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L’enfant de la balle 

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Buster Keaton avec ses parents Joe & Myra.

b-keatonNé de parents acrobates, Buster Keaton naquit en 1895, à Pickway (Kansas), dans la roulotte d’un théâtre forain.

Or, le soir même de sa naissance, éclata une furieuse tornade qui démantibula en un instant et emporta au diable la baraque de toile. Les artistes allaient donc être forcés de faire relâche, si le brave clergyman de la paroisse ne leur avait fort gentiment prêté son église pour que le spectacle annoncé pût avoir lieu. Et c’est ce même jour que le petit Keaton, alors prénommé Joseph-Francis, débuta en public sur cette scène improvisée, à l’âge record de… douze heures !

Son père devait exécuter un numéro burlesque. Il parut aux feux de la rampe, tenant dans ses bras le nouveau-né en train de piailler, et il s’en servit comme d’un accessoire qui lui inspira des effets comiques, des gags imprévus, dont la nombreuse assistance se divertit follement. Ce fut un succès éclatant.

« Je crois me souvenir de cette soirée, déclarait gravement Buster; mais je n’en suis pas bien sûr.« 

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Qui sait si ce « baptême des planches » n’influa pas sur ses destinées ? Il est, en tout cas, le seul être au monde qui ait pu se vanter d’avoir fait tordre toute une salle avant de téter son premier biberon !

Buster a raconté lui-même comment il devint acrobate dès l’âge de cinq ans :

« Mon père me fixait autour du corps un harnais complété par une poignée placée sur mon dos. Il me saisissait par cette poignée, me traînait à travers la scène, et m’envoyait, tel un projectile, contre les décors. Je ne me faisais jamais aucun mal. J’avais appris à me tenir en boule et à subir sans dommages toutes les chutes et tous les chocs… J’étais ce qu’il est convenu d’appeler un véritable « enfant de la balle« .

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Un jour, cependant, des âmes sensibles ayant signalé à la police qu’on martyrisait ce pauvre petit, l’attorney convoqua la famille Keaton. On déshabilla le gosse, en présence des plaignants… et ceux-ci constatèrent avec ahurissement qu’il n’avait sur le corps ni un bleu ni une égratignure.

Le tir à la guillotine

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Un forain, nommé Henri Sucher, avait installé, à la fête de l’Esplanade des Invalides, un tir automatique représentant une guillotine toute montée, avec des mannequins.

La scène simulait le condamné, le bourreau, enfin tous les personnages présents d’habitude à une exécution capitale. Quand les tireurs faisaient mouche, le couteau tombait sur la tête du condamné ! Chaque jour de nombreux curieux se pressaient autour de la baraque.

Le forain vient d’être mis en demeure, par le commissaire du quartier, de faire disparaître ce tir un peu trop… réaliste. 

Mascara, le 6 juin 1894.
Illustration : Henry Monnier.