les protestations affectueuses que lui firent ses neveux, en ses derniers moments. Mais il leur réservait une surprise peu banale.

Quand ils se présentèrent, immédiatement après sa mort, chez le notaire du défunt, celui-ci les envoya dans un cinéma où l’on projeta sur l’écran l’image du de cujus et où ils entendirent un haut-parleur leur répéter, avec une énergie foudroyante, ce que le cher disparu pensait de chacun d’eux.

Non ! qu’est-ce qu’il leur cassa et leur passa ! Tout ce que l’oncle, longtemps dédaigné, avait sur le coeur, leur fut servi par lui, et aux petits oignons. Ils en faisaient une bouillotte, les neveux déconfits et consternés ! Ils entendirent leurs quatre vérités, je vous prie de le croire, et ne jugèrent pas à propos, après la séance, d’aller demander au notaire si, par hasard, il n’aurait pas un pli fermé à leur remettre.

Prosper. « Le conteur vaudois : journal de la Suisse romande. »  1932.
Illustration : Henry Monnier.

Poupette et sa famille

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poupette

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« Le Journal de Toto. »  Paris, 1937.