Flett Street

Une maison hantée

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Nous connaissons une rue de Paris où tout récemment on discutait fort autour d’une maison soi-disant hantée et dont le visiteur était un simple fumiste qui vient de se faire connaître. C’est là-un cas fréquent… mais les incrédules et les farceurs n’ont pas toujours raison. Exemple le cas raconté récemment par les journaux londoniens. 

Nous voulons parler de cette maison située sur les bords de la Tamise, que M. Schlosser, rédacteur au Daily Mail, voulut inspecter lui-même à ses risques et périls. Avec un de ses amis il alla s’installer la nuit dans cette maison, alors déserte. Les fantômes en avaient fait fuir les locataires. Les deux hommes fermèrent à clé toutes les portes, saupoudrèrent le sol de poussière de craie et, allumant leur pipe, attendirent, après s’être assurés que la maison était vide.

Bientôt les portes s’ouvrirent d’elles-mêmes, bien qu’elles fussent fermées à clé. Dans les pièces de la maison, on découvrit ensuite des traces de pas, ou plutôt de pattes, marquées sur la craie.

Cette expérience fit grand bruit dans le monde spirite. Un jeune poète, M. Lionel Johnson, qu’intéressait cette histoire d’esprit, loua la maison. Or, huit jours plus tard, il fut trouvé inanimé dans Flett Street, non loin de la maison hantée. Lionel Johnson avait trente-cinq ans et était un des littérateurs en vue de la jeune école anglaise. Le jeune poète jouissait d’une bonne santé et sa mort étrange fit beaucoup de bruit à Londres. On a fait une enquête et appris que deux des personnes ayant habité la maison avant Lionel Johnson étaient mortes également d’une manière mystérieuse.

Faut-il voir dans ces morts bizarres une simple coïncidence, ou bien… En tout cas le reporter du Daily a toujours affirmé l’exactitude des faits rapportés par lui.

« L’Universel : magazine hebdomadaire. »  Paris, 1903.