foi

Magie

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enfants-noelNoël !… Noël !… ces mots mystiques qui sont tout un cantique ! Noël ! Noël ! disent les fidèles pieux, qui s’inclinent en pensée, devant la crèche ! Noël, Noël, murmurent les bébés aux voix d’anges, et leurs regards cherchent déjà l’horizon enchanteur où il y aura, tout à l’heure, des rubans, des bonbons, des jouets, des fleurs embaumantes. 

Jour inoubliable, pour ces enfants aimés. Que de rires, que de cris d’allégresse qui ravissent les parents. Que de marques de joie, quand ils retirent de l’âtre, où ils l’ont placé la veille, le soulier auquel « Petit Noël » est venu attacher la chose préférée de l’enfant. 

« Merci, Noëlbon Noël, merci ! » 

Et les petites mains, potelées et roses, envoient de gros baisers au ciel où, sans doute, est déjà rentré Noël, ayant terminé son grand voyage pendant lequel il a répandu ses bienfaits sur la terre, ne craignant pas la suie des cheminées par où il pénètre et au bas desquelles il trouve vides, les souliers, les sabots, retrouvés pleins le lendemain par les enfants joyeux. 

Tradition enfantine, tradition pieuse, qui s’est perpétuée à travers des siècles. Ah ! qu’on n’enlève pas à l’enfance cette croyance, qu’un bon génie… un généreux génie veille sur elle. Oh ! vous qui, par le moyen des lois, avez arraché de l’arbre de foi ses feuilles une à une, laissez, de grâce, celles qui restent là-haut, dans les branches dernières, que vous n’avez pu atteindre ! 

Laissez cette feuille qui s’agite à la brise faisant entendre un claquement doux !  Laissez… c’est l’idéal de l’enfant que vous détruiriez ! C’est la tradition du Petit Noël qui cesserait d’être, et le coeur de cet enfant, plein, aujourd’hui, de croyances naïves qui le rendent heureux. Ce coeur ainsi vidé, où rentrerait aussitôt le scepticisme du jour, deviendrait sec et aride, désolé comme un coin du grand désert ! 

« L’Impartial. » Djidjelli, 1902.
Illustration : http://www.freepngimg.com/

L’homme aux miracles de New-Orléans

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 JOHN-OUDNEY
 John Oudney prêchant au milieu de ses fidèles et nombreux admirateurs.

La popularité obtenue dans un pays aussi moderne que les États-Unis, et dans une grande ville, par une sorte de prophète, le guérisseur John Oudney, est un fait extrêmement curieux.

Ce vieillard parle chaque jour devant une multitude recueillie, pleine de la plus entière confiance en son pouvoir merveilleux.

On l’appelle l »Homme aux miracles » mais il préfère son surnom de « Frère Isahah ». Aucune maladie ne lui résiste, sa force lui venant, déclare-t-il, de sa foi et de ses prières. 
« Le Miroir : publication hebdomadaire. »  Paris, 1920.

Persuasion

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Jean-Le-Rond-d'AlembertLe rusé Jean le Rond D’Alembert, qui conçut le premier le projet d’élever en France le vaste monument de l’Encyclopédie, qu’il a décoré d’une façade si noble et si imposante, se plaisait à raconter que, se trouvant un jour avec un missionnaire qui avait affronté plusieurs fois la mort, en allant publier les vérités de l’Evangile parmi des hordes de sauvages, il lui dit :

Mais comment pouviez-vous, mon révérend Père,  vous, qui êtes si peu pénétré de la réalité de nos mystères, vous exposer à être brûlé vif, pour ramener à la foi des peuples barbares ?

Ah! lui répondit-il, vous ne savez pas combien il est doux de persuader aux autres ce qu’on ne croit pas soi-même !

Jacques-Vincent Delacroix. « Les adieux du Spectateur français au monde politique et littéraire. » Versailles, 1823.

Les miracles de Notre-Dame du Répit

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Dans le petit village d’Avioth (Meuse) s’élève une somptueuse basilique dont la construction au XIIIe siècle s’explique par la découverte, deux siècles plus tôt, d’une statue miraculeuse de la Vierge.

Avioth-procession.

Les pèlerins qui venaient implorer cette dernière déposaient leurs offrandes dans la Recevresse, une élégante chapelle de forme hexagonale. A une époque où le nombre d’enfants mort-nés et la mortalité infantile étaient très élevés, les nourrissons décédés avant d’avoir été baptisés ne pouvaient être enterrés, chrétiennement, ni aller au paradis. De nombreux parents transportaient donc le corps de leur enfant jusqu’à la statue miraculeuse d’un sanctuaire à répit. Ils attendaient le signe de vie (changement de couleur, mouvement du corps, saignement, sueur chaude) qui permettrait de le baptiser.

On estime à 135 le nombre de miracles qui y furent recensés, entre 1625 et 1673. A la fin du XVIIe siècle, l’évêque de Toul interdit la pratique des répits. Le pape la condamna en 1729. A Avioth, elle perdurera clandestinement jusqu’au milieu du XIXe siècle.

« A la découverte de la France mystérieuse. »  Sélection du Reader’s Digest. Mai 2001.

Un prédicateur rusé

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predicateur

Un prédicateur célèbre, dont nous avons oublié le nom, était en tournée pastorale et venait de s’arrêter dans la ville de Nîmes. Chaque fois qu’il prêchait à la cathédrale, les fidèles étaient fort émus et toutes les femmes pleuraient.

Sa sainte éloquence lui valut de si grands succès, qu’elle finit par lui attirer bon nombre de dévotes qu’il lui fallait confesser. Dès le matin, le confessionnal était encombré, et le pauvre abbé, au bout de quelques jours, tombait de fatigue ! Il se vit forcé, dès lors, d’écarter ces scrupuleuses pénitentes, et voilà l’idée qui lui vint pour y parvenir :

Le lendemain, il monta en chaire et avertit, dans son sermon, qu’étant très fatigué, il ne pourrait plus confesser désormais que les fidèles qui auraient d’énormes péchés sur la conscience.

L’innocent stratagème lui réussit pleinement. Pour preuve, le lendemain, il ne vint personne au confessionnal.

« L’Album photographique universel. »  Bordeaux, 1865.