fantômes

Etres surnaturels 

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fantomesQui n’a entendu conter, en son enfance, des récits naïfs, mystérieux et effrayants de revenants ? Nous pouvons maintenant prononcer ce mot, sans ressentir le frisson qui parcourait les aïeules, aux veillées d’autrefois, à la seule évocation de ces spectres. 

Nous en parlons à l’aise, parce que nous n’en avons jamais vu, ni ouï. Mais elles ? N’en voyaient-elles point parfois, n’en entendaient-elles pas aussi; et même leurs maris, des esprits forts pourtant ! Il faut reconnaître cependant que c’était une minorité quirevenait de l’au-delà, les pauvres âmes de ceux qui ne pouvaient trouver l’éternel repos et que ces êtres étranges n’apparaissaient aussi qu’à une minorité. Mes ancêtres maternels, les Fontroubade, qui se mesurèrent avec les loups eurent ce « privilège »; les Broussard n’en virent point. 

Voici quelques faits glanés aux sources et dont les témoins étaient sérieux et sincères. 

Le comte de Sansac n’errait-il chaque nuit sur le perron de son château ? Un de mes arrière-grands-pères maternels vit bien sa grande forme blanche alors que, vers onze heures, il revenait du Grand Madieu vendre des pommes. Et le vieux duc de Ribeyrolles ne fut-il aussi aperçu vers 1880, chevauchant son cheval blanc dans la prairie de La Rochette, aux bords de Tardoire ? Et les anciens de Jauldes savent bien que les ruines de Fayolle étaient hantées par une dame blanche, la fille du châtelain. 

Vers 1905, aux Camus d’Agris, mon autre arrière-grand-père paternel serait apparu assis sur un billot, à sa place accoutumée, le soir de sa mort à sa petite-fille Adélaïde, âgée d’une vingtaine d’années, partie avec sa cousine fermer la porte de la cour. Sa cousine « n’ayant pas le don » ne vit rien. 

Quelques jours après, alors que le défunt était en terre depuis une huitaine, au même lieu, sa femme, Bourine, entendit « toquer » trois coups dans la pendule. Elle pensa que son mari réclamait trois messes. Elle les lui fit dire et son esprit, en repos, ne revint plus errer dans sa maison. 

Des événements douloureux frappaient-ils l’imagination ? C’était prétexte à entrer en communication avec l’au-delà. 

C’est ainsi qu’en 1893, à Eraville, après la mort des deux petites Adrien, horriblement brûlées vives dans leur maison incendiée. François M. et son frère allant veiller chez les grands-parents des fillettes entendirent chanter dans le cimetière. Ils surent de suite (et le répandirent) que c’étaient des quantiques que les âmes des petites martyres, devenues anges, envoyaient vers le ciel. 

Un peu plus tard, le même François M. jeune homme, s’apprêtait à entrer, suivi de son chien, dans l’écurie de la ferme où il demeurait avec ses parents lorsqu’il distingue une forme humaine enveloppée dans une cape sombre traversant la cour pour se diriger vers la maison, une lanterne à la main. Lui-même avait sa lanterne et il entra dans l’écurie où le chien le suivit en aboyant bizarrement. Il fit son travail et revint chez lui dix minutes après. Il s’enquit à sa mère : « Qui est venu ? » Elle dit : « Personne » et pourtant il était sûr de n’avoir pas rêvé. C’était peu de temps après la mort de sa grand-mère de 97 ans et l’apparition avait sa démarche. 

A Villemalet, village de La Rochette, vers 1920 ou 25, le vieux Piarre la Veuve, âgé de 90 ans, las de la vie, se jeta dans sa citerne, et une quinzaine de jours après, son vieil ami Marchasson le vit plusieurs fois se promener la nuit dans son jardin, le dos voûté, en blouse, bâton d’une main, lanterne de l’autre. Prot, un autre camarade, alerté par Marchasson ne vit jamais rien lui. Il « n’avait pas le don ». 

Croyances d’un autre âge, revenants, fantômes, loups-garous, vous êtes sans doute disparus à jamais ! 

Mme A. CADET. « Aguiaine. » Société d’ethnologie et de folklore du Centre-Ouest, Saint-Jean-d’Angély, janvier 1978.
Peinture de Percy Franklin Woodcock.

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Fantômes russes

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tombe-tolstoï

Des légendes commencent à courir, chez le peuple russe, au sujet de la mort de Tolstoï. On parle déjà d’apparitions sur la tombe du grand écrivain.

Des paysans qui la gardaient, une des nuits dernières, assurent qu’un vieillard à longue barbe blanche, entièrement vêtu de noir, soudain se montra près d’eux, et que, s’étant agenouillé, il pria longuement. Puis il dit : « N’ayez aucune, crainte ! » et il s’effaça. Ensuite, ce fut une petite vieille, toute ridée, qui descendit du ciel en volant. Un moujik tira des coups de fusil dans sa direction. Mais la petite vieille se mit à rire, d’un rire très doux, frappa trois coups dans ses mains, et l’ombre s’évanouit.

Allons-nous revoir sur le tombeau de Tolstoï les convulsionnaires du diacre Pâris, et se renouveler, à Yasnaïa-Poliana, les miracles du cimetière de Saint-Médard ?

« Eclaireur de l’Est. » 1911.

Convictions

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conan-doyle

Depuis quelques années, sir Conan Doyle avait abandonné la littérature d’imagination qui fit sa fortune, pour se consacrer exclusivement à la métaphysique et au spiritisme.

Il affirmait avoir évoqué et matérialisé plusieurs fois le fantôme  de Jeanne d’Arc. On a publié de lui une étrange photographie médiumnique prise au Crewe Spiritual Circle et qui parut dans le Daily Mirror. On l’avait photographié seul, et la plaque, une fois développée, montra à côté de lui l’image de son fils, mort au champ d’honneur pendant la guerre. 

Les morts vivent, je le sais ! déclarait-il en 1925, avec une calme assurance… J’ai vu aussi clairement que dans la vie les fantômes de mon fils et de ma mère. Aussi ai- je décidé, d’accord avec ma femme, d’employer désormais toute mon activité intellectuelle à combattre le matérialisme et à jeter une radieuse clarté sur le mystère de la vie et de la mort.

« Ric et Rac. »  1930.

L’abbaye hantée de Mortemer

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Abbaye-de-Mortemer

Abbaye de Mortemer, Lisors, Normandie. photo: Pline

Pour rencontrer le fantôme de Mathilde, venez plutôt une nuit de pleine lune au mois d’août. Peut-être surprendrez-vous une ombre, un frôlement en flânant le long des ruines. Les portes du surnaturel sont ouvertes à l’abbaye de Mortemer.

Au cœur de la forêt de Lyons, à l’écart de tout, nichée dans la vallée du Fouillebroc, l’abbaye de Mortemer, en ruine, semble être le royaume et de Dieu et de Satan. Son nom, Mortum Mare, pèse déjà lourdement sur ses terres. Dès sa fondation, au XIIe siècle, l’abbaye fut placée sous le signe des quatre éléments : l’eau, car elle est construite sur un marécage; la terre, dont elle doit tirer sa subsistance; le feu, qui s’empare périodiquement de sa forêt; et l’air, puisqu’elle est dédiée au ciel. Affiliée à l’ordre cistercien, elle vivait en totale autarcie. Elle périclita au siècle des Lumières et, sous la Révolution, les quatre moines restants furent massacrés dans le cellier.

Abbaye-de-Mortemer
photo: Jardino

C’est là que la légende rejoint l’Histoire et que l’abbaye a commencé à avoir la sulfureuse réputation d’abriter des fantômes. Tout commença à la fin du XIXe siècle, à l’époque ou l’abbaye était encore habitée, par le témoignage de Mme de H., la fille d’un bourgeois parisien, M. Delarue, qui entendit des bruits insolites dans sa chambre (la chambre rose) et qui éprouva la curieuse sensation d’être observée. Une autre nuit, la fiancée de Charles Delarue, le fils, déclara avoir passé la pire nuit de sa vie, avec les pincettes de la cheminée à la main, sans avoir fermé l’œil, tant elle s’était sentie angoissée dans cette chambre à entendre des coups sourds dans les murs et à sentir une présence invisible terrifiante rôder autour de son lit.

On peut en rire. Toujours est-il que la famille Delarue fit exorciser l’abbaye en 1921, mais les témoignages s’accumulèrent tout au long du XXe siècle, attestant que l’abbaye était le siège de phénomènes surnaturels.

Ruines de l’abbatiale. photo: Tango7174

Ainsi, pendant la Première Guerre mondiale, des officiers anglais qui logeaient dans le cellier de l’abbaye surprirent comme des moines vêtus de coules. Voleurs, silhouettes surgies du passé, jeux de brumes sur les étangs ? En 1965, un ouvrier agricole qui travaillait dans l’abbaye et qui couchait dans une chambre du sous-sol entendit toutes les nuits de son séjour, entre onze heures du soir et cinq heures du matin, marcher dans le couloir de l’étage du dessus.  

Abbaye-de-Mortemer
F. Benoist, 1852

Pour expliquer ces phénomènes étranges, la rumeur locale laisse entendre que le fantôme de l’abbaye est celui de Mathilde, « emmurée », isolée au XIIe siècle par son père qui lui reprochait d’avoir une vie dissolue. Aujourd’hui, Mathilde, la Dame blanche, rôde dans les ruines de l’abbaye et autour des étangs environnants, en compagnie de moines paillards, formant avec ces derniers une impressionnante compagnie de spectres …

« A la découverte de la France mystérieuse. »   Sélection du Reader’s Digest.