Félix Faure

Les N et tes aigles de l’Elysée 

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ElyséeM. Loubet vient de prendre définitivement possession du Palais de l’Elysée. On rapporte à ce propos l’anecdote suivante qui date du temps où M. Thiers prit possession du home présidentiel.

M. Thiers, en arrivant à l’Elysée, fit entièrement modifier l’aspect de l’intérieur du Palais. Il alla même jusqu’à demander la disparition des insignes napoléoniens qui ornaient les serrures et les poignées des fenêtres de l’Elysée. Il s’adressa à l’architecte du palais et lui dit :

 Ne pourriez-vous pas monsieur faire enlever ces N et ces aigles ?
— Oui, monsieur le président, mais cela exigera plusieurs mois et, de plus, coûtera près de cent mille francs.
— C’est à la fois long et cher, répliqua M, Thiers. Bah ! n’en parlons plus !

Il n’y a pas longtemps que les N ont disparu sur les douze cents serrures qui se trouvent a l’Elysée. Ce fut M. Félix Faure qui fit exécuter cette petite opération.

« Arcachon-journal. » 1899.
Peinture : Henri Courvoisier-Voisin.

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La circulaire

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Depuis la fondation de la République, la circulaire interdisant les recommandations a été signée plus de vingt fois par des ministres animés des meilleures intentions. Elle a toujours eu le même succès.

En 1894, M. Félix Faure, ministre de la Marine, la fit envoyer à tous les préfets maritimes qui la communiquèrent à tous leurs subordonnés. Huit jours après, un colonel de Lorient reçut une lettre où on signalait à sa bienveillance un jeune adjudant, qui allait passer un concours : elle était signée de M. Félix Faure.

Le colonel transmit la lettre au commandant qui devait présider au concours. Le commandant, qui avait ce qu’on appelle un sale caractère, mit la lettre au rebut.

Le mois suivant, M. Félix Faure vint visiter Lorient. Il se fit présenter le colonel et lui demanda des nouvelles de son protégé. Le colonel s’empressa de répondre qu’il avait fait le nécessaire et que le commandant G… avait été chargé par lui d’assurer le succès du jeune adjudant.

On appela le commandant qui déclara sans ambages :

Mon colonel, je me suis conformé à la circulaire récente de M. le ministre de la Marine qui interdit de tenir compte des recommandations.

M. Félix Faure tourna brusquement le dos à l’intraitable commandant et le colonel gémit. 

Malheureux, vous venez de me faire perdre ma croix de commandeur !

« Le Cri de Paris. » Paris, 1915.

Trois morts étranges

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Dans une chronique documentée, comme on n’en écrit plus guère,  Carlo Bronne parle, dans le Journal de Liège, de trois décès fort étranges. 

D’abord, du président des Etats-Unis Harding, qui succéda à Wilson, et qui aurait été  empoisonné par sa femme pour éviter un gros scandale de tripotages qui allait éclater. Le journaliste rappelle ensuite la mort de Félix Faure, qui eut une syncope entre les bras de sa maîtresse, Mme Steinheil. Et enfin, M. Carlo Bronne mentionne la  mort, demeurée inexpliquée, du général Mangin : 

Il est certain, écrit M. Carlo Bronne, que sa mort fut d’une rapidité foudroyante.  Mangin avait assisté à un déjeuner fin et avait fait honneur aux crus et aux mets. Il il succomba quelques heures plus tard et les médecins diagnostiquèrent une crise d’urémie. 

« Les incrédules supposèrent qu’un produit toxique avait été mêlé à ses aliments, Le général, dont on connaissait la poigne de fer et les idées traditionalistes, n’était-il pas susceptible de prêter la main à un coup d’Etat qui eut renversé le régime ? »

Ce qu’il y a de certain, c’est que la veuve du général refusa de laisser faire l’autopsie, qui aurait pu lever tous les doutes.