fantôme

La Dame en noir de Cheltenham

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Entre 1882 et 1886, une maison de Cheltenham fut le siège de phénomènes bizarres et mystérieux, en un mot : paranormaux. On y entendit des bruits étranges et, surtout, on y vit une femme vêtue de noir. Pour les bruits, il y eut une vingtaine de témoins, et pour l’apparition, il y en eut sept. Voici comment cette dernière a été décrite par Rose, la fille du capitaine Despard, le propriétaire de l’immeuble :

Une grande dame, vêtue de noir, dont les vêtements faisaient entendre un léger bruissement quand elle se déplaçait. 

La sœur de Rose, Edith, apporta son témoignage à son tour :  

C’était un soir, vers 8 heures, en juillet 1885. Un beau soir assez clair. J’étais assis dans le salon, seule, quand je ressentis un frisson glacé et vis une silhouette se pencher, comme pour tourner les feuilles de la mélodie que j’étais en train de chanter. J’appelai ma sœur, qui se trouvait dans une autre pièce. Elle vint immédiatement et déclara qu’elle voyait encore l’apparition, qu’elle était dans la pièce. Personnellement, j’avais cessé de la voir. 

Un jour, ce fut la femme de ménage qui eut tout le loisir de la bien voir, puisqu’elle la suivit tandis qu’elle faisait le tour de la maison, ceci, à l’heure du thé. Il n’y eut jamais qu’une personne à la fois qui put l’apercevoir, mais elle pouvait l’être par plusieurs à la suite l’une de l’autre, comme ce fut le cas avec les quatre sœurs Despard. D’autre part, elle avait certaines habitudes fixes, et l’on peut ainsi définir son itinéraire : elle descendait l’escalier, entrait dans le salon, allait jusqu’à un certain endroit dans le bow-window, y demeurait quelques instants, quittait le salon par la porte, suivait le couloir, allait jusqu’à la porte d’entrée donnant sur le jardin, et parfois disparaissait, parfois se rendait jusqu’au verger.

Quant aux bruits de la Dame en noir, maintes personnes les ont perçus :

Ses pas sont très légers (notait Rose). On les entend à peine, sauf sur le linoléum, et même là, ce sont ceux d’une personne marchant avec précaution et chaussée de souliers fins.

Rose avait aussi entendu, comme on le sait déjà, le bruissement de ses vêtements. Il y eut d’autres bruits, peut-être en corrélation avec l’apparition : coups, poignées de porte secouées, pas lourds et irréguliers, chutes d’objets, bottes jetées dans le couloir, objet pesant traîné sur le sol, bruits dont certains furent entendus par cinq personnes en même temps. Mais étaient-ils causés par la discrète Dame en noir, ou par un autre fantôme qui l’aurait accompagnée, et sans jamais se montrer ?

A ceux qui s’obstineraient à soutenir que cette apparition devait être de chair, de sang et d’os, comme chacun de nous, nous répondrons que les récits des témoins l’ont vue entrer dans des pièces dont les portes étaient fermées; passer au travers de fils tendus au-dessus des marches de l’escalier, précisément pour démasquer l’imposture s’il y en avait une; disparaître alors qu’on était en train de l’observer; et ne pas être perçue de certains, tel le capitaine Despard, qui ne la vit jamais … Elle ne diffusait aucune luminosité propre, et était accompagnée d’une sensation de froid. De plus, Rose a déclaré ressentir une perte de forces, comme si le fantôme les aspirait.

Mais au fait, qui pouvait bien être la Dame en noir ? On l’ignore, mais les Despard ont supposé que ce pouvait être Mrs Imogen Swinhoe, seconde femme de Henry Swinhoe, qui avait habité la maison de 1860 à 1876. Imogen y était morte en 1878, âgée seulement de quarante-trois ans, et après une union malheureuse avec Swinhoe…

On a émis un hypothèse pour justifier les bruits: la présence d’un cours d’eau souterrain, qui existait effectivement, en temps de crue. Mais la Dame en noir ? Hallucinations causées par suggestion, à la suite du premier récit de miss Rose Despard ! Mais elle, d’où tirait-elle son autosuggestion ? Peut-être de la conclusion à laquelle elle était parvenue, que Mrs Swinhoe, morte après une existence malheureuse, devait hanter la demeure où elle avait vécu ses années sans joie. On la vit pendant quatre ans, de jour et de nuit. Frederic William Henry Myers en fit la relation et la SPR ( Society for Psychical Research) a publié le dossier dans ses Procès-verbaux de 1892.

« Maisons et lieux hantés. »  Danielle Hemmert & Alex Roudène. Editions Vernoy, 1980

L’éternueu

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campagne.

Près de la route d’Englebelmer se tenait autrefois un homme qui passait toutes les nuits à éternuer d’une façon continue. A quelque heure que l’on pût passer en cet endroit, on n’entendait que des atchi ! atchi ! sans cesse répétés. Aussi les passants s’enfuyaient-ils en se disant : C’est « l’éternueu ! »

Bien des fois les jeunes gens du village voisins s’étaient réunis le soir pour surprendre l’éternueu, mais quand ils étaient arrivés au lieu d’où partaient les atchi ! atchi ! ils n’entendaient plus rien et le bruit ne reprenait que quelques minutes après et à cinquante pas plus loin. L’homme ou le lutin se donnait le plaisir de faire courir les jeunes paysans le long de la route d’Englebelmer et toujours il demeurait insaisissable. On avait fini, de guerre lasse, par s’habituer à l’éternueu, et, comme le lutin n’avait jamais fait de mal à personne, on en vint à ne plus craindre de passer par la route et l’on se contenta de se signer dévotement quand le bruit bien connu parvenait aux oreilles.

Un soir d’été, par un beau clair de lune, un paysan revenait d’un marché voisin. Bientôt il entendit les atchi ! de l’éternueu, mais il ne s’en inquiéta pas. Sans doute, le lutin n’avait pas autre chose à faire, car il se donna le plaisir de suivre le paysan pendant un bon quart de lieue en poussant son atchi ! incessant. A la fin, le paysan ennuyé s’écria tout à coup :

— Avez-vous bientôt fini d’éternuer ainsi ? Que le bon Dieu vous bénisse, vous et votre rhume !

Il n’avait pas fini ces mots qu’un fantôme revêtu d’un grand drap s’offrit à ses yeux : c’était l’éternueu.

— Merci, ami; tu viens de me délivrer d’un grand supplice. A la suite de mes péchés, Dieu me condamna à errer autour de ce village en éternuant sans trêve ni repos, du soir au matin, jusqu’à ce qu’un vivant charitable me délivrât en me disant : « Dieu vous bénisse ! » Bien des années se sont passées depuis ce temps; il y a pour le moins cinq cents ans que je viens ici éternuant toujours dès que je vois un voyageur. Aucun ne m’avait dit : « Dieu vous bénisse ! » Heureusement que ce soir j’ai eu la bonne idée de te suivre et que tu m’as délivré pour toujours. Encore une fois, merci. Adieu.

Le fantôme disparut aussitôt et l’homme put rentrer à Englebelmer pendant que l’éternueu, délivré de son supplice, prenait sans doute le chemin du ciel. A partir de ce jour on n’entendit plus le soir sur la route les atchi ! du lutin. C’est de là, ajoute-t-on, que date la coutume de dire à celui qui éternue : « Dieu vous bénisse ! » et celle de répondre à ce souhait par un : « Dieu vous le rende ! ».

« Littérature orale de la Picardie. »   Emile-Henri CARNOY,1883

Narré en 1881 par M. Emilien Guilbert, d’Englebelmer, dans la Somme.

Une égratignure au visage …

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M. G.D. Boston, demeurant en ce moment à Saint-Louis, se trouvait dans son cabinet de travail, lorsqu’il vit le fantôme de sa soeur unique, morte depuis neuf ans.

C’était au milieu du jour, pendant qu’il écrivait; elle était auprès de lui avec une telle apparence de vie, qu’il crut que c’était réellement sa soeur et l’appela par son nom. M. Boston avait pu scruter chaque détail de son habillement et de sa figure, remarquer particulièrement une ligne ou égratignure d’un rouge brillant, sur le côté droit de la figure.

Cette vision l’avait impressionné à ce point qu’il prit le premier train pour aller chez son père et sa mère et leur dire ce qu’il avait vu. Son père fut tenté de tourner en ridicule sa croyance à quoi que ce soit de surnaturel, mais, en entendant mentionner l’égratignure, la mère faillit s’évanouir, et lui dit les larmes aux yeux : « C’est moi qui, après sa mort, ai fait par maladresse cette égratignure au visage, de ma très chère fille, égratignure que j’avais soigneusement cachée avec de la poudre; n’ayant confié ce détail à âme qui vive, personne ne pouvait le savoir. »

On ne peut attribuer à une simple hallucination la vision du fantôme par le frère de la décédée, précisément à cause de l’égratignure. Ce stigmate n’était connu que de la mère, et une phrase du rapport semble indiquer que l’on ne croyait guère dans la famille à une survie possible, puisque le père raille son fils lorsque celui-ci lui raconte qu’il a vu un fantôme. Il est donc impossible de supposer que la mère soit l’agent qui aurait, après neuf ans, produit involontairement et inconsciemment cette hallucination si réelle, si vivante et si caractéristique.

« Les Apparitions Matérialisées des Vivants et des Morts. » Tome 2 . Gabriel Delanne, 1911 .

Le fantôme d’Esquelbecq

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château d’Esquelbecq

Le 21 janvier 1655, la châtelaine du château d’Esquelbecq, Marie-Jacqueline Triest est assassinée par sa servante. cette dernière cherche à cacher son crime en enterrant le corps, la nuit, dans un lieu isolé.

Mais c’est sans compter sur le compagnon fidèle de la baronne, son chien, qui l’accompagne en permanence et qui n’a aucune peine à révéler à tous l’endroit où est dissimulé le cadavre. La terre est fouillée, la maîtresse retrouvée et la servante pendue. depuis lors, on raconte que parfois la Dame au petit chien se promène dans le parc du château . Cette croyance fut longtemps entretenue par un tableau qui figurait dans l’église d »esquelbecq et montrait la châtelaine en compagnie de son chien.

Le tableau disparut en 1976 dans l’incendie de l’édifice.

Crédits photo Château: Gates (photographe) – Ministère de la Culture (France) – Médiathèque de l’architecture et du patrimoine – diffusion RM

Le fantôme d’un Saint-Bernard qui peut ouvrir une porte

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 saint_bernardMe permettez-vous de vous relater un petit fait qui touche aux manifestations parapsychologiques ? Il ne s’agit pas d’une personne, mais d’une bête…
*
Un peu solitaire, aimant l’étude et non le monde, je n’ai pas d’amis ; mais j’en ai eu un: c’était un chien. Ce chien était intelligent plus que bien des hommes. C’était mon gardien, lorsque la nuit je restais seul à contempler le ciel, il était fidèlement couché à mes pieds, son épaisse fourrure (c’était un Saint-Bernard) me couvrait les jambes, il m’était difficile de bouger lorsqu’il fallait suivre la marche d’une étoile. Si j’étais dans ma chambre et lisais, il restait assis me regardant, et je dirai même me comprenant. Je sentais qu’il aimait autant la solitude que moi, c’est pour cela que nous ne nous quittions pas.
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Je vous fais cet exposé pour que vous puissiez comprendre mon affection pour lui, et pourquoi je le considérais comme un ami. Voilà donc mon récit: C’était en décembre 1910, le 14 exactement, que ma mère emmena mon Boby avec elle. Je dois noter avant tout qu’il avait la désagréable habitude, lorsque que quelqu’un approchait, de se porter vers lui un peu trop bruyamment; en second lieu, que, lorsque je discutait avec mon père, il se mettait de la partie et tenait sérieusement de mon coté. Après avoir reçu une plainte, mes parents résolurent de le faire abattre, et ce, sans me prévenir.
*
C’était un soir, à 19h30. J’étais dans ma chambre et j’entendis la porte s’ouvrir (il l’ouvrait seul, étant aussi grand que moi, il mesurait 1m80). Donc, j’entendis la porte s’ouvrir et vis apparaître mon Boby. Il resta, l’air souffrant, sur le seuil. Je disais : « Viens Boby ! » mais il n’obéit pas. Je répétais alors mon ordre, il arriva. Il me frôla les jambes et se coucha sur le parquet; je voulus le caresser, mais… rien, il n’était plus là ! Je me précipitai hors de ma chambre; la porte était restée ouverte; je téléphonai à Lausanne (2 km); je demandai le Clos d’Équarrissage, et voici textuellement quel a été notre dialogue:
*
— Bonjour, Clos d’Équarrissage.
— Avez-vous vu une dame habillée en noir avec un chien Saint-Bernard ?
— On vient d’en abattre un, il y a deux minutes à peine; il est couché et la dame est là !
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A ces mots, je tombai à la renverse et je m’évanouis. Lorsque je revins à mon état naturel, je demandai mon chien: il n’était pas là, il était mort. Telle est l’histoire de mon Boby; il est à remarquer qu’à la minute où il mourait, je l’ai vu de mes propres yeux et, ce qui enlève tout le doute d’hallucination, c’est que la porte s’est ouverte d’elle-même.

 « Annales des sciences psychiques » (1912, p. 279)

La maison hantée de l’avenue Frochot : écrin maléfique

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Sylvie Vartan a vécu dans cette maison avant de la fuir rapidement.Au coin d’une avenue privée située entre Pigalle et Saint-Georges, se cache une maison à la légende inquiétante. Tout le quartier entretient sa prétendue malédiction.

On n’accède pas à l’avenue Frochot par hasard. Une imposante grille noire barre le passage. Au cœur du 9e arrondissement, cette impasse privée abrite des villas cossues aux anciens propriétaires célèbres (Django Reinhardt et Jean Renoir). À l’entrée, depuis sa loge, Jean-Pierre le concierge bourru garde l’avenue et ses mystères. Au numéro 1, une clôture dissimule une demeure néo-gothique à la façade ocre. Dans la cour jonchée de feuilles mortes, un angelot noir souffle dans une corne au milieu d’une fontaine asséchée. Derrière les arbres, la fenêtre principale ressemble à un vitrail de cathédrale. La porte d’entrée est surmontée d’une gargouille. Le vitrail laisse deviner une décoration intérieure d’objets d’arts précieux. Une ambiance particulière qui a contribué à sa réputation. La demeure serait hantée.
 
«Il n’y a eu que du malheur» confie Catherine, voisine de l’avenue Frochot dont la fenêtre donne sur la maison construite en 1823, théâtre de nombreux drames et phénomènes inexpliqués. Morts violentes, assassinats, bruits sinistres et drôles de vibrations … « Je regrette d’y avoir mis les pieds.» Catherine a seulement franchi la grille du jardin et pourtant elle serait déjà maudite par cet esprit maléfique qui agite la demeure. L’origine de cette malédiction: une femme de chambre assassinée à coups de tisonnier dans les escaliers au début du XXe siècle. Le meurtre n’ayant jamais été élucidé, son esprit hanterait encore les lieux…   Pierre Bellar, un habitant du quartier, a déjà été invité dans la maison hantée. «La nuit on y entendait des bruits sinistres et la maison bougeait.» Ce libraire, de formation scientifique avance une explication rationnelle: «L’avenue Frochot est construite sur d’anciennes carrières de pierre calcaire. Ce qui provoque des bruits sourds et des secousses
 
Les rares courageux propriétaires seraient les victimes des tourments de cette servante. Jack Nicholson s’était intéressé à la maison. Sylvie Vartan l’a rapidement fuie. Le journaliste et chroniqueur Mathieu Galey s’y sentait comme dans un «tombeau». Ce dernier a fini par y mourir, paralysé, tout comme le compositeur Victor Massé. Deux vieilles sœurs auraient été assassinées au gourdin… Le dernier propriétaire, Patrick de Brou de Laurière, mécène très fortuné, avait été séduit par la décoration baroque et boisée de la villa. Empreint de spiritualité et adepte de magie, il a fini par  s’inquiéter de cette histoire de fantômes et fait exorciser la maison par un ami, un curé périgourdin. Depuis le décès de ce dandy, la maison a été léguée au professeur de médecine Jean-Jacques Giraud. La légende du fantôme l’amuse. Lui ne l’a jamais vu, ni entendu.
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Juliette Bergé et Marie Gicquel