flâneries

Les hydres du ministère

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fonctionnaire

En 1848, dans les premiers temps de son séjour à Paris, celui qui fut plus tard Napoléon III, habitait la rue du Mont-Thabor.

De ses fenêtres, il plongeait sur les bureaux du ministère des Finances. Il était surtout frappé de la régularité avec laquelle les employés roulaient des cigarettes, les allumaient et lisaient leur journal.

Devenu empereur, le prince se rappela son observation et manda aux Tuileries un haut fonctionnaire auquel il dit :

Voilà ce que j’ai vu jadis, et je parie que cela se passe encore ainsi. Faites une enquête, et vous constaterez que ces flâneries résultent du trop grand nombre d’employés.

Cinq jours après, 190 bureaucrates étaient remerciés.

Six jours après, des mêmes fenêtres de la rue du Mont-Thabor, le haut fonctionnaire constatait que l’on y roulait autant de cigarettes et qu’on lisait un peu plus de journaux.

« Figaro. » Paris1878