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Un petit malin

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Il y a quelque temps, la fanfare d’une petite ville prenait le train pour se rendre au chef-lieu du département où avait lieu un concours de musique. A un changement de train, ils ne trouvèrent pas de place : tous les compartiments étaient bondés.

Attendez, déclara le chef, j’ai un truc.

Coiffé de sa casquette galonnée, il se dirige vers la queue du train :

Ce wagon reste en gare ! Tout le monde descend ! 

Les voyageurs descendent précipitamment et… la fanfare s’installe à leur place.

Un quart d’heure se passe…

Nous devrions être partis, déclare un musicien.

On regarde par la portière : le wagon est seul sur la voie. On descend, on s’explique et on apprend qu’un nouvel employé, ayant pris le chef de musique pour un important personnage de la Compagnie, avait détaché le wagon.

Depuis, les musiciens n’ont plus aucune confiance dans les trucs du chef !

« Ric et Rac : grand hebdomadaire pour tous. »  Clermont-Ferrand, 1938.

Un bon maire

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On a pu voir, placardé sur les murs d’une commune de banlieue de Lille, cet avis :

Le Maire a l’honneur d’informer les habitants qu’en raison du 1er mai, l’enlèvement des boues et immondices se fera le mardi 30 avril.

A l’occasion de cette fête, un grand concert sera donné le mercredi 1er par l’harmonie, à 19 heures, place Jules-Guesde. Tous les habitants, sont cordialement invités à y assister.

Voilà une municipalité pleine de sollicitude pour ses administrés. L’enlèvement des ordures au son de la fanfare.

C’est parfait !…

« Les Potins de Paris : politiques, financiers, théâtraux. »  Paris, 1929.

La Marche indienne… de Berlioz

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Dernièrement, un régiment faisait étape à la Côte-Saint-André. Apprenant qu’il est dans la patrie de Berlioz, le colonel fait venir son chef de musique et lui intime l’ordre de donner un concert en l’honneur du compositeur, devant sa maison natale.

« Vous jouerez quelque chose du maître, ordonne le colonel, et vous ferez afficher le programme sur la maison. »

Le chef de musique s’incline, et, quelques instants après, les habitants de la Côte-Saint-André étaient conviés à entendre la marche de la Damnation de Faust devant la maison où est né Berlioz. Or, le chef de musique n’avait pas dans ses cartons la susdite marche : il joua à la place la Marche indienne de Sellenick, qui fut acclamée avec transport et redemandée trois fois par les compatriotes enthousiasmés de Berlioz.

« Quel génie ! ce Berlioz », disait le colonel d’un air connaisseur. Après cet hommage rendu à la mémoire du grand maître français, le colonel félicita chaudement son chef de musique, ne se doutant pas de la mystification dont il avait été victime.

L’aventure s’est passée tout dernièrement, et nous en garantissons l’absolue authenticité.

« Gazette littéraire, artistique et bibliographique. »  Paris, 1890.
Illustration : Côte-Saint-André (Isère), maison natale de Berlioz.

Musique égalitaire

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Le maire de Gien ne veut pas que l’égalité inscrite sur nos monuments publics soit un vain mot ; il la veut partout, et spécialement dans la musique, dût cette égalité nuire un peu à la liberté et à la fraternité dont elle devrait être pourtant l’inséparable compagne. Ce maire étonnant a donc rédigé l’arrêté suivant :

Nous, maire de Gien,

Vu la loi de, etc., etc. :

Attendu que la liberté, l’égalité, la fraternité, sont les vertus primordiales de toute République ;

Attendu que le temps est venu de faire passer ces belles maximes de la théorie dans la pratique et de la politique dans la musique (sic);

Arrêtons ce qui suit :

ARTICLE PREMIER. Au nom de la liberté, il est interdit à toute musique qui voudra jouer dans les rues ou sur les places de notre ville de Gien de compter un « plus grand nombre de musiciens que notre fanfare municipale ».

ART. 2. Au nom de l’égalité, il est interdit aux mêmes musiques de jouer des morceaux plus difficiles que ceux pouvant être joués par notre fanfare municipale.

ART. 3. Au nom de la fraternité, toutes les musiques devront éviter, dans les concours, de se faire décerner des prix, couronnes, palmes ou médailles, d’un « ordre supérieur à ceux décernés à notre fanfare municipale ».

ART. 4. M. le commissaire de police est chargé de l’exécution du présent arrêté.

Tout commentaire gâterait le charme de ce petit morceau.

« Gazette anecdotique. »  Paris, 1890.